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Narbo Via, Narbonne - Permanente

2 Av. André Mècle, 11100 Narbonne, France

Marie Lemaire

Marie Lemaire a noté 8/10

Avec Amaury, Léon, Pauline, Sara et Eva

Avis de la communauté

Opinion du public

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7 avis

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8,0/10

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Summary

Le musée Narbo Via, situé à Narbonne dans la région Occitanie, est un trésor d'archéologie romaine. Ouvert en mai 2021, ce musée abrite une riche collection d'œuvres archéologiques de l'ancienne cité romaine de Narbonne. Le bâtiment, conçu par l'agence Foster + Partners, s'étend sur 8 000 m2 et est entouré de jardins de 3 hectares. L'idée de créer un musée romain à Narbonne a été prise en 2010 et après plus de cinq années de construction et d'étude des collections, le musée a ouvert ses portes au public. Le musée est géré par l'EPCC Narbo Via, qui gère également le musée-site d'Amphoralis à Sallèles-d'Aude et les galeries souterraines de l'Horreum de Narbonne. Le musée présente une variété d'expositions, y compris une borne milliaire de Cnaeus Domitius Ahenobarbus, un mur lapidaire unique au monde, des fragments de l'ancienne cité romaine de Narbo Martius, et des expositions temporaires. Le musée est un véritable voyage dans le temps, offrant un aperçu fascinant de l'histoire romaine de la région.

