
Odette Froyard en trois façons
2024
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Isabelle Monnin
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Summary
"Puisque Odette Froyard avait existé, elle méritait d’être considérée. Elle était considérable. Il y avait dans mes échafaudages la honte intériorisée de venir d’une femme qui avait endossé l’invisibilité comme identité, n’ayant pas su, voulu ou pu s’en libérer. Si je la laissais au silence de l’oubli, il y aurait aussi, et pour toujours, la honte de ne pas l’avoir racontée." Dans ce livre vibrant d’humanité, Isabelle Monnin retrace la vie minuscule d’Odette Froyard, sa grand-mère. Au fil des pages, les souvenirs cèdent la place à l’enquête puis à la fiction, pour restituer la destinée de cette femme en apparence sans histoire. De la ville de Gray pendant la Première Guerre mondiale aux camps de la mort, en passant par un mystérieux orphelinat franc-maçon dans les années 1930, Odette Froyard en trois façons offre une traversée du siècle et explore la part romanesque de toute existence.
Avis et Commentaires
10 avisJ'ai été content de le lire pour l'objectif et la première partie: l'Autrice decide d'écrire sur sa grand mère qui a toujours été une invisible : une femme discrète au service des autres et toujours occupée par des tâches ménagères, qui ne se livrait pas et ne se confiait pas. Le début m'a plus: c'est la réflexion en tant qu'adulte sur qui était sa grand mère en essayant de se rappeler. Ca me parle personnellement. l'Autrice va ensuite mener un genre d'enquête sur l'enfance d'Odette. C'est là que ça a commencé à le perdre parce-que l'autrice part à fond sur un seul élément de la vie d'Odette et cherche un peu de manière artificielle à relier la vie de sa grand mère à la grande Histoire. Alors qu'il y a des drames familiaux et conflits qui ne sont pas expliquer ou exploiter. Et puis au final le personnage d'Odette me soule. La fin est une partie fictive, inventée sur l'enfance d'Odette et je trouve que c'est un peu simple/faible l'angle qu'elle prend. **** L'avis du club: Bonsoir à tous, voici le compte rendu du club du jeudi 11/9. Olivier nous reçoit avec un dahl succulent et le plaisir de se revoir après l’été, dans une atmosphère suave propre aux joies discrètes d Odette Froyard. Maria nous présente Odette, qu Anne avait également proposé jadis. Isabelle Monnin entreprend de redonner vie à sa grand-mère, à partir de rares archives, de souvenirs d’enfance et de fictions assumées, et interroge mémoire familiale, zones d’ombre de la transmission et valeur d’une vie apparemment ordinaire. Le récit oscille entre éclats de poésie et frustrations liées au silence irréductible d’Odette. I. Hommage est-il rendu à Odette? Isabelle Monnin choisit d’éclairer une existence restée en retrait, marquée par la fidélité au village et le refus de se raconter. La structure en trois temps illustre à la fois l’ambition et les limites de l’entreprise : Odette reste insaisissable, malgré l’effort d’écriture. Les avis sont tranchés sur l’effet produit pour saluer Odette: certains y voient une magnifique évacuation en ellipse d une femme discrète, quand d autres sont déçus que le récit ne se concentre pas davantage sur le quotidien d Odette en son village, et doive aller chercher un destin contrarié et imaginé pour en faire une véritable héroïne. II. La force de l’écriture et ses ambiguïtés L’écriture impressionne par son intensité évocatrice, notamment dans les cent premières pages où chaque détail – comme « la petite robe en nylon » – fait surgir une époque entière. Certains passages se détachent par leur puissance symbolique : le « lac des oubliés », ou la quête obstinée de traces dans les archives. Mais cette méthode soulève question : jusqu’où l’imaginaire peut-il suppléer les silences ? L’invention d’une histoire d’amour contrariée, par exemple, brouille la frontière entre enquête et fiction et peut laisser un sentiment d’artifice. III. Mémoire, silence et identité : les enjeux du récit Le livre interroge ce qu’est une vie « réussie » : celle d’Odette, humble et effacée, contraste avec une société contemporaine obsédée par l’exposition de soi et la performance. Le livre touché par son évocation de cette génération de grand mères - nous sommes plusieurs à y avoir reconnu nos propres aïeules. Le silence d’Odette, loin d’être vide, traduit une résilience propre à sa génération ; il devient à la fois source de frustration pour les descendants et matière à réflexion pour le lecteur. Le livre évoque la puissance et l’inattendu de la mémoire: c’est au moment où l’autrice est en quête d’identité, après la perte d’un enfant notamment, qu’elle se remémore Odette, morte depuis des années, et que le travail literature et affectif s’enclenche. En définitive, l’ouvrage rappelle l’importance de dire et transmettre tant qu’il est encore temps, tout en acceptant qu’il subsistera toujours une part d’inconnaissable chez ceux que l’on croit proches.
Livre que j'ai beaucoup aimé, proche de mes préoccupations de mémoires familiales, de généalogiste Odette Froyard ressemble tant à ma grand-mère, tant par sa vie de femme et d'épouse que par sa jeunesse pendant cette période troublée de la guerre de 1940, et d'exil dorpheline alsacienne fuyant en zone libre loin de ses racines
Lu en avril 24, l’autrice met en lumière une femme invisible, sa grand mère. Elle retrace cette vie minuscule, écho à elle même. Cette grand mère qui disait souvent « Oh ben, il n’y à rien à dire, motus et bouche cousue, allez allez on en parle pas ». De quoi ne parle t’on pas et que l’on voudrait entendre ? Raconter l’histoire d’une femme en apparence sans histoire.
"Puisque Odette Froyard avait existé, elle méritait d'être considérée. Elle était considérable. Il y avait dans mes échafaudages la honte intériorisée de venir d'une femme qui avait endossé l'invisibilité comme identité, n'ayant pas su, voulu ou pu s'en libérer. Si je la laissais au silence de l'oubli, il y aurait aussi, et pour toujours, la honte de ne pas l'avoir racontée." Dans ce livre vibrant d'humanité, Isabelle Monnin retrace la vie minuscule d'Odette Froyard, sa grandmère. Au fil des pages, les souvenirs cèdent la place à l'enquête puis à la fiction, pour restituer la destinée de cette femme en apparence sans histoire. De la ville de Gray pendant la Première Guerre mondiale aux camps de la mort, en passant par un mystérieux orphelinat franc-maçon dans les années 1930, Odette Froyard en trois façons offre une traversée du siècle et explore la part romanesque de toute existence.
Extraordinaire de delicatesse et de poésie Une petite fille part en enquête sur sa grand mère dont elle ne sait pas grand chose. Que sait on vraiment des gens, que reste t il de nous ? Elle va finir par inventer une vie secrète, autour de quelques faits. L’écriture est sublime, c’est fin, drôle, touchant, la fin m’a laissée en pleurs. Avons-nous tous un monde 2 en nous ? J’ai longtemps voulu écrire sur ce thème, la vie rêvée des gens.




