
Les Jardins Invisibles
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4 reviewsAlfred livre plusieurs fragments de sa vie où se recoupent ses thèmes de prédilection, l'Italie, l'enfance et son rapport au dessin et au théâtre. Chacune de ces histoires présentent un de ces moments de micro-bascule dont l'impact sur notre trajectoire devient tangible parfois trente ans plus tard. Une rencontre, une phrase dite dans l'enfance, une peur qu'on se trimballe encore adulte... 160 pages
Auto fiction souvenirs personnels mais à portée universelle par leur aspect poétique. Telerama : Je suis un enfant et je dessine pour ne pas disparaître. Si je ne le fais pas, c’est certain mon entourage m’oubliera. » Habité depuis toujours par cette pensée magique, Alfred, 48 ans, a noirci des carnets par centaines. Notes, dessins d’observation, crobards saisis dans les coulisses des théâtres où il regardait ses parents comédiens se produire sur scène, petits instantanés de ses vacances italiennes baignées de soleil et de nostalgie, leçons de vie et réflexions sur son travail de dessinateur : Les Jardins invisibles sont à l’image de l’auteur de Come prima et Senso, tendres, lumineux, et d’une sincérité touchante. Il y a bien une quête dans ce florilège, une collecte quotidienne et obstinée contre l’oubli, la poussière du temps qui finit par tout obscurcir et l’inexorable destruction cellulaire de nos mémoires. Si Borges a montré, dans l’une de ses plus célèbres nouvelles (Funes ou la Mémoire), que l’hypermnésie n’a rien d’enviable, pas question pour autant de laisser s’échapper les rares instants d’éternité où le temps suspend son vol et où notre existence, soudain, s’illumine et se laisse enfin savourer. Alfred, lui, a choisi de s’arrêter sur les « points de bascule », ces menus événements qui, sans qu’il s’en rende compte sur le moment, ont orienté durablement le reste de son existence. Un coup de fil, une course en taxi, une chute de neige sur Venise, un match de foot, un atelier de dessin en Afrique, une paralysie soudaine, une vieille photo… Des fragments hétéroclites pourtant liés les uns aux autres par des fils subtils, et qui, mis bout à bout, ont formé sa ligne. À ce voyage mémoriel qui sautille sans trop se soucier de la chronologie, on ne sait trop qui, de l’enfant timide ou du dessinateur ému, nous convie. Reste l’impression d’une main fraîche, mais qui ne nous lâche pas dans les lacis des jardins invisibles, et souvent exubérants, où ce grand amateur de traits épurés et de crayons pastel aime se perdre.