Avis et Commentaires

2 avis
Marie Lemaire
Marie Lemairea noté ★ 6/10
20 août 2025

Avec Jo On y est allé un jour de chaleur étouffante, la Clim nous a fait du bien Étant encore dans la tranche d’âge des 26 ans ou -, on a bénéficié du ticket pour l’accès aux 3 musées (Narbo Via et Horreum à Narbonne et Musée des Potiers à Sallèles) pour seulement 5€ et valable 6 mois, ce qui n’était absolument pas précisé sur internet ! On a d’abord fait une exposition temporaire appelé « Escale en Méditerranée » romaine pendant 40 min environ, avant de passer à l’exposition permanente que nous avons vu pendant 1h20, et qui était bien plus intéressante que dans mes souvenirs, lorsque nous l’avions vu avec mes copains d’archi en 2022. Infos sur l’expo permanente de Narbo Via LA GALERIE LAPIDAIRE La splendeur monumentale de la cité romaine de Narbo Martius est de nos jours pratiquement invisible: temples, forum, amphithéâtre, tombeaux ont été détruits à la fin de l'Antiquité et au Moyen Age. De nombreux fragments de ces édifices ont ainsi servi à construire les remparts successifs de la ville ainsi que de nombreuses maisons et églises. La réutilisation la plus spectaculaire a eu lieu à la Renaissance quand le roi de France, François ler (1494-1547), a ordonné d'insérer les plus beaux blocs sculptés autour des portes de la ville pour célébrer cet héritage antique. Lorsque les remparts ont finalement été démolis entre 1868 et 1884, la Commission archéologique et littéraire de Narbonne a été autorisée à extraire les blocs et à les rassembler dans l'ancienne église Notre-Dame de Lamourguier qui est alors devenue un musée. Les blocs des édifices romains y ont été superposés en rangées successives pour rappeler les remparts démolis. Aujourd'hui, le musée Narbo Via réunit cette collection lapidaire unique en Europe sous la forme d'une galerie monumentale de 76 mètres de long et 10 mètres de haut, qui condense 760 blocs de pierre issus des monuments perdus de Narbo Martius et rend hommage à la cité romaine. En son centre, un engin de levage appelé transtockeur permet de déplacer les pierres dans le mur. Deux bornes tactiles permettent de manipuler des modélisations en 3D d'une sélection de blocs et d'accéder à des contenus explicatifs qui vont s'enrichir au fur et à mesure des études scientifiques. Cette galerie lapidaire est un écho aux voies bordées de nécropoles qui marquaient l'entrée des cités romaines. Organisé en 6 séquences chrono-thématiques, la suite du parcours de visite vous mène de la fondation de la colonie romaine de Narbo Martius jusqu'au début de l'ère chrétienne. I/ LA PREMIÈRE COLONIE ROMAINE EN GAULE Narbo Martius, première colonie romaine en Gaule En 125 av. J.-C., la cité grecque de Marseille, menacée par le peuple gaulois des Salyens, appelle à l'aide son allié romain. Le Sénat envoie ses armées dirigées par les généraux Cnaeus Domitius Ahenobarbus et Quintus Fabius Maximus. En quelques années, ils vont soumettre les principaux peuples du Sud de la Gaule jusqu'aux Pyrénées. Rome contrôle alors le vaste territoire qui relie l'Italie à l'Espagne, déjà en partie romaine. Cette domination se matérialise notamment par la création d'une voie de circulation: la Via Domitia. Pour consolider cette position, le Sénat ordonne en 118 av. J.-C. la fondation de la première colonie romaine hors d'Italie, la Colonia Narbo Martius, sur un territoire stratégique de la basse vallée de l'Aude, en proximité immédiate du rivage méditerranéen. Deux mille citoyens italiens sont ainsi installés près de l'oppidum gaulois de Naro (Montlaurès). La création de cette colonie répond à plusieurs besoins: sécuriser un territoire stratégique face aux peuples gaulois, contrôler les routes commerciales ainsi que les ressources naturelles de l'arrière-pays (minerais de la Montagne Noire et des Corbières) et distribuer des terres aux citoyens romains d'Italie. L'essor d'une colonie romaine, de la fondation coloniale jusqu'au règne d'Auguste La première cité coloniale est très mal connue en raison de l'enfouissement profond de ses vestiges sous la ville moderne. Néanmoins, l'importance de ses activités portuaires et commerciales confirme son positionnement stratégique pour la circulation des marchandises entre l'Italie, l'Espagne et l'ouest de la Gaule. De ce fait, elle a joué un rôle militaire de premier plan, notamment pendant la guerre des Gaules (58-50 av. J.-C.) où elle a servi de base de ravitaillement pour les armées de Jules César. En 45 av. J.-C., ce dernier procède à la refondation coloniale de Narbo Martius: les vétérans de sa 10e légion reçoivent ainsi des lots de terre pour les récompenser. Le rôle prééminent de Narbo Martius est consacré par le premier empereur Auguste en 27 av. J.