
Dormitory
By Nehir Tuna
2024
Drama
1h56
Synopsis
Twelve-year-old Ahmet is devastated when his newly religious father sends him to an Islamic dormitory, a Yurt, to learn Muslim values. Recently converted, his father sees it as the righteous path for his son, and an opportunity for self-redemption. For Ahmet, it's a nightmare. In 1997, the political polarization in Turkey makes for a charged atmosphere, with tensions between religious and secular Turks increasingly present. Devout Muslim are ostracized, and religious dormitories, "Yurt"s, are regularly raided by soldiers. Ahmet works hard to be the "perfect son" but it isn't easy. He has trouble fitting in with rough kids at the Yurt, and feels isolated in his day secular school, where he hides his new home from his classmates. His only solace is a new friend Hakan, a street-smart kid who knows how to work the Yurt system. Together they dream of being older and making their own decisions. Their friendship emboldens Ahmet, who becomes a target for the ire of Yakup Hodja, the dormitory manager. Hodja resents Ahmet's family wealth, and believes his father has bought his way into the religious leaders' good graces. His cruel treatment of Ahmet escalates until Ahmet's father is forced to take action; Hodja is transferred. Only then, Ahmet recognizes he will never meet his father's expectations. He decides to escape; together with Hakan, they steal a car and run away. What begins as the best day of their lives soon turns dangerous, and Ahmet is faced with a choice. Though neither his previous life nor the oppressive nature of the Yurt feel like home, he has to decide where he belongs.—yusufpiskin
Trailer
Reviews and Comments
2 reviewsCritique mixte : “Yurt”, premier long-métrage de Nahir Tuna, s’inscrit dans une Turquie à un moment charnière, les années 1996-1997, où la bataille entre laïcité kémaliste et islamisme conservateur faisait rage. Ce contexte politique, bien connu des spectateurs turcs, reste en arrière-plan, presque un non-dit, pour laisser toute la place au récit intime d’Ahmet, un adolescent pris entre deux mondes inconciliables : le jour, un lycée moderne et laïque où il côtoie les élites, et la nuit, un pensionnat confessionnel dirigé par des religieux autoritaires. Le film alterne entre ces deux univers, dévoilant les tensions sociales et culturelles qui s’y jouent. Dans le pensionnat, Ahmet subit l’endoctrinement religieux et la cruauté de ses camarades, adoucis uniquement par l’amitié qu’il trouve auprès de Hakan, un élève plus âgé. À l’école laïque, il chante les louanges d’Atatürk et tente de s’adapter à un monde plus libre mais tout aussi exigeant. Ces allers-retours entre les deux mondes rythment le film et reflètent la confusion intérieure du personnage principal. Tourné en noir et blanc élégant, “Yurt” bascule brièvement dans la couleur lors d’une fugue lumineuse et symbolique d’Ahmet et Hakan, comme une bouffée d’air dans un récit souvent oppressant. Loin d’être un simple film sur l’embrigadement religieux, “Yurt” explore aussi des thématiques plus personnelles : la recherche d’affection, les premiers désirs flous et le besoin d’indépendance face à un père autoritaire. Si le film impressionne par sa mise en scène et sa profondeur, il peut laisser certains spectateurs à distance. Doğa Karakaş, qui interprète Ahmet, incarne un personnage complexe, mais parfois trop lisse. Sa passivité face aux événements et ses émotions contenues créent une ambiguïté qui intrigue autant qu’elle frustre. Pourtant, cette retenue reflète bien le chaos intérieur d’un adolescent coincé entre deux mondes. En fin de compte, “Yurt” n’est pas un film qui cherche à séduire immédiatement, mais sa subtilité et son ambiance marquent durablement, faisant de ce premier long-métrage une œuvre prometteuse et singulière.
