Lucky Strike
2020 Corée du Sud Réalisé par Kim Yong-Hoon 1h48 avec Bae Sung-Woo, Jeon Do-yeon, Woo-sung Jung
Thriller
Depuis le triomphe de Parasite, plus personne n’ignore la vitalité du cinéma sud-coréen. Ici, un réalisateur peu connu mélange les registres avec la même gourmandise que le célèbre Bong Joon-ho, et traque les vils instincts de personnages inextricablement liés par leur cupidité. Au cœur de ce jeu de massacre (au figuré comme au propre) : un sac griffé rempli de billets, classique « MacGuffin » autour duquel gravitent une hôtesse de bar, un employé de sauna, un prêteur sur gages, une femme battue, un fonctionnaire de l’immigration… Autant de citoyens relativement ordinaires que l’appât du gain et, pour la plupart, une bêtise crasse vont transformer en monstres de cruauté. L’intrigue vaut surtout pour sa narration en puzzle qui entretient le mystère sur l’origine et le devenir du magot, mais aussi sur les relations insoupçonnées entre des protagonistes qui n’auraient jamais dû se croiser. Comme l’exige le cahier des charges du thriller sauce kimchi, l’humour et la trivialité viennent atténuer la violence graphique des meurtres. À ceux qui pourraient reprocher au film d’appliquer des recettes éprouvées et de manier une ironie un peu systématique, on opposera le génial personnage de la mère maquerelle en tailleur immaculé interprétée par Jeon Do-yeon (l’héroïne de The Housemaid, d’Im Sang-soo), qui s’impose dans un emploi généralement dominé par la gent masculine.