
Sons of Philadelphia
2020
•
Policier
•
1h45
Lucas Blandinières a noté 8/10
Sons of Philadelphia est un film qui avance à bas bruit, presque à contre-courant du polar criminel classique. Tout repose sur une atmosphère lourde, étouffante, et sur des personnages rongés de l’intérieur plutôt que sur l’action pure. Matthias Schoenaerts y est remarquable. Il incarne Peter avec un mutisme habité, une retenue permanente qui frôle parfois la frustration tant le personnage semble incapable d’agir. Tout passe par les regards, les silences, les hésitations. On sent chez lui un poids intérieur immense, une violence contenue qui ne demande qu’à éclater. La séquence finale agit alors comme un véritable soulagement, une libération brutale après une longue suffocation. Face à lui, Joel Kinnaman est absolument détestable, et c’est précisément ce qui le rend si efficace. Son Michael est un tyran sans empathie, une figure de domination froide et cruelle, dépourvue de toute humanité. Il incarne une violence gratuite, incontrôlable, qui contamine tout ce qu’elle touche. La relation entre Peter et Michael est le cœur du film. Peter éprouve pour son cousin un respect presque aveugle, mêlé de dette morale depuis que la famille de Michael l’a recueilli après la mort de ses parents. Il s’efface, se place en retrait, tout en assistant impuissant à la dérive morale de Michael, qui repousse sans cesse les limites de la cruauté. Peu à peu, Peter ne reconnaît plus l’homme avec qui il a grandi, et ce décalage devient insoutenable. Le personnage de Grace apporte une respiration bienvenue. Elle incarne la possibilité d’un avenir différent, plus apaisé, et introduit une dimension sentimentale dans cet univers froid et violent. À travers elle, le film suggère ce que Peter pourrait être s’il parvenait à s’extraire de ce milieu. Les dialogues sont souvent sourds, sans véritable résolution, et participent à cette sensation de malaise constant. L’absence quasi totale de musique renforce encore le poids des scènes, laissant les silences et les non-dits occuper tout l’espace. L’atmosphère sombre et pesante est tenue avec très peu d’artifices, un équilibre difficile que le film parvient pourtant à maintenir jusqu’au bout. Les flashbacks d’enfance, simples dans leur forme, fonctionnent très bien. Ils permettent de mieux comprendre l’intériorité de Peter et donnent une épaisseur supplémentaire à son dilemme. Malgré une action très limitée et l’absence quasi totale de fusillades, le film reste captivant, porté par la tension morale plutôt que par le spectaculaire. La séquence finale intervient comme un choix contraint, celui d’une violence devenue rationnelle face à un homme incontrôlable. C’est une décision brutale, qui hantera Peter, mais qui semble inévitable. Sons of Philadelphia est ainsi un film construit sur peu d’éléments, mais qui parvient avec une grande justesse à recréer un environnement criminel crédible et à imposer une atmosphère oppressante du début à la fin.
Avis de la communauté
Opinion du public
48 avis
7,4/10
3,4/5
Presse2,5/5
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Synopsis
Une histoire de famille, d'amitiés et de trahison dans le monde violent de la pègre à Philadelphie.
Avis et Commentaires
8 avisSons of Philadelphia est un film qui avance à bas bruit, presque à contre-courant du polar criminel classique. Tout repose sur une atmosphère lourde, étouffante, et sur des personnages rongés de l’intérieur plutôt que sur l’action pure. Matthias Schoenaerts y est remarquable. Il incarne Peter avec un mutisme habité, une retenue permanente qui frôle parfois la frustration tant le personnage semble incapable d’agir. Tout passe par les regards, les silences, les hésitations. On sent chez lui un poids intérieur immense, une violence contenue qui ne demande qu’à éclater. La séquence finale agit alors comme un véritable soulagement, une libération brutale après une longue suffocation. Face à lui, Joel Kinnaman est absolument détestable, et c’est précisément ce qui le rend si efficace. Son Michael est un tyran sans empathie, une figure de domination froide et cruelle, dépourvue de toute humanité. Il incarne une violence gratuite, incontrôlable, qui contamine tout ce qu’elle touche. La relation entre Peter et Michael est le cœur du film. Peter éprouve pour son cousin un respect presque aveugle, mêlé de dette morale depuis que la famille de Michael l’a recueilli après la mort de ses parents. Il s’efface, se place en retrait, tout en assistant impuissant à la dérive morale de Michael, qui repousse sans cesse les limites de la cruauté. Peu à peu, Peter ne reconnaît plus l’homme avec qui il a grandi, et ce décalage devient insoutenable. Le personnage de Grace apporte une respiration bienvenue. Elle incarne la possibilité d’un avenir différent, plus apaisé, et introduit une dimension sentimentale dans cet univers froid et violent. À travers elle, le film suggère ce que Peter pourrait être s’il parvenait à s’extraire de ce milieu. Les dialogues sont souvent sourds, sans véritable résolution, et participent à cette sensation de malaise constant. L’absence quasi totale de musique renforce encore le poids des scènes, laissant les silences et les non-dits occuper tout l’espace. L’atmosphère sombre et pesante est tenue avec très peu d’artifices, un équilibre difficile que le film parvient pourtant à maintenir jusqu’au bout. Les flashbacks d’enfance, simples dans leur forme, fonctionnent très bien. Ils permettent de mieux comprendre l’intériorité de Peter et donnent une épaisseur supplémentaire à son dilemme. Malgré une action très limitée et l’absence quasi totale de fusillades, le film reste captivant, porté par la tension morale plutôt que par le spectaculaire. La séquence finale intervient comme un choix contraint, celui d’une violence devenue rationnelle face à un homme incontrôlable. C’est une décision brutale, qui hantera Peter, mais qui semble inévitable. Sons of Philadelphia est ainsi un film construit sur peu d’éléments, mais qui parvient avec une grande justesse à recréer un environnement criminel crédible et à imposer une atmosphère oppressante du début à la fin.
Rythme lent Histoire déjà vu Super acteur

