J’ai vraiment très bien fait d’aller voir ce film alors qu’il était très mal noté par la critique (chose que je ne comprends que très peu). On est sur un western réinventé, entre critique acerbe mais pas sarcastique de l’ancien monde du western et vision féministe et de temps en temps ironique. Un sacré mélange n’est-ce pas ! On commence par une scène de mise en abime du western : une représentation des western et de la « conquête » américaine (ça fait encore froid dans le dos) face à des italiens orgueilleux d’eux-mêmes. Le mari est alors tué par la femme (Nadia Tereszkiewicz) qui va s’enfuir avec le premier de son mari parmi la campagne italienne. Franchement, très beau. Le boyfriend sera malheureusement tué et Nadia gardera sa tête comme bon souvenir, tête parlant et l’accompagnant dans son chagrin et son deuil. Elle finira par être retrouvée mais par un jeu de hasard, le fameux pile ou face, il sera « décidé » qu’elle tue ceux qui la poursuivait. Elle rendra alors la tête de son amoureux au père de son mari pour une grande somme et partira libre.
J’ai vraiment trouvé cela très intelligent sur beaucoup de points : le lien entre Italie et États-Unis sur la question des western mis en scène ; une caméra filmant « originalement » un western c’est-à-dire de manière réaliste et poétique à la fois ; une forme d’absurdité ramenée dans certaines scènes qui permettaient aux spectateurs (s’ils le voulaient) de prendre encore plus de recul. La seule chose où j’ai été moins convaincue est l’utilisation du fantastique pour faