
Memoirs of a Geisha
2005
Drama / Romance
2h25
Thomas le vaillant rated ★ 5/10
Rob Marshall • 2006 • 2h25 • avec Ken Watanabe, Ziyi Zhang, Michelle Yeoh, Gong Li. En 1929, une fillette de la campagne est vendue par ses parents, démunis et malades, à un trafiquant d'enfants qui la place comme servante dans une maison de geishas de Kyoto. Cette Cosette nippone subit les cruautés et mesquineries d'une patronne près de ses sous et de la fourbe Hatsumomo, geisha très prisée. En grandissant, la gamine abdique tout espoir de retrouver sa famille, mais se forge un idéal : revoir l'homme qui lui a un jour insufflé la force de sublimer sa détresse pour tenter de devenir geisha. Grâce à la complicité d'une rivale d'Hatsumomo, elle va se plier à tous les rites d'initiation et acquérir un statut envié. Les hommes les plus puissants du Japon n'ont plus d'yeux que pour elle, ce qui provoque la fureur de sa rivale détrônée (Le Monde du 28 février). Ce film nous arrive précédé de polémiques parfois surprenantes. On lui reproche d'avoir privilégié deux intrigues : l'histoire d'un amour contrarié (l'héroïne soupire secrètement pour un homme d'affaires aux ordres du patron auquel elle est destinée) et le crêpage de chignons entre la geisha vieillissante (qui n'a jamais su faire abstraction de ses sentiments) et cette docile jeune beauté (qui résiste aux humiliations et apprend à faire son deuil de ses états d'âme). Cela au détriment de la description des apprentissages des arts de la danse, du chant, de la conversation et de la séduction (une geisha doit savoir faire chavirer un coeur d'un battement d'éventail, "mettre un homme à genoux d'un coup d'oeil") . Il est vrai que la lutte entre les deux femmes occupe une bonne partie du film. Elle illustre métaphoriquement un passage de relais entre Gong Li (dont la prestation est la plus époustouflante, peut-être parce qu'elle ne campe pas une méchante caricaturale mais qu'elle est aussi fragile et émouvante que jalouse et mauvaise perdante) et Zhang Ziyi, nouvelle star du cinéma asiatique. Mais Mémoires d'une geisha est adapté d'un livre à succès articulé sur ces deux pôles dramatiques, et Rob Marshall (qui a repris un projet un temps caressé par Steven Spielberg) est un homme de Broadway, auteur de Chicago, duquel il ne fallait pas espérer un documentaire sur la façon de s'asseoir, de servir le thé, ou le tissage du kimono. On n'est pas surpris non plus de voir privilégier pudeur et tremblements à tout dévoilement de chair nue ni de constater que ces geishas sont dépeintes comme plus artistes que vénales, ni épouses ni concubines, ni putes ni soumises (en dépit d'une scène sans ambiguïté où la virginité de l'héroïne est mise aux enchères). Le pudibond Hollywood noie les corps de ses pretty women sous les maquillages, les costumes brodés, les pétales de cerisier, les reflets de couleurs, les éclairages. VIEILLES RANCUNES Les critiques japonais comptent maints détails erronés dans ce grand spectacle et ne se privent pas de déplorer que des symboles de la féminité du pays du Soleil-Levant soient incarnés par les Chinoises Zhang Ziyi et Gong Li et la Malaisienne Michelle Yeoh. Mais ce sont les autorités chinoises qui l'ont interdit de sortie pour protester contre une distribution jugée dégradante. On estime scandaleux à Pékin que des actrices chinoises interprètent des courtisanes japonaises. On a oublié à Shanghaï que la cité fut le royaume de la prostitution. Les deux pays règlent surtout de vieilles rancunes nationalistes. Il est évident que, sauf à mettre au rebut une bonne partie de l'histoire du cinéma, ce débat sur l'identité des actrices est ridicule. Mieux vaut certes faire jouer l'empereur Hirohito par un Japonais (comme dans le film de Sokourov - voir page 25) et le dernier maître de la Cité interdite par un Chinois (comme dans Le Dernier Empereur, de Bertolucci). Faut-il pour autant faire abstraction du talent des comédiens à transcender un personnage ? Faut-il nier à Hollywood tout droit de faire jouer Jules César par Marlon Brando, Moïse par Charlton Heston, Spartacus par Kirk Douglas, Mozart par Tom Hulce, Gandhi par Ben Kingsley ? Il se trouve que, dans Mémoires d'une geisha, les actrices sont plutôt irréprochables, et que l'on n'essaye pas de glisser un clone de Michael Moore dans un combat de sumo. Oui, les personnages parlent anglais ; oui, c'est un film lisse, décoratif, parfois grandiloquent, pour tous publics. On voit, régulièrement, pires divertissements. LE MONDE • Par Jean-Luc Douin • le 28 février 2006.
Synopsis
In the years before World War II, a penniless Japanese child is torn from her family to work as a maid in a geisha house.
Watch online
Community Reviews
Viewers are captivated by 'Memoirs of a Geisha,' praising its stunning visuals, meticulous attention to cultural detail, and powerful performances. The film's portrayal of the geisha lifestyle and its historical backdrop fascinates many, offering a deep dive into a unique aspect of Japanese culture. However, some find the American perspective and English dialogue slightly jarring, despite the overall authenticity and beauty of the film.
👍 Stunning visuals and deep cultural portrayal
👎 American perspective and English dialogue may distract