-C. : il y convoque une assemblée générale de toute la Gaule afin d'organiser l'administration des provinces, le recensement et le cadastre. Privilège rare, le nom de la cité est donné à la province dont elle est la capitale: la Gaule Narbonnaise. II/ LA VILLE ET SES MONUMENTS La ville et ses monuments « Salut Narbonne, riche de santé, belle à voir dans ta ville et ta campagne, avec tes murailles, tes citoyens, ton enceinte, tes boutiques, tes portes, tes portiques, ton forum, ton théâtre, tes sanctuaires, tes capitoles, tes changes, tes thermes, tes arcs […]. Fière au milieu de tes citadelles demi ruinées, montrant les traces glorieuses de l'ancienne guerre, tu portes des blocs ébranlés par les coups. » Sidoine Apollinaire, Epistulae, IV, 3 C'est une ville déjà ancienne et en partie ruinée que célèbre le poète Sidoine Apollinaire en 465. Il insiste sur la richesse de sa parure monumentale, symbole de son rayonnement politique et culturel. Narbo Martius connaît son âge d'or aux 2 premiers siècles de notre ère. Elle atteint alors son extension maximale (240 hectares en comptant les nécropoles). Elle se déploie sur la rive nord de l'actuel canal de la Robine, qui correspond à l'ancien cours de l'Aude. Un réseau de rues perpendiculaires découpe la ville en ilots dans lesquels s'élèvent les nombreux monuments propres à une grande ville romaine : forum, temples, amphithéâtre, thermes, marché. Les activités artisanales sont reléguées en périphérie de même que les nécropoles, le long des voies d'accès à la ville. Les décors et ses monuments Aucun monument romain complet n'a survécu à Narbonne, mais nous conservons de nombreux fragments d'architecture qui illustrent la splendeur de la cité. Ces monuments sont les témoins de l'influence directe de Rome : les commanditaires de ces édifices avaient ainsi recours à des modèles architecturaux romains et engageaient parfois pour les réaliser des artisans et tailleurs de pierre venus de Rome. Le style corinthien est le mieux représenté : on le trouve sur les frises, les chapiteaux et les corniches. D'origine grecque, il laisse la part belle au décor végétal, notamment les feuilles d'acanthe dans les chapiteaux et les frises. L'empereur Auguste l'emploie à des fins idéologiques : pour célébrer la paix et l'abondance du mythe de l'âge d'or qu'il entend restaurer, pour marquer l'attachement à la civilisation grecque dont Rome est l'héritière et pour exalter la majesté de la puissance romaine. Ce style connaît une grande popularité, au point de devenir pour longtemps le symbole de l'architecture romaine. Le « capitole» au cœur de la cité Parmi les nombreux temples que devait compter Narbo Martius, seul nous est connu le grand sanctuaire découvert au 19e siècle, à l'emplacement du collège Victor Hugo. Situé au cœur de la ville et dominant le forum, il est souvent interprété comme un capitole, c'est-à-dire un temple dédié aux trois divinités Jupiter, Junon et Minerve. Le temple construit sous le règne d'Auguste, à la fin du 1er siècle av. J.-C., se distingue par ses dimensions colossales et son matériau, le marbre de Carrare. Un portique, grande galerie couverte soutenue par des colonnes, l'isole du reste de l'espace urbain et le magnifie. Son implantation légèrement en hauteur et sa taille imposante le rendent visible de très loin. Dès la fin de l'Antiquité, il commence cependant à être démantelé, sans doute pour faire disparaître un symbole fort du paganisme : de nombreux fragments sont ainsi réutilisés dans toute la ville et jusque dans le port pour réparer les digues. Il a également servi de carrière de pierre pendant une bonne partie du Moyen-âge, et au 8e siècle, les Arabes auraient emporté certaines de ses colonnes pour construire la grande mosquée de Cordoue... Qu'est-ce qu'un capitole ? Le Capitole est le nom d'une des sept collines de Rome, sur laquelle se trouve le sanctuaire principal de la cité, dédié aux trois dieux « luppiter Optimus Maximus » (Jupiter très-bon très-grand), Junon et Minerve, qui forment la triade capitoline. Le temple était doté de trois salles, ou « cellae », qui abritaient chacune une statue d'un des dieux. Avec les conquêtes territoriales, le peuple romain crée des colonies. Ces villes, qui sont des projections de Rome ont l'obligation juridique de rendre un culte à la triade capitoline, ce qui suppose au moins un autel, mais aussi bien souvent un temple. Aucune inscription ne permet aujourd'hui d'identifier formellement le grand temple de « Narbo Martius » à un capitole, mais de nombreux indices permettent d'en faire une hypothèse très probable. III/ SOCIÉTÉS ET NÉCROPOLES Une société très organisée et ritualisée Les blocs antiques conservés au musée fournissent de précieux témoignages sur la société narbonnaise à l'époque romaine et son évolution. Les nombreuses inscriptions funéraires décrivent ainsi des parcours de vies d'habitants de la cité, qu'ils soient anonymes ou illustres. Toutes les catégories sociales y sont mentionnées (affranchis, citoyens, étrangers) à l'exception des esclaves, ainsi qu'une grande variété de corps de métiers : les magistrats participent à la vie de