
Memories of Murder
2003
•
Policier / Drame
•
2h12
Avis de la communauté
Opinion du public
1.9k avis
8,1/10
4,3/5
Presse4,3/5
Spect.Les spectateurs sont captivés par 'Memories of Murder', louant sa réalisation magistrale et la profondeur de ses thèmes. La mise en scène est saluée pour sa beauté et son intelligence, oscillant entre tension palpable et moments d'humour. Les performances des acteurs sont très appréciées, renforçant l'impact émotionnel du film. Toutefois, certains trouvent le début lent et la fin ouverte frustrante, bien que cette dernière soit souvent vue comme un choix narratif audacieux et approprié.
👍 Mise en scène et profondeur thématique exceptionnelles.
👎 Début lent et fin ouverte.
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Synopsis
En 1986, une petite province coréenne, et trois enquêteurs sont aux prises avec le cas de plusieurs jeunes femmes trouvées violées et assassinées par un coupable inconnu.
Avis et Commentaires
601 avisDès la première scène, un enfant joue dans un champ, la caméra est calme, presque banale. Puis le corps d’une jeune femme est découvert dans un fossé. Cette opposition entre l’ordinaire et l’horreur traverse tout le film. Le mal n’arrive pas dans un décor spectaculaire : il surgit dans les champs, sous la pluie, au bord des routes. 1. Les scènes de crime : le chaos permanent Les lieux des meurtres ne sont jamais sécurisés. Les policiers, les passants, les enfants marchent dans les champs, piétinent les preuves, déplacent les corps. À plusieurs reprises, on voit les enquêteurs arriver trop tard, courir dans la boue, glisser, crier. 👉 On se souvient notamment de ce corps retrouvé après une pluie battante, les vêtements trempés, la radio qui grésille à côté — déjà une scène brouillée, contaminée, irrattrapable. Ce désordre visuel crée une frustration : le spectateur comprend très tôt que la vérité est déjà perdue. 2. Park Doo-man et ses « intuitions » Park Doo-man est convaincu qu’il peut reconnaître un criminel en le regardant dans les yeux. Il parle souvent de son “instinct”, de sa capacité à “sentir” les choses. Il frappe les suspects, les humilie, les force à signer des aveux. On se souvient particulièrement de la scène où un suspect est battu dans les toilettes, pendant qu’un autre policier bloque la porte. 👉 Ces moments ne sont jamais héroïsés : ils sont filmés de façon sèche, presque gênante. La violence devient routinière, administrative. 3. L’arrivée de Seo Tae-yoon : l’espoir méthodique Quand l’inspecteur Seo arrive de Séoul, le film semble promettre une amélioration : Il mesure les distances. Il observe les blessures. Il collecte des indices. Il croit en l’analyse ADN. Il y a cette scène précise où il reconstitue le crime dans les champs, marchant lentement, comptant ses pas, essayant de comprendre le trajet du tueur. Mais peu à peu, son calme se fissure. Les preuves sont contaminées, les laboratoires sont dépassés, l’ADN met des années à arriver. 👉 La modernité arrive trop tard dans un système déjà cassé. 4. Le faux coupable : l’homme simple L’un des moments les plus douloureux du film est l’arrestation du jeune homme handicapé mental, obsédé par la musique et les femmes. Les policiers le forcent à avouer en lui dictant mot pour mot ce qu’il doit dire. Il répète mécaniquement, sans comprendre. 👉 Cette scène est insupportable parce qu’on voit clairement : que la police sait qu’il est innocent, mais qu’elle a besoin d’un coupable. La vérité devient secondaire face à la pression politique. 5. Le motif de la pluie et des nuits rouges Les meurtres ont lieu les nuits de pluie, quand une chanson passe à la radio. Cette idée obsède les enquêteurs. Il y a cette scène marquante où ils attendent sous la pluie, cachés, espérant surprendre le tueur — mais rien ne se passe. Ils observent un homme marcher seul, puis un autre, puis encore un autre. 👉 Le film installe un doute permanent : le tueur pourrait être n’importe lequel de ces hommes ordinaires. 6. La scène du tunnel / des rails Vers la fin, Seo devient incontrôlable. Il traque un suspect près d’un tunnel ferroviaire. On se souvient de cette tension extrême, du train qui passe, du bruit assourdissant, de la boue, du regard de Seo qui hésite entre tirer ou non. 👉 C’est le moment où le policier rationnel est prêt à devenir un meurtrier sans preuve. 7. La fin : le regard qui hante Des années plus tard, Park Doo-man est devenu représentant de commerce. Il retourne par hasard sur le lieu du premier meurtre. Une petite fille lui dit qu’un homme “ordinaire” est venu regarder le fossé, peu de temps auparavant. Quand Park se tourne vers la caméra, son regard n’est plus celui d’un policier, mais celui d’un homme vide, hanté. 👉 Ce regard semble demander au spectateur : « Et si tu l’avais croisé, toi aussi ? »
Film d'auteur complexe. Fin ouverte.
Noté 7/10 par Peter Manjai
Polar maîtrisé, le film brille par son atmosphère lourde et sa mise en scène précise. Bong Joon-ho dépeint une enquête chaotique portée par des policiers faillibles, loin des clichés héroïques. Le mélange de tension, d’absurde et de critique sociale fonctionne remarquablement bien. Le rythme parfois irrégulier peut freiner l’immersion sur la durée. Reste un film marquant, plus centré sur l’échec humain que sur la résolution du mystère
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