La Grazia - Cover

La Grazia

2025

Drama

2h13

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8.0/10

SS

Sylvie Sauvage rated ★ 8/10

Le film déploie une fresque à la fois somptueuse et mélancolique, où la quête de grâce dans un monde désenchanté touche à l’universel. Chaque plan respire la beauté, mais c’est surtout la puissance émotionnelle — sourde, élégiaque — qui laisse une empreinte durable, presque sacrée. A six mois de la fin de son mandat, le président italien Mariano De Santis doit signer une loi sur l’euthanasie et statuer sur la grâce de deux détenus purgeant de lourdes peines, en l’occurrence une femme ayant assassiné son mari dont elle subissait les pires violences et un homme ayant étranglé sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer. Sa fille et conseillère le presse. Il hésite, tergiverse, demande encore du temps. Ces deux-là sont juristes de formation. Cela pourrait créer des liens, mais le climat entre eux relève plutôt du duel à fleuret moucheté. Elle lui inflige des menus à base de quinoa. Il fume des cigarettes en cachette. Il doute, ce qui est rare à notre époque. Au soir de son existence, Mariano a d’autres préoccupations que ses derniers dossiers. Il ne s’est pas remis de la mort de sa femme adorée voici huit ans. Une question le taraude. Avec qui Aurora l’a-t-elle trompé quarante ans avant ? C’est le moment de savoir. Sa plus vieille amie, qui lui présenta Aurora, ne lâche pas le morceau. Ceux qui le surnomment « Béton armé » n’imaginent pas les failles et la solitude de ce président bientôt à la retraite. A qui pourrait-il se confier ? Ses souvenirs sont ses meilleurs amis. Le film est d’une exquise drôlerie et d’une tristesse insondable. Il mélange poésie et cocasse, émotion et ironie noire avec un talent qui n’appartient qu’au réalisateur. Un an après son magnifique « Parthenope », Paolo Sorrentino signe une méditation mélancolique superbement portée par son acteur-fétiche Toni Servillo. A son habitude, le réalisateur de « La Grande Bellezza » s’autorise d’heureuses digressions. On voit passer un pape noir à dreadlocks. De Santis, amoureux de musique classique, se met à écouter du rap. Le sens du cadrage du cinéaste magnifie chaque plan. Rien n’est banal devant sa caméra. La beauté circule à flux tendus entre les images. Son art du décalage – jusque dans l’utilisation de la musique – et de la rupture de ton fait merveille. Evidemment, la grâce dont il est question dans le titre ne désigne pas que celle octroyée par la fonction présidentielle. On la retrouve dans le regard d’un cheval qui agonise, dans un air de violon, dans des paysages couverts de brouillard, dans la larme en apesanteur d’un astronaute. « La grâce, c’est la beauté du doute. » La scène finale montre un homme arrivé au sommet mais confronté à la vacuité du pouvoir. Les décisions qu’il doit prendre (euthanasie, meurtres atténués) l’obligent à reconnaître que : • La loi ne suffit pas à juger la vie. • La justice est imparfaite sans miséricorde. La scène finale fonctionne alors comme une désacralisation de l’État. Le chef d’État redevient un homme face à la mort. Tout le film tourne autour de la mort : • Mort de son épouse. • Fin de vie des malades (euthanasie). • Meurtres commis “par amour” ou désespoir. La fin suggère que la confrontation répétée à la mort produit une illumination. Comprendre la fragilité humaine rend le pardon possible. La “grâce” devient alors un acte de lucidité et non pas une démarche de faiblesse. Le président comprend que la larme de la scène dans la fusée n’est pas tristesse pure : • Elle contient de la joie. • De l’émerveillement. • Une nostalgie de l’infini. C’est pour cela que l’astronaute rit ensuite : la larme vient d’une joie intense face au sublime. Être bouleversé par quelque chose de plus grand que soi. S’ouvrir émotionnellement.

Synopsis

Le mandat du président Mariano De Santis touche à sa fin. Surnommé «Cemento Armato» (béton armé) pour sa nature insoluble et son approche trop prudente de la politique, il est devenu seul dans les salles en écho du palais présidentiel, pleurant la perte de sa femme et écoutant le hip-hop. Avant de retourner dans la vie civile, De Santis doit prendre une série de décisions audacieuses - une paire de pardons présidentiels et un projet de loi révolutionnaire de politique - qui cimentera son héritage.

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Community Reviews

Viewers are captivated by Paolo Sorrentino's film, which masterfully blends melancholy and humor through the life of an Italian president at the end of his term. The film's poignant narrative, coupled with Toni Servillo's compelling performance, explores themes of grace, mortality, and personal legacy with a mix of emotional depth and visual beauty. While some find the pacing slow, the majority appreciate the film's aesthetic finesse and philosophical undertones.

👍 Emotional depth and visual beauty

👎 Pacing may be slow for some

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