
Blue Moon
2025
History / Drama
1h40
Sylvie Sauvage rated ★ 7/10
« Blue Moon » suit Lorenz Hart, célèbre parolier de Broadway, au cours d’une seule nuit décisive : le 31 mars 1943, lors de la première de la comédie musicale Oklahoma! — le premier grand succès de son ancien partenaire, Richard Rodgers, désormais associé avec Oscar Hammerstein II.  Alors que la soirée bat son plein dans le bar Sardi’s à New York, Hart, alcoolique tourmenté et en proie à ses propres blessures, tente de masquer son amertume et son sentiment d’être laissé derrière. Il oscille entre sarcasmes, humour grinçant et confidences lourdes de sens, tout en affrontant la réalité de son déclin professionnel et affectif.  Parallèlement, Hart nourrit une attirance non réciproque pour Elizabeth Weiland, une jeune étudiante ambitieuse, incarnant à la fois l’espoir et sa frustration.  Le film explore ainsi, presque en temps réel et avec une grande intimité, la solitude, la jalousie, l’identité artistique et le besoin d’être reconnu, sur fond de succès éclatant d’un monde du spectacle qui ne veut plus de lui.  L’élément le plus marquant du film reste sans conteste la prestation de l’acteur principal. Il porte le film presque à lui seul, donnant chair à un personnage complexe, fragile et parfois insaisissable. Les points forts de la performance 1. Une intensité maîtrisée L’acteur parvient à transmettre une palette d’émotions très nuancée. Les silences, les regards, les micro-expressions parlent souvent plus fort que les dialogues. On sent une véritable intériorité, une tension contenue qui affleure à chaque scène clé. 2. Une présence magnétique à l’écran Même dans les moments plus statiques, il capte l’attention. Son jeu repose moins sur l’excès que sur la retenue, ce qui renforce la crédibilité du personnage. Il habite l’espace avec naturel, sans jamais donner l’impression d’en faire trop. 3. Une sincérité palpable Son interprétation évite le pathos facile. Il incarne la vulnérabilité avec justesse, rendant les failles du personnage profondément humaines et touchantes. Les points plus discutables 1. Un texte parfois trop chargé Le principal bémol ne tient pas tant à son jeu qu’au matériau qu’il doit défendre. Le film souffre par moments d’un excès de verbiage. Les dialogues, parfois trop explicatifs ou philosophiques, alourdissent certaines scènes et limitent l’impact émotionnel. On sent que l’acteur doit parfois porter des tirades qui auraient gagné à être plus concises. 2. Un déséquilibre entre parole et présence Dans certaines séquences, la densité des dialogues réduit l’espace laissé au jeu corporel et aux silences, pourtant là où l’acteur excelle. Le film aurait probablement été encore plus puissant en lui laissant davantage de respiration. Conclusion La prestation de l’acteur principal constitue la véritable force de « Blue Moon ». Il insuffle profondeur et crédibilité à un personnage exigeant, même lorsque le scénario tend vers l’emphase. Si le film avait fait preuve d’un peu plus de retenue dans l’écriture, son interprétation aurait gagné en impact et en subtilité.
Synopsis
Lors de la soirée du 31 mars 1943, le célèbre parolier Lorenz Hart broie du noir au bar Sardi, pendant que son ex-collaborateur Richard Rodgers célèbre la première de sa comédie musicale à succès Oklahoma !




