La zone d'intérêt
2023
•
Drame / Historique
•
1h45
Isabelle Roche Hugues a noté 9/10
Le commandant d'Auschwitz Rudolf Höss et son épouse Hedwig réalisent sur un terrain directement adjacent au mur du camp leur vision d'une vie de rêve avec une famille nombreuse, une maison et un grand jardin. Cependant, lorsque Rudolf doit être muté à Oranienburg, leur petite vie idéale menace de s'effondrer et il cache l'information à son épouse. Quand Hedwig l'apprend, elle refuse de quitter sa maison de rêve… Dans la première scène de « La Zone d’Intérêt » (Jonathan Glazer), adaptation du roman du même nom signé Martin Amis, on découvre la baignade bucolique et joyeuse d’une famille allemande et de leurs enfants au bord d’une rivière, en plein été. Mais lorsqu’ils regagnent leur coquette maison, stupeur : elle est littéralement adossée au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, où moururent plus de 1,1 million de personnes, dont près d’un million de Juifs, au cours de la Seconde Guerre mondiale. La « Zone d’intérêt », c’est le terme qui désignait dans le langage du nazisme, la zone de 40 km2 qui entourait le camp d’Auschwitz, en Pologne. La famille Höss a vraiment existé, et a effectivement vécu plusieurs années à cet endroit, entre 1940 et 1944. Le père de famille, le lieutenant-colonel Rudolf Höss, fut un instrument zélé de la « solution finale ». Jugé et pendu en 1947, il n’exprima jamais le moindre remords, ni au cours de son procès, ni dans ses mémoires. En montrant le quotidien de cette famille, sa vie domestique, les fêtes et le jardin fleuri, et en laissant le camp hors champ (on ne voit jamais ce qui s’y produit même si la bande-son permet de l’imaginer), Glazer opte pour un point de vue glaçant qui invite à s’interroger sur la banalité du mal, mais aussi sur notre propre capacité de déni. Nous avons rencontré Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme et auteur de « La loi du sang ; penser et agir en nazi » (2020), afin qu’il nous livre son analyse de ce film dérangeant et oppressant. Un parti pris de réalisation qui renforce le malaise avec une bande son exceptionnelle
Avis de la communauté
Opinion du public
4.8k avis
7,2/10
4,1/5
Presse3,7/5
Spect.Les avis sur 'La Zone d'intérêt' révèlent un film puissant et dérangeant qui explore la vie quotidienne d'une famille nazie à côté d'Auschwitz. La réalisation est saluée pour son approche originale, utilisant principalement le son pour suggérer l'horreur, créant une atmosphère oppressante. Bien que le rythme lent et le manque d'action directe aient été critiqués, l'impact émotionnel et la réflexion suscitée sont profondément ressentis par les spectateurs.
👍 Approche sonore unique pour évoquer l'horreur.
👎 Peut être perçu comme lent et manquant d'action.
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Synopsis
Seconde Guerre mondiale. L'histoire d'amour compliquée entre un officier nazi et la femme d'un kapo. Ce dernier tente de contourner l'horreur génocidaire mais il commence à avoir des soupçons envers son épouse.
Avis et Commentaires
2078 avistrès pesant, un peu longuet mais on y repense beaucoup premier film qui me fait autant réaliser l’horreur de ce qui s’est passé j’en avais pas vu beaucoup
Pour moi un des meilleurs films jamais réalisés. La banalisation du mal à l’écran. On en vient même à se poser la question du seul sens qu’on j’imagine pas : l’odorat. Comment est-il possible de vivre sa vie de famille et de feter cette ascension sociale à côté de l’horreur absolue. Et pour le coup la real facon telerealité est vraiment bien pensée.
Film très malaisan il questionne sur l arme humaine. Il met mal à l aise. Mais très lent. Il n'y a pas i action.
Le film mise sur le hors-champ total : des bruits étouffants et stridents qui mettent mal à l’aise et suggèrent l’horreur sans jamais la montrer. Cette ambiance sonore pèse parfois plus fort que l’image. On suit la routine glaciale de la famille Höss, si banale qu’on en oublie presque qui est Rudolf Höss, ce qui rend le contraste encore plus troublant. Cette normalité collée à Auschwitz est le véritable choc du film. Mais ce parti pris radical laisse aussi un sentiment de vide : narration minimale, émotion souvent distante, abstraction qui divise. Une idée puissante, une expérience marquante, mais pas totalement aboutie… ou peut-être tout simplement mal comprise de ma part.
beau message, mais pour un court métrage.
Magnifique interprétation de Sandra Huller


