Désirer à tout prix
2022
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Tal Madesta
Laura Vallez envisage de faire
La norme est-elle réellement le propre de la majorité, ou simplement le désir d'appartenir à une majorité supposée ? Enquête IFOP 2018 : 11 millions de françaises vivent une sexualité qui ne les rend pas heureuses. 20% indiquent avoir régulièrement des rapports dont elles n'ont pas envie. Jusqu'en 2015, le DSM-4 présentait l'asexualité et tous les "troubles associés" comme des pathologies médicales. Le marché des sextoys était cantonné à la sphère intime, banalisé aujourd'hui et en expansion constante. La liberté sexuelle est un leurre car ce n'est pas une émancipation de s'imposer une sexualité et sa consommation. La pathologisation des (non) sexualités et le système de pressurisation qu'elle génère participe à la création d'un véritable marché économique de la sexualité, lequel renforce, dans un cercle vicieux infini, les standards inatteignables associés aux sexualités "bonnes et saines" Secteur du coaching en bien être sexuel, les sphères médicales et paramédicales, les sexologue et sexothérapeute, les applications de rencontre qui pousse à consommer l'affection et la sexualité. Appli de rencontre : Boucle optimale et infinie entre la satisfaction de son désir immédiat via la consommation, et la réitération perpétuelle de ce désir impossible à assouvir durablement. La stimulation continue que ce besoin génère devient une fin en soi, ce qui revient à des mécanismes similaires à l'addiction. Oser des nouvelles pratiques, étendre son horizon, stimuler la libido et celle de son partenaire... Charge mentale : où est le lâcher prise ? Différence entre le faire et se l'imposer. "Le devoir conjugal" soit l'exigence d'une vie sexuelle régulière au sain du mariage, n'est certes plus nommé en tant que tel dans le code civil, puisque la seule chose à laquelle s'obligent mutuellement les époux, dans l'article 215, c'est à "une communauté de vie" - il n'est donc pas question de sexualité dans le code, mais la jurisprudence renvoie toujours à cette vieille obligation. Les viols conjugaux n'existent que depuis 2006 dans le code pénal Mais en 2019, torts exclusifs à la femme concernant le divorce qui refusait d'avoir des relations intimes avec son mari. Je ne vois pas comment une révolution sexuelle pourrait s'opérer au sein du couple hétérosexuel sans qu'on ne s'intéresse d'abord à ces enjeux économiques majeurs. Sans protection des personnes ayant accouché face aux mises au placard dont elles sont victimes au travail, sans répartition équitable du travail domestique au sein du foyer, sans changer de fond en comble nos conceptions du congé parental, qu'elle révolution de l'intime est possible ? La révolution sexuelle commence par la non exploitation de ses personnes. Demi-sexuel : une personne qui ne devient sexuellement attirée par quelqu'un uniquement après avoir tissé un lien emotionnel fort avec cette personne
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Summary
La course à la sexualité est-elle vraiment émancipatrice ? De la « révolution sexuelle » amorcée en Mai 68, au mouvement sex-positive actuel, on nous promet la possibilité pour toustes de jouir et de désirer sans entraves. Sauf qu'en investissant le sujet, le capitalisme et le patriarcat ont profondément transformé cette possibilité : le sexe est devenu un marché, et la non-sexualité une pathologie à guérir. En cherchant à optimiser le fonctionnement des corps et du désir, sommes-nous entré·es dans l'ère de l'aliénation sexuelle ? Face à cette pression constante, désinvestir le désir sexuel constituerait peut-être une porte de sortie émancipatrice. Dans cet essai court et incisif, Tal Madesta montre comment la sexualité est devenue « obligatoire » dans notre société, et nous invite à nous libérer de cet impératif, en célébrant d'autres formes d'amour qui n'ont pas besoin de sexualité pour exister.
Avis et Commentaires
8 avisC'était tellement intéressant et insightfull. J'ai été touchée par l'équilibre témoignage/théorie qui permet de vraiment réfléchir par son propre prisme et de questionner ses propres problématiques. Ça m'a hyper parlé et j'suis ressortie de la lecture avec une vision embellie de la sexualité - étonnamment parce que le livre n'en fait pourtant pas l'apologie mais il décortique tellement l'instrumentalisation de la sexualité par la société qu'en prenant du recul je me dis qu'on peut s'en détacher et kiffer le sexe loin des injonctions. Et j'apprécie que l'auteur ne s'aventure pas dans des propositions de réparation - ce qui impliquerait un énième dictat - mais laisse les lecteurices faire leur propre chemin de réflexion. C'est un peu son idée de la révolution sexuelle. Reste qu'à travailler à une énième deconstruction. "Et je voudrais, bien sûr, qu'on nous laisse aller au cinéma, lire aux terrasses des cafés, dessiner des paysages, faire à manger à nos ami•es, photographier nos amours, nous prélasser au soleil... en paix. En attendant la vraie révolution sexuelle..."
Une lecture intéressante. Un sujet du quotidien traité sous une forme peu commune. Très parlant, dans lequel je peux facilement me retrouver, c'est rassurant et réconfortant. Parfois un peu redondant et pas toujours parlant selon les éléments évoqués. Pas forcément concernée ou d'accord tout le long. Globalement pertinent et intéressant pour ouvrir les réflexions dans ce sens autour de la sexualité.
Remise en question de beaucoup de prîcipes d’heterosexualite, ru rapport jomme femme Du besoin de la sexualite et sa place, pas perso, mais societale, ECONOMIQUE Pas de liberté sexuelle en vrai… on nous dit « g’agna le sexe c’est ouf, donc quand ca l’est pas on se sent different alors que pasdu tout ! Pareil avec les godes qui sont censés amener a une evasion, mais en fait toujours guidée par une logique economique




