Wei se fait un ami, taiseux, Suhon, qui peu à peu s'insère dans sa famille en fils rêvé.
Lin Jianjie, dont c'est le premier film, évoque un monde concurrentiel. Les parents de Wei veulent pour lui la meilleure université, mais ils veulent aussi un fils qui réponde à leurs aspirations, ce que la politique chinoise de l'enfant unique a contrarié.
Dans ce contexte, nous assistons à un autre type de concurrence, celle de deux adolescents pour l'affection des parents, avec des stratégies de séduction.
Métaphore d'une société dans laquelle la concurrence devient la valeur totalisante, Brief history... Révèle d'excellents acteurs et in fine nous dit combien la politique peut orienter -ou pervertir- des vies.
Il y a beaucoup d'ambiguïté dans la narration, ainsi nous ne saurons pas si Suhon est plutôt une victime ou plutôt un manipulateur. En cela on pense à Ma cousine Rachel (Du Maurié). Nous ne saurons pas non plus si certaines scènes sont oniriques ou réelles (la fuite nocturne de Suhon dans les bois, recherché par des parents adoptifs angoissés et culpabilisés).
La bande sonore, très travaillée, fait voisiner classique et création contemporaine. La part classique joue un rôle dans la tentative séductrice de Suhon. L'image souvent glaçante, sombre, elle, veut convaincre que le film se déroule dans un milieu urbain aisé, une Chine policée, où valeurs humaines et ambition sociale cherchent à coexister -sans succès.