la cité tout comme les médecins, les coiffeurs ou les marchands. La société romaine est toutefois une société fortement hiérarchisée. La domination des classes aisées se retrouve aussi bien dans l'organisation spatiale des lieux funéraires que dans les gradins des lieux de spectacles où les hommes et les femmes sont placés selon leur rang social et leur richesse. En sa qualité de capitale de province, Narbo Martius est particulièrement liée à l'appareil politique impérial. Les Narbonenses vivent donc au rythme du calendrier civique et religieux qui constitue le socle du monde romain. Ils participent notamment aux différents cultes rendus aux dieux du panthéon romain, à leurs ancêtres et aux empereurs. Jeux et spectacles Les loisirs rythment la vie quotidienne des Romains qui assistent régulièrement aux spectacles organisés par les notables de leur cité. Si théâtre et cirque n'ont pas encore été retrouvés à Narbonne, l'hypothèse de leur existence est très probable. Les Narbonenses devaient donc assister aux traditionnels combats de gladiateurs dans l'amphithéâtre, mais aussi à des chasses dans lesquelles s'affrontent des animaux exotiques (ours, lions, tigres, panthères ou taureaux), parfois opposés à des combattants professionnels. Les Narbonenses se rendaient également au cirque où ils assistaient, depuis les gradins, à l'épreuve sportive la plus spectaculaire du monde romain : les courses de chars. Ces derniers étaient conduits par des auriges qui devaient effectuer sept tours de piste. Enfin, les habitants de Narbo Martius allaient certainement au théâtre pour assister à des représentations scéniques. Les troupes composées d'acteurs, de danseurs et de musiciens, jouaient des spectacles variés, allant de la comédie à la tragédie, où la musique et la danse tenaient une grande place. La mort dans le monde romain : rites et croyances Le rapport des Romains au mystère de la mort témoigne d'une religiosité empreinte de superstitions et de pragmatisme. Pour les Anciens, le monde des morts et celui des vivants sont bien distincts, et s'il importe de pleurer ses défunts et d'accomplir pour eux des rites complexes, c'est avant tout pour consacrer la séparation, délivrer les proches de la souillure de la mort, permettre au disparu d'accéder sans retour au séjour des ombres. Les funérailles seront plus ou moins fastueuses selon le rang de la famille : exposition du corps, cortège funéraire, banquet, avant la crémation (ou plus rarement l'inhumation). Les ossements calcinés, recueillis dans une urne, sont placés dans la tombe avec les restes d'offrandes. Ainsi, dignement honoré, purifié par le feu, le défunt peut rejoindre les Mânes, les âmes divinisées des ancêtres protectrices de la famille. IV/ RICHES DEMEURES URBAINES Demeures romaines En tant que colonie romaine, Narbo Martius accueille une importante population venue d'Italie qui reproduit, en territoire gaulois, le cadre de vie typique de Rome. La trame urbaine, organisée selon un quadrillage orthogonal de voies principales recoupées par des voies secondaires, délimite des ilots rassemblés en quartiers aux fonctions spécifiques. C'est dans l'habitat que le modèle romain est particulièrement perceptible : on retrouve à Narbo Martius la présence de nombreuses domus ou maisons urbaines, richement décorées à la mode romaine : mosaïques, peintures, sculptures. Certaines de ces maisons présentent un plan typique des maisons campaniennes de Pompéi et Herculanum, avec atrium et péristyle : elles s'organisent autour d'un « atrium », pièce centrale qui distribue les pièces de réception, dont le « triclinium » (salle à manger), et d'une cour à péristyle (colonnade entourant un jardin), cœur de la partie familiale et intime de la maison. Les pièces de service sont reléguées en périphérie. Ce type de maison est réservé aux classes aisées de la population et la cité de Narbo Martius compte également de nombreux logements moins luxueux qui sont malheureusement mal connus. L'atrium La maison romaine s'organise autour de cette salle centrale dotée d'une ouverture zénithale laissant pénétrer l'eau de pluie recueillie dans un bassin et une citerne. Pour les personnages importants de la cité, l'atrium devient un espace semi-public qui sert de cadre de représentation à la « familia » (ou clan). Y sont exposés les « lares » (divinités protectrices du foyer et de la famille), les portraits des ancêtres et les documents qui témoignent du passé illustre de la famille. Dans son « tablinum »(bureau), pièce ouverte sur l'atrium, le « pater familias » (chef de famille) gère ses affaires et exerce les magistratures publiques pour lesquelles il a été élu. C'est là qu'il reçoit ses soutiens politiques ou ses clients, venus le saluer chaque jour en contrepartie d'une offrande ritualisée. La partie privée de la demeure s'organise autour d'une cour ornée d'un jardin et entourée d'une colonnade (cour à péristyle). Peintures murales romaines