The Long Walk
Indyguich rated ★ 7/10
The Long Walk 2025 | 1h 48min | vu sur Apple TV | le 9/02/2026 🌕🌕🌕🌗🌑 Présentation : Marche ou crève (The Long Walk) est un film américain réalisé par Francis Lawrence et sorti en 2025. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom de Stephen King, publié en 1979 sous le pseudonyme de Richard Bachman. Ce que j’en pense : En dehors du fait que je savais qu’il s’agissait de l’adaptation d’un roman de Stephen King — dont j’avais connaissance, étant passionné par l’univers littéraire de l’auteur — je n’ai en revanche jamais lu ce livre et ne disposais que d’une faible dose d’informations à son sujet. Le film a failli voir le jour sous la casquette de Frank Darabont, à qui l’on doit entre autres trois adaptations fabuleuses de Stephen King — Les Évadés, La Ligne verte, The Mist. L’histoire en décidera autrement puisque c’est Francis Lawrence qui se retrouve aux commandes. C’est un métrage intense, psychologiquement et physiquement. J’ignore si le film est fidèle au roman et s’il lui rend justice, mais je le trouve réussi. C’est plutôt difficile à regarder, dans le bon sens du terme. Si l’on est une âme un peu trop sensible, je pense qu’on peut avoir du mal à tenir la cadence. C’est, pour ma part, ce qui fait l’efficacité du film : on ressent la fatigue et le malaise permanents, malgré mon sentiment que cela aurait pu être encore plus intense. D’autre part, la réalisation est plutôt réussie dans la mesure où le récit a tous les ingrédients pour être ennuyeux à suivre. En effet, on suit des protagonistes qui ne font que marcher. Autant dire qu’il faut bien gérer la mise en scène, les dialogues et la dynamique des situations pour ne pas perdre l’attention du public. Personnellement, je ne me suis jamais ennuyé. Je reste toujours friand des adaptations de Stephen King ; Marche ou crève s’ajoute à la liste — arbitrairement nommée — des « bonnes adaptations ». Belle initiative de ne proposer que des acteurs peu connus, pour lesquels on s’identifie facilement. J’ai vraiment aimé le petit groupe qui se lie et qui s’explore, chacun à sa manière ; c’est une autre forme de longue marche, celle de l’introspection. Bien qu’étant satisfait par le film, je regrette qu’il n’aille pas au bout de la torture physique que représente cette longue marche de plusieurs jours. J’aurais aimé que ce soit encore plus dérangeant et jusqu’au-boutiste pour soutenir le propos. Pouvoir ressentir la douleur exponentielle que traversent les jeunes gens. C’est suggéré plusieurs fois sans vraiment être montré frontalement. On imagine l’état des chaussures, le saignement des pieds, la transpiration, les crampes, l’endolorissement des muscles des jambes, des chevilles, etc. L’esprit qui divague, le manque de sommeil… Je trouve que ce n’est pas assez exploité. Nul doute que, dans le livre, Stephen King doit s’en donner à cœur joie. Conclusion : Marche ou crève révèle de nombreuses qualités en tant qu’adaptation, mais c’est aussi une façon d’opposer l’état actuel, presque totalitariste, de la politique des États-Unis. Par-delà son récit de futur dystopique, difficile de ne pas y voir une critique sociale et politique.