
Messieurs, encore un effort...
2024
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Élisabeth Badinter
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Summary
Les pays industrialisés ont entamé, depuis quelques années, un lent repli démographique. Longtemps, la France a conservé une belle natalité, mais ce n’est aujourd’hui plus le cas, et la voilà qui, lentement mais sûrement, s’approche à son tour du solde naturel négatif, avec toutes les conséquences sociales qu’on peut imaginer. Quant aux raisons de ce phénomène, chacun y va de son explication : effet des crises à répétition ? Menace écologique ? Perte de confiance dans le monde à venir ? Elisabeth Badinter pointe la dureté de la condition maternelle, principale cause du désengagement des femmes. Faire un bébé aujourd’hui, c’est accepter une moindre rémunération tout en assumant les contraintes de la double journée, c’est supporter, bien davantage que le père, le poids psychologique de la parentalité. Les mentalités évoluent, dit-on... Pas assez, et sûrement pas assez vite, et même les politiques natalistes sont insuffisantes, qui ciblent les aides à la petite enfance, alors que la charge mentale des mères se prolonge bien au-delà. Une nouvelle ère de la maternité se dessine : mieux éduquées, les femmes font vite le calcul des plaisirs et des peines. Si l’égalité entre les sexes ne progresse pas plus radicalement, et jusque dans l’intimité des couples, il ne faut pas s’étonner qu’elles refusent d’être les éternelles perdantes.
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19 reviewsBook club Page 12 : un gouvernement peut décider de limiter, voire de supprimer l'interruption volontaire de grossesse ou le recours à des moyens contraceptifs. Cette hypothèse, qui parait invraisemblable aujourd'hui, peut ne plus l'être d'ici une quinzaine d'années si la chute de la natalité se poursuit au même rythme. Et de surcroît si les religions s'en mêlent... La solution n'est pas là. Le remède, selon moi, est d'en finir au plus vite avec la persistante inégalité des sexes au sein de la famille, qui est à l'origine de toutes les autres. Mais pour ce faire, il ne faut pas se tromper d'interlocuteur. Page 20 : Une diminution structurelle de la natalité dans les pays industrialisés ne pourrait qu'avoir des conséquences majeures sur l'économie et mettre notre modèle social en danger. Pages 76-77 : Lorsqu’on évoque les causes de la dénatalité aujourd'hui, on parle d'abord des études plus longues des femmes, du recul de la première naissance, des difficultés économiques et de logement, mais rarement de la révolution féministe inachevée. Or on a vu à quel point la maternité, telle qu'on la conçoit encore aujourd'hui, pèse sur les femmes, au bénéfice des hommes, de leur carrière, de leur salaire et de leur liberté. Le constat fait, on n'en tire pas les conséquences. Certes, la plupart des pays industrialisés ont compris - certains très récemment comme l'Italie ou la Corée du Sud - qu'il était urgent d'aider les mères financièrement par des allocations familiales et la création de crèches pour leur permettre de travailler. Mais cela ne suffit pas. Les femmes du XXI° siècle ont changé. Elles en appellent silencieusement à l'égalité des sexes au sein de la famille et à la responsabilité des pères. Certes, il serait d'ignorer que nombre de jeunes pères ont déjà évolué à l'égard de leurs enfants et sur la question du partage des tâches familiales. Pour autant, les statistiques ne sont guère brillantes. Ils ne sont que rarement aujourd'hui les premiers responsables des enfants et de la maison, à l'instar des mères. Cela signifie aussi qu'une politique nataliste ne doit plus seulement s'adresser aux femmes, mais d'abord aux hommes. Ce serait non seulement la réalisation de l'égalité des sexes, mais aussi la possibilité de concrétiser le nombre d'enfants que le couple projette d'avoir. Une façon, enfin, de réconcilier les droits inaliénables des femmes avec les intérêts de la société.
Lecture pertinente. Se lit facilement et rapidement. Précis et concret, laisse plus place à du constat que de la dénonciation. Un point de vue mesuré concernant la dénatalité en France : le besoin réel de natalité mais la conscience des inégalités entre femmes et hommes qui persistent et sont un freins pour les femmes.
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