Film d'animation • (1h28) • 2021 • Japon • Réalisé par Yuta Murano.
Mamoru est très ami avec sa voisine Aya. Il en est même secrètement amoureux. Mais la jeune fille va bientôt déménager. Histoire de lui offrir une belle fête d'anniversaire pour ses 17 ans, Mamoru lui propose de fuguer une semaine. Ils se cachent dans une usine désaffectée où ils sont bientôt rejoints par leurs amis. Sur place, ils rencontrent un jeune réfugié thaïlandais qui se cache de la police en attendant de retrouver ses parents. Mamoru et ses amis vont tout tenter pour lui venir en aide mais bientôt les adultes approchent de leur refuge...
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Mamoru est amoureux d’Aya, mais n’ose pas lui déclarer sa flamme. Tous deux ont 17 ans et fréquentent le même lycée dans le nord du Japon. Lorsqu’il apprend qu’elle va partir contre son gré, parce que son père convoite un poste à Tokyo, il lui propose de fuguer. Accompagnés par des camarades de classe, ils s’installent dans une usine désaffectée où un jeune immigré clandestin thaïlandais a trouvé refuge. Quand la police des frontières décide de l’embarquer, Mamoru s’interpose…
Rafraîchir et dépoussiérer Bokura, série classique de la littérature jeunesse, n’est pas une mince affaire, car le Japon dont parlait le premier volume d’Osamu Sōda en 1985 a beaucoup changé. L’explosion de la bulle financière, la montée du chômage et de la précarité ont profondément altéré la société. S’il respecte l’esprit de l’œuvre originelle, narrant la révolte d’une bande de lycéens contre l’ordre établi, l’injustice et le monde des adultes rongé par les mensonges et les compromis, Yuta Murano, le jeune réalisateur, va plus loin. Certes il n’y a ni kalach, ni cocktails Molotov dans cette lutte qui oppose sept jours durant assaillants et assiégés, mais ce n’est pas La Guerre des boutons pour autant. Smartphones et réseaux sociaux ont changé la donne et sont devenus des armes — à double tranchant — pour ceux qui savent les manier… Yuta Murano plaide surtout pour que les jeunes Japonais n’aient plus peur d’exprimer leurs sentiments. Pas sûr qu’un seul film suffise, mais évoquer ouvertement l’homosexualité, le harcèlement, la corruption des politiques, le sort des travailleurs immigrés, est un bon début.
TELERAMA • Critique par Stéphane Jarno • Publié le 28/02/2023.