
Paterson
2016
•
Drame / Comédie
•
1h58
Lucas Blandinières a noté 8/10
Paterson est un film qui m’a énormément touché sans que je sache vraiment pourquoi. Il expose un quotidien d’une banalité totale, presque plate, et pourtant une poésie folle s’en dégage. Il m’a fait du bien. Le film s’intéresse à des choses minuscules : des routines, des bribes de conversations attrapées au vol, des situations sans enjeu apparent, des enseignes, des détails anodins mais toujours légèrement décalés. Des choses qui, en apparence, ne comptent pas… mais qui finissent par compter énormément. Adam Driver ne fait pas grand-chose, et c’est justement là que sa performance est superbe. Tout passe par les petits rictus, les regards, les silences, les commentaires anodins et les rituels. Il est ultra touchant dans cette retenue permanente. Le film traite aussi de la monotonie du couple sans jamais l’attaquer ni la juger. Laura est un personnage génial, très décalé, dans son monde, obsessionnelle du noir et blanc, à fond dans ses cupcakes, sa peinture, sa déco. Leur relation fonctionne dans une douceur constante. La poésie libre agit comme un fil rouge apaisant, elle aussi remplie de banalités, et s’intègre parfaitement au récit. Le film adopte souvent un ton comique absurde très subtil : la sur-représentation des jumeaux après le rêve de Laura, le fait que Paterson vive à Paterson et soit fan du recueil Paterson, ou encore ces petites idées étranges qui nourrissent le film sans jamais appuyer. Jarmusch s’attache aussi à montrer les artistes de la ville, comme une volonté de la valoriser. Marvin, le bouledogue anglais, est filmé de manière si expressive qu’il devient un personnage central. La mise en scène est simple mais très belle, la musique discrète accompagne parfaitement l’ensemble, et l’atmosphère contemplative est extrêmement apaisante. C’est assez admirable de réussir à faire un film aussi riche et intéressant avec autant de platitude apparente. C’est brillant.
Avis de la communauté
Opinion du public
262 avis
7,7/10
4,1/5
Presse3,6/5
Spect.Les avis sur ce film révèlent une appréciation pour son traitement poétique et authentique de la vie quotidienne, bien que certains trouvent le rythme lent et répétitif. Les performances d'Adam Driver et Golshifteh Farahani sont souvent saluées, tout comme la capacité du film à capturer la beauté dans la simplicité. Cependant, la lenteur narrative et le manque d'action explicite peuvent ne pas plaire à tous.
👍 Beauté poétique de la vie quotidienne.
👎 Peut sembler lent et répétitif.
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Synopsis
Une calme observation des triomphes et des défaites de la vie quotidienne à travers une poésie évidente dans ses moindres détails.
Avis et Commentaires
86 avisPaterson est un film qui m’a énormément touché sans que je sache vraiment pourquoi. Il expose un quotidien d’une banalité totale, presque plate, et pourtant une poésie folle s’en dégage. Il m’a fait du bien. Le film s’intéresse à des choses minuscules : des routines, des bribes de conversations attrapées au vol, des situations sans enjeu apparent, des enseignes, des détails anodins mais toujours légèrement décalés. Des choses qui, en apparence, ne comptent pas… mais qui finissent par compter énormément. Adam Driver ne fait pas grand-chose, et c’est justement là que sa performance est superbe. Tout passe par les petits rictus, les regards, les silences, les commentaires anodins et les rituels. Il est ultra touchant dans cette retenue permanente. Le film traite aussi de la monotonie du couple sans jamais l’attaquer ni la juger. Laura est un personnage génial, très décalé, dans son monde, obsessionnelle du noir et blanc, à fond dans ses cupcakes, sa peinture, sa déco. Leur relation fonctionne dans une douceur constante. La poésie libre agit comme un fil rouge apaisant, elle aussi remplie de banalités, et s’intègre parfaitement au récit. Le film adopte souvent un ton comique absurde très subtil : la sur-représentation des jumeaux après le rêve de Laura, le fait que Paterson vive à Paterson et soit fan du recueil Paterson, ou encore ces petites idées étranges qui nourrissent le film sans jamais appuyer. Jarmusch s’attache aussi à montrer les artistes de la ville, comme une volonté de la valoriser. Marvin, le bouledogue anglais, est filmé de manière si expressive qu’il devient un personnage central. La mise en scène est simple mais très belle, la musique discrète accompagne parfaitement l’ensemble, et l’atmosphère contemplative est extrêmement apaisante. C’est assez admirable de réussir à faire un film aussi riche et intéressant avec autant de platitude apparente. C’est brillant.
Magnifique! Ça donne envie d’écrire! C’est doux, mélancolique sans jamais être une complainte! Et les poèmes de Ron Padgett sont troublants de simplicités!
Une ode à l’anti-spectaculaire. Un film brillant par son insignifiance. Et de la poésie. À voir.
Un chauffeur de bus, poète, électeur, assidu avec Adam Driver. Un vrai joli moment.
Qu'est-ce que c'est long ce début... une longue intro(spection) d'une heure. Mais ça vaut la peine d'attendre. Ces 1h résument toute la tention et tous les espoirs silencieux et déjà déçus du personnage, qui se rassure de cette petite ville repetitive et tranquille. Et ça suffit largement peut-être ? Puisque de cette vie naissent ces poèmes. Il lui aura suffit d'être reconnu par un homologue japonais pour le convaincre de poursuivre l'écriture et donc de poursuivre sa vie.
Le quotidien sans romance ni fioriture, les jours se répètent inlassablement et on observe les rituels de Patterson qui ont l’air de le combler de bonheur au vu des poèmes d’amour qu’il écrit pour sa compagne Laura. À noter le rapport aux jumeaux dans le film, thématique qui revient énormément, et la fin du film où Marvin leur bulldog anglais déchiquette son carnet de poèmes. Ici le quotidien est raconté sans être enrobé, sans mentir et une douceur immense se dégage de ce couple et leur vie banale. Seul bémol : la lenteur du film qui le rend parfois un peu dur à suivre





