Peaches Goes Bananas
2025
•
Documentaire / Music
•
1h13
Vincent a noté 4/10
Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours confondu le groupe Peaches avec les Yeah Yeah Yeahs. Probablement parce que les deux formations ont connu un essort durant la même période et comptaient des chanteuses féministes ? 🤷🏻 Dans tous les cas les styles musicaux sont bien différents et j’aurais largement préféré voir un documentaire du deuxième groupe. Le film apporte quelques éléments de vie sincères notamment avec la soeur de la chanteuse et des bouts de live assez intéressants mais je trouve que sur l’ensemble on apprend pas tellement de la vie du groupe ou de sa chanteuse. Et vraiment, ce n’est qu’un point de vue subjectif mais filmer l’entièreté du film en mode caméra au point c’est juste carrément gerbant au bout d’un moment…
Avis de la communauté
Opinion du public
3 avis
6,0/10
3,0/5
Presse2,4/5
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Synopsis
Le portrait intime de la chanteuse et performeuse Peaches. Merrill Beth Nisker de son vrai nom, Peaches a quitté son domicile et son travail d’institutrice au Canada avec l’ambition de se faire un nom dans le Berlin Underground, en alliant sexe, punk et le doux souvenir de la période florissante du début des années 80, quand le disco redevint underground.
Avis et Commentaires
2 avisPendant 17 ans, Marie Losier a suivi la chanteuse Peaches, icône queer et féministe à la créativité explosive qui a fait voler en éclats tous les tabous. De la scène, sur laquelle elle s’engage corps et âme dans des concerts hallucinants, à sa vie intime, notamment sa relation avec sa sœur, atteinte d’une maladie dégénérative, ce portrait montre à quel point Peaches a transformé chacun des pans de sa vie pour en faire une œuvre d’art fascinante. Après le très remarqué La Ballade de Genesis et Lady Jaye (2011), qui retraçait le parcours étonnant du couple d’artistes, la française Marie Losier, habituée des documentaires sur des figures emblématiques de l’underground, revient. Elle signe ici un film ébouriffant et libre de tout cadre, sur une chanteuse qui l’est tout autant. Que se cache-t-il derrière ce corps difforme et joyeux, aux nombreuses mamelles et aux cheveux hirsutes, qui danse sous les éclats des éclairages violets et roses ? Il s’agit de Merrill Nisker, une artiste punk canadienne mieux connue sous le nom de Peaches et dont la chanson la plus célèbre annonce le programme : Fuck the pain away ! Tristesse et mélancolie semblent bien être chassées par les quelques coups de bassin audacieux que Peaches réalise sous les acclamations du public, tant le portrait que Marie Losier fait de l’artiste est empli d’énergie, de voracité et de joie. Utilisant dix-sept ans d’images d’archives filmées sur le long cours, Marie Losier fait s’entremêler plusieurs strates, des extraits de concerts aux films de coulisse. On y voit à la fois des images récentes qui posent la question du vieillissement de la femme artiste, et des archives, qui révèlent le visage de Peaches avant Peaches. C’est que l’artiste ne cesse de changer de costumes et de masques. Comment dès lors comprendre la nature de son visage ? The lover gaze On pourrait penser que le principe directeur du film est de déshabiller la musicienne de ces masques et de ces parures – elle apparaît d’ailleurs tout d’abord en sous-vêtement, lors d’un shooting – pour enfin saisir sa vraie nature. On y touche peut-être lorsque Marie Losier laisse voir des images d’archives ... Marie Losier signe un portrait au long cours, entre exaltation des tournées et vie familiale, qui éclaire une figure majeure du rock indépendant de ces 30 dernières années : Peaches. C’est au début du tournage de son documentaire La Ballade de Genesis et Lady Jay, sorti en 2011, que Marie Losier rencontre au détour d’un couloir Peaches, qu’elle suivra par fragments pendant dix-sept ans. La cinéaste plonge dans la frénésie des tournées européennes de la star electro-punk-rock-queer avec des plans backstage qui réjouiront les fans de la photographe Nan Goldin (autrice de The Ballad of Sexual Dependency, un titre en rappelle un autre…). Avec ces papiers peints fleuris, ces grands miroirs, ces corps féminins de tous âges qui déambulent, Peaches et sa vulve géante sur la tête, Marie Losier propose une réjouissante version féminine des documentaires de groupes de rock masculins des années 1970 – assortie d’une réflexion sur l’identité de genre, omniprésente dans son cinéma. Munie de son outil de prédilection, la caméra 16 mm, la réalisatrice compose merveilleusement avec l’urgence, l’intime et la liberté et donne à son documentaire une forme punk qui se fond parfaitement avec son sujet. Porté par la texture en peau de pêche de la pellicule, le film baigne tout entier dans une atmosphère de douce effervescence. La cinéaste capte, entre autres, la relation d’amour et de bienveillance qu’entretient l’artiste avec sa sœur atteinte de sclérose en plaques ou encore sa vie de couple avec son compagnon qui, ni vu ni connu pendant une partie de ping-pong, lui fait peut-être l’une des plus jolies déclarations d’amour vues cette année au cinéma : “Je t’aime, j’aime tes fesses, j’aime ton minou-minou, j’aime tout ton être, maladroit, canadien, original, contrasté, futile et chiant.” FUCK THE PAIN AWAY par Alexandre Moussa Le premier exploit de Peaches Goes Bananas, dernier portrait d’artiste de la documentariste Marie Losier après les remarqués The Ballad of Genesis and Lady Jaye (2011) et Cassandro the Exotico ! (2018), c’est déjà la longévité inattendue de la carrière de Merrill Nisker, alias Peaches, figure provocatrice associée de manière indélébile au boom electroclash de la fin des années 1990. Tandis que beaucoup de ses pairs (de Fischerspooner à ADULT en passant par Miss Kittin & The Hacker) ont vu leur aura décliner au fil des ans, l’artiste canadienne a réussi à s’imposer durablement à la lisière de la pop (elle a enregistré des duos avec P!nk et Christina Aguilera) et de l’underground, sans doute moins grâce à ses disques parfois un poil répétitifs que par sa persona exubérante et ses performances scéniques de plus en plus spectaculaires. Cette longévité semble surprendre Peaches elle-même, attentive depuis ses débuts à la conservation d’archives filmées de son parcours. Ces dernières constituent l’une des matières premières du film de Losier, tourné en pointillés sur près de dix-sept ans (à partir de leur rencontre en 2006, à l’occasion du tournage de Genesis and Lady Jaye). L’intérêt du travail de Marie Losier n’est cependant pas de s’attacher à la reconstitution emphatique de la dynamique d’une carrière, mais de privilégier un contraste permanent entre continuité et discontinuité. Son approche fragmentaire lui permet d’esquisser le portrait cohérent d’une personnalité singulière sans céder à une ambition totalisante. Le film se présente d’emblée sous une forme éclatée, directement liée à la méthode de travail de la cinéaste, qui tourne le plus souvent seule en 16mm muet : le nombre de prises est limité par la quantité de bobines disponibles et la durée des plans se voit nécessairement restreinte (trois minutes d’enregistrement possible tout au plus). Si un son témoin est enregistré sur le tournage, la bande son est ensuite complètement réinventée en post-production. Aux images en pellicule de Losier s’entremêlent en outre les archives personnelles de Peaches, pour la plupart filmées en vidéo. Entre les plans brefs, les brusques sautes d’image, les constants allers-retours temporels et l’aspect ludique du travail sur le son (des séquences semblant de prime abord synchrones se révélant progressivement asynchrones), le film est en fait aussi bananas que l’artiste, épousant idéalement l’énergie débordante de cette dernière. En contraste avec ce foisonnement virevoltant d’images et de sons, le montage travaille à restituer une forme de continuité (mais non chronologique). On le perçoit en particulier à travers les séquences de concerts, qui reconstituent un même morceau en raccordant différentes interprétations scéniques réalisées par Peaches au fil des années. C’est également la fonction des petits interludes-performances mis en scène par Losier – notamment une jouissive séquence de banquet où Peaches ravage avec volupté une table de pâtisseries à l’effigie des différentes périodes de sa carrière. Ce qui se dessine au fil des séquences, c’est le contraste tout à fait inattendu et franchement hilarant entre l’énergie volcanique et débridée de Peaches sur scène et la douceur et la rigueur professionnelle de Merrill en coulisses. On redécouvre avec bonheur la radicalité intacte de ses morceaux et de ses performances scéniques, dont l’obscénité jouissive paraît d’autant plus précieuse dans un contexte politique nord-américain plus inquiétant encore que celui qui avait inspiré l’inénarrable Impeach My Bush en 2006. C’est cependant le principal regret que l’on ressent au visionnage : cette dimension politique du travail de l’artiste est tout juste suggérée, même si elle affleure explicitement au sujet du vieillissement de la chanteuse, décidée à assumer les transformations de son corps dans ses performances pour incarner une image plus punk de la vieillesse. Mais l’intérêt de Peaches Goes Bananas est ailleurs : Peaches s’y dévoile dans une forme de vulnérabilité qui jusqu’alors n’avait que très peu affleuré dans son travail, si ce n’est dans quelques morceaux de son album le plus pop et – toutes proportions gardées – le plus personnel, I Feel Cream (2009). On découvre médusé l’assistante maternelle qui jouait de la guitare folk pour amuser des enfants en bas âge, la midinette roucoulant des mots d’amour à son conjoint et la fille dévouée encouragée par ses parents, affectueux couple normie trinquant à sa santé depuis le canapé de son appartement propret de Toronto. Le film accorde en outre une place cruciale à Suri, la sœur de l’artiste, atteinte de sclérose en plaques : au corps actif, survolté et conquérant de Peaches sur scène répond celui immobile, empêché et vulnérable de Suri, cloîtrée dans son petit appartement. Les rapports de tendresse et de complicité qui unissent les deux sœurs et la complémentarité tragique de leurs existences forment le cœur battant du film, qui dévoile avec pudeur la chanteuse forte en gueule sous un jour étonnamment bouleversant. Reine punk capable de retourner une salle avec ses morceaux Boys Wanna Be Her ou Fuck the Pain Away, la Canadienne Merrill Nisker, alias Peaches, joue avec son intimité sur scène. Ses costumes la dévoilent, ses morceaux chantent (ou hurlent !) le sexe, et l’expérience semble souvent cathartique. Ce documentaire scrute pourtant son intimité réelle, si l’on ose dire : le rapport de la chanteuse à ses proches (ses parents, sa sœur handicapée), son rapport au corps et à l’âge, la proximité totale que lui réclament parfois ses fans. Peaches apparaît sans artifices (sans son emblématique coiffe en forme de vagin, en l’occurrence), au plus près d’elle-même. Tourné sur presque une vingtaine d’années, sérieux mais pittoresque, le film n’en offre pas moins une douce rencontre explosive avec la reine de l’electroclash. Titre Peaches Goes Bananas Genre Film documentaire Réalisateur Marie Losier Sortie 2025 Durée 1h13 Pays France - Belgique SYNOPSIS Pendant 17 ans, une réalisatrice a suivi la chanteuse Peaches, icône queer à la créativité explosive qui a fait voler en éclats tous les tabous.
Je ne sais pas pourquoi j’ai toujours confondu le groupe Peaches avec les Yeah Yeah Yeahs. Probablement parce que les deux formations ont connu un essort durant la même période et comptaient des chanteuses féministes ? 🤷🏻 Dans tous les cas les styles musicaux sont bien différents et j’aurais largement préféré voir un documentaire du deuxième groupe. Le film apporte quelques éléments de vie sincères notamment avec la soeur de la chanteuse et des bouts de live assez intéressants mais je trouve que sur l’ensemble on apprend pas tellement de la vie du groupe ou de sa chanteuse. Et vraiment, ce n’est qu’un point de vue subjectif mais filmer l’entièreté du film en mode caméra au point c’est juste carrément gerbant au bout d’un moment…