Les murs des maisons romaines étaient couverts de peintures aux couleurs vives qui combinaient architecture en trompe-l'oeil, motifs végétaux, animaux fantastiques et figures humaines. Leur conservation exceptionnelle dans les maisons de Pompéi a permis d'établir dès 1880 une classification chronologique en quatre styles, présentés dans cette projection murale, au travers de relevés aquarellés du 19e siècle: - le 1er style est une transposition directe des façades de monuments de la grande architecture grecque, traités en trompe-l'œil. - le 2e style introduit des ouvertures et perspectives avec différents plans qui donnent de la profondeur aux décors, tout en intégrant des images issues de la peinture de chevalet. - Le 3e style en réaction au précédent, referme les perspectives et simplifie les décors et éléments architecturaux qui deviennent purement décoratifs. - Le 4e style effectue enfin une synthèse des deux précédents, combinant des effets d'ouverture avec un traitement ornemental des décors architecturaux. Dans les provinces romaines, la peinture a suivi les grandes lignes de cette évolution tout en développant des caractéristiques régionales. Les images sont créditées sur le site internet du musée. La construction romaine Les Romains utilisent les matériaux de construction traditionnels de la Méditerranée antique, le bois, la brique, la terre crue et la pierre, mais également le mortier de chaux mis en œuvre de manière variée, notamment en maçonnerie de blocage. Dans les maisons, les sols sont couverts de béton et pavés d' « opus spicatum » (briquettes disposées en chevrons), d' « opus sectile » (dallage de pierre) ou de mosaïques. L'eau est amenée depuis l'aqueduc par des conduites en plomb vers des bassins et fontaines rendus étanches par un enduit mélangeant céramique concassée et mortier de chaux. Murs et plafonds sont décorés d'enduits peints. La couleur est obtenue à partir de pigments minéraux. L'or est très rarement utilisé. Ces techniques ainsi que les motifs, malgré leur évolution en plusieurs styles successifs, contribuent à unifier culturellement les territoires de l'Empire. La famille romaine A l'époque romaine, l'individu fait tout d'abord partie d'un clan ou d'une lignée appelée « gens ». Les membres d'une « gens » descendent d'un ancêtre commun et portent le même nom. Le clan se divise en familles dont le sens latin diffère du nôtre. En effet, la « familia » désigne l'ensemble des individus qui habitent dans une même demeure. Elle comprend les parents et les enfants ainsi que les esclaves et leurs familles qui vivent sous le même toit que leurs maîtres. La famille est placée sous l'autorité du père de famille ou « pater familias », auquel ses hôtes doivent respect et loyauté. Sa femme, la matrone, est chargée des questions domestiques, de l'éducation des enfants et des serviteurs qui ont le statut d'esclave. Ces derniers sont juridiquement considérés comme des objets et leurs maîtres ont tous les droits sur eux. Les maisons du Clos de la Lombarde C'est en 1973, lors de la construction d'un hôtel des impôts que le site du Clos de la Lombarde a été découvert : il s'agit d'un îlot d'habitat entouré de quatre rues, constitué de deux grandes domus, la Maison à Portiques (975 m2) et la Maison au Grand Triclinium (700 m), ainsi que d'une petite zone artisanale et de thermes, partiellement enfouis sous un îlot voisin. Pendant près de 30 ans de fouilles minutieuses, les archéologues ont progressivement dégagé le site et retrouvé de très nombreux éléments de décor (pavements, peintures murales, sculptures) ainsi que de nombreux témoignages de la vie matérielle des habitants de ce quartier. Le site a été habité du 1er siècle avant. J.-C. au 3er siècle après J.-C., puis abandonné avant d'être réoccupé par une basilique paléochrétienne à la fin du 4er siècle. Le Clos de la Lombarde est un témoignage exceptionnel du cadre de vie des notables de l'époque romaine, offrant une vision globale du décor de plusieurs maisons urbaines aux trois premiers siècles de notre ère. Une journée au Clos de la Lombarde Marcus Clodius Aestivo, l'un des propriétaires de la Maison au Grand Triclinium nous est connu grâce à un autel domestique consacré à la déesse Tutela. Ce témoignage permet d'imaginer la vie quotidienne de ce notable qui vécut vers 200. Comme tout bon Romain, Aestivo se lève à l'aube et passe le reste de la matinée dans son bureau ou tablinum. Il vérifie ses comptes et reçoit ses clients pour leur remettre leur sportule (don en argent). Pendant ce temps, ses enfants vont à l'école. Sa femme soigneusement coiffée par une servante donne ses instructions aux domestiques avant de se rendre au marché. Vers midi, la famille déjeune d'un repas léger. Après une sieste, l'après-midi est réservé aux loisirs et Aestivo se rend aux thermes de son quartier. Dans la rue, les enfants jouent à la marelle. Le soir, les maîtres de maison accueillent leurs