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Les racines du ciel

2020

Romain Gary

AB

Anaïd Bedikian a noté 8/10

Avis de la communauté

Opinion du public

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17 avis

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8,0/10

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Summary

«La viande ! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. Il pensa à Morel et à ses éléphants et sourit amèrement. Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pour l'homme noir, il était uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu'un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L'idée de la "beauté" de l'éléphant, de la "noblesse" de l'éléphant, c'était une idée d'homme rassasié...»

Avis et Commentaires

7 avis
Clembegz
Clembegza noté ★ 7/10
Hier

Je sais pas pourquoi mais j’arrivais pas à le commencer, il a traîné 6 mois sur ma pile de livres et j’ai même trimballé ses 600 pages pendant 1 mois et demi au Japon sans l’ouvrir une seule fois - c’est chose faite !! L’histoire est celle de Morel, en AEF (Afrique Equatoriale Française) au milieu des années 50, qui entre en lutte pour la protection des éléphants (et plus largement de la nature) menacés à la fois par les chasseurs et par la "modernisation" de l’Afrique. J’ai dû pas mal m’accrocher les 200 premières pages, l’histoire est touffue (métaphore de la savane tmtc) et racontée dans une chronologie un peu confuse à travers les témoignages de plusieurs personnages que je confondais un peu (oups). Mais au fur et à mesure, on se prend vraiment au jeu et on a envie d’y revenir pour découvrir la suite des aventures de Morel et de toute la petite troupe constituée à ses côtés pour la sauvegarde des éléphants. Tout au long du livre sont questionnées ses motivations réelles: un dégoût de l’humain après les atrocités de la 2e guerre mondiale ? Un véritable amour de la nature ? Des vélléités nationalistes ? Une lutte pour l’indépendance des peuples africains ? C’est pas mon préféré de Gary parce qu’il y a quand même quelques longueurs et une écriture parfois redondante mais c’est quand même (comme toujours chez lui) un sacré plaidoyer pour garder foi en l’humanité et en notre capacité à lutter pour la dignité humaine même dans les pires moments - il s’agirait de s’en inspirer vu le contexte !!

charlotte
charlottea noté ★ 9/10
26 février 2024

Lu sur les recommandations de Marius. J’ai adoré. C’est un livre bien construit qui n’a pas mal vieilli, alors que pourtant le sujet aurait pu le faire vite dérapé. Mais Romain Gary aborde le colonialisme et l’écologie avec une remarquable modernité. J’ai particulièrement aimé le personnage de Minna et la manière dont elle est décrite par chaque homme qu’elle croise dans cette Afrique hostile. La répétition incessante de la question “êtes vous amoureuse de Morel pour le suivre ainsi?” est criante de vérité et définie parfaitement la manière dont on penses que les femmes agissent : forcément parce qu’elles sont amoureuses, évidemment, elles ne peuvent pas faire autre choses que de suivre un homme par amour. J’ai aussi aimé le rapport à la nature, il est si bien expliqué, avec sensiblerie et humour. J’ai aimé les histoires de guerres qui rappellent sans cesse pourquoi on ne doit pas cesser d’aimer la nature. J’ai aimé la construction du livre, j’ai aimé la fin, j’ai aimé la superposition de point de vue, j’ai aimé chaque page que j’ai lu avec beaucoup d’admiration pour le travail d’écriture et d’organisation qui se cache derrière. « Et on ne peut pas juger les hommes par ce qu'ils font quand ils enlèvent leur pantalon. Pour leurs vraies saloperies, ils s'habillent. » « Ne craignez rien, amie, je cesserai de boire dès que je serai parmi les éléphants. Ce qui me pousse à me saouler, c'est la compagnie de mes semblables. Je peux en supporter un, le matin, deux au maximum dans la journée, mais vers quatre ou cinq heures de l'après-midi, je ne peux plus du tout en supporter, et je bois. » « Lorsqu'on quitte une engeance capable de vous offrir à la même époque le géno-cide, le « génial père des peuples», les radiations atomiques, le lavage du cerveau et les aveux sponta-nés, pour aller vivre enfin au sein de la nature, il est bien permis de prendre une cuite... » « Mais ce sont la des choses qu’on apprend pas dans les écoles. Il faut en baver beaucoup pour comprendre ce que c’est, le respect de la nature.» « si un idéal pouvait l’inspirer, c’était seulement celui d’être à la hauteur de toutes les possibilités merveilleuses de la vie.» « avait-elle vraiment agi ainsi, comme elle disait, « pour son propre compte », pour manifester, elle aussi, pour se jeter, elle aussi, au secours d'une idée parfaitement irréalisable, exagérée, cocasse, et même inadmissible, de la dignité humaine. Sans doute n'était-elle pas assez intelligente pour cela, et sa fatalité était d'avoir un corps, un visage, qui donnaient aux hommes beaucoup moins le désir de la comprendre, que celui de la déshabiller. Peut-être protestait-elle aussi contre cela. »

Denis MAZET
Denis MAZETa noté ★ 9/10
8 août 2023

Romain Gary Les racines du ciel « La viande! C'était l'aspiration la plus ancienne, la plus réelle, et la plus universelle de l'humanité. Il pensa à Morel et à ses éléphants et sourit amèrement. Pour l'homme blanc, l'éléphant avait été pendant longtemps uniquement de l'ivoire et pour l'homme noir, il était uniquement de la viande, la plus abondante quantité de viande qu'un coup heureux de sagaie empoisonnée pût lui procurer. L'idée de la "beauté" de l'éléphant, de la "noblesse" de l'éléphant, c'était une notion d'homme rassasié... »

AB
Anaïd Bedikiana noté ★ 8/10
27 octobre 2024

F
Flavioa noté ★ 9/10
6 octobre 2024

Elisa Finaz
Elisa Finaza noté ★ 6/10
17 septembre 2023

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