L'enracinement, ou, Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain
2014
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Simone Weil
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Summary
Dans un monde en perpétuel mouvement et mondialisé, cet essai de S. Weil apporte quelques clés aux interrogations liées à l'idée de nation et de collectivité.
Avis et Commentaires
3 avisSublime livre philosophique ! Une vraie découverte. À la base, je ne connaissais pas cette petite dame, Simone Weil et j’ai acheté un de ses livres moitié blague, moitié provocation, comme j’adore le faire puisque ce sont les élèves de 1ère qui se sont trompées avec Simone Veil. Bref, je n’attendais pas grand chose de ce livre à la base mais ça a été une grande révélation ! Ça faisait longtemps que intellectuellement, je n’avais pas lu quelque chose où je m’étais dit : « waouh, c’est quelqu’un qui sait sérieusement réfléchir le monde. » Le livre commence avec ce qu’elle considère comme les choses essentielles (besoins de l’âme) à l’homme comme la liberté, la vérité, l’honneur, l’obéissance, le risque, etc. Puis elle fait toute ne partie sur le déracinement des ouvriers et des paysans montrant comment ils ont été mis de côté dans la société et puis finit le chapitre sur les origines du déracinement dans l’histoire de l’État français et toute une réflexion autour de la conception de la nation. Je pense que la dernière partie a été ma partie préférée car j’y ai appris vraiment beaucoup de choses historiquement parlant. Et puis enfin, le dernier chapitre sur l’enracinement et comment répondre aux besoins urgents de la reconstruction de la société d’après-guerre (Seconde Guerre Mondiale). Elle utilise beaucoup de solutions relieuses catholiques qui ne sont pas particulièrement mes pensées mais qui sont quand même très intéressantes pour la réflexion. Dans le désordre, les réflexions dont j’ai été très impressionnée sont la désacralisation de la science - alors certes d’un point de vue religieux - mais chose qui n’était absolument le cas (on pourrait presque dire que d’une manière ou une autre, elle a produit les origines de la réflexion de Latour autour de la construction de la science). Ce qui est aussi très très impressionnant (et d’ailleurs le plus) c’est qu’elle puisse avoir le recul ne 1943, donc en pleine guerre, de dire que l’envahissement de la France par l’Allemagne n’est pas très différent au fond que toutes les conquêtes coloniales que le France a pu faire (que ce soit autant au 13ème siècle avec le Sud de la Loire que les colonies en Afrique par exemple fin du 19è). C’est donc d’une finesse intellectuelle franchement sans précédent. Ce que j’apprécie aussi tout particulièrement c’est qu’elle donnait des conseils concrets et ce n’était pas que du bullshit d’intello.