convives avec qui ils dégustent, dans le triclinium, les plats préparés par les domestiques. Puis, on se couche généralement assez tôt car les lampes à huile apportent un faible éclairage. Le triclinium ou salle à manger Le triclinium (salle à manger) de la maison à Portiques possède un décor peint daté du début du 3e siècle. C'est une salle d'apparat : sa mise en scène grandiose et les thèmes empruntés exaltent indirectement la figure de l'Empereur. La partie centrale représente une Victoire (femme ailée) et un Génie (divinité) tenant une patère (récipient pour les offrandes liquides) ainsi qu'une corne d'abondance. A droite, un soldat en cuirasse s'appuie sur sa lance. Il est surmonté par un buste d'Apollon couronné de lauriers, divinité protectrice de l'Empereur depuis Auguste. L'ensemble est surmonté d'une frise de soldats en armes mal conservée. Sur la voûte peinte apparaît, parmi d'autres divinités, un des Dioscures, fils jumeaux de Jupiter vénérés par les empereurs. Ce décor a peut-être été commandé par un prêtre du culte impérial ou sévir. V/ UN PORT MARCHAND SUR LA MÉDITERRANÉE Un grand port marchand méditerranéen « [Narbonne] C'est à toi que les mers de l'Orient et celles de l'Espagne versent leurs marchandises et leurs trésors ; c'est pour toi que voguent les navires sur les eaux de la Libye et de la Sicile. Et tous les vaisseaux chargés qui parcourent en tous sens les fleuves et les mers, tout ce qui navigue dans l'univers entier vient aborder à tes rives. » Ausone, Les Villes Célèbres Dans sa liste des villes célèbres, Ausone, poète et important homme d'Etat du 4e siècle, décrit Narbo Martius comme un des ports les plus importants du monde romain où arrivent des marchandises du monde entier. Principale entrée maritime de la Gaule au 1er siècle av. J.-C., elle prospère durant toute la période romaine aux côtés d'Arles, Marseille et Lyon, grâce à une activité marchande florissante qui repose sur un commerce de redistribution. Sa situation géographique est avantageuse : située au carrefour de plusieurs routes maritimes (Italie, Espagne, Afrique), terrestres (voie Domitienne et voie d'Aquitaine), et positionnée au point le plus court entre la mer et l'océan via l'axe fluvial Aude-Garonne. C'est l'une des principales plaques tournantes des marchandises en Méditerranée occidentale durant toute l'Antiquité. Le système portuaire de Narbo Martius Les recherches récentes ont permis de restituer un ensemble portuaire immense reposant sur des avant-ports dans la lagune et un port fluvial aux portes de la ville, reliés par un bras de l'Aude. Ce système complexe qui met à profit la topographie naturelle, permet d'accueillir de grandes quantités de marchandises, de les stocker et d'assurer leur redistribution locale ou lointaine, par voie terrestre ou maritime. Dans la lagune, les navires rencontrent tout d'abord l'établissement de l'île de Saint-Martin à Gruissan. Des pilotes peuvent alors guider les bateaux dans le système fluvio-lagunaire. Les marins déchargent ensuite leurs marchandises dans les entrepôts situés au nord de l'étang, sur le site de Port-la-Nautique. Cette zone est abandonnée dans le dernier tiers du ler siècle, au profit de Mandirac, à l'embouchure de l'Aude antique. Là, les ingénieurs construisent deux digues de deux kilomètres pour canaliser le fleuve. La digue ouest permet le transbordement des marchandises puis leur acheminement par voie terrestre ou dans des bateaux à fond plat jusqu'aux abords de la ville. VI/ NARBONNE, MÉTROPOLE PALÉOCHRÉTIENNE Narbo Martius dans l'Antiquité tardive : de la christianisation aux Wisigoths Au 3e siècle, Narbo Martius connaît des difficultés économiques et militaires. La ville reste une place commerciale de premier plan mais son activité décroit avec le développement de l'axe Italie-Gaule du nord, via Arles et Lyon. Elle doit aussi faire face à l'incursion de peuples venus de Germanie, les Alamans. Pour s'en prémunir, un rempart serait construit vers 270. Lors du redécoupage des provinces romaines par l'empereur Dioclétien à la fin du 3e siècle, Narbonne reste capitale, mais d'une province plus réduite, la Narbonnaise première qui s'étend du Rhône aux Pyrénées. Les vagues migratoires germaniques ne sont pas pour autant terminées : alors que le pouvoir romain tente vainement d'intégrer les Wisigoths à l'Empire, ces derniers mettent Rome à sac en 410. C'est dans ce contexte qu'en 413, le roi wisigoth Athaulf entre dans Narbonne en dignitaire romain : il y célèbre ses noces avec Galla Placidia, demi-sœur de l'empereur Honorius, gage d'une paix retrouvée. La ville est rendue à l'Empereur à la suite d'un traité signé en 418. Finalement, en 462, le pouvoir romain cède définitivement la cité aux Wisigoths, alors qu'ils ont fondé un royaume en Aquitaine.

Marie Lemaire
Marie Lemairea noté ★ 8/10
19 avril 2025

Avec Amaury, Léon, Pauline, Sara et Eva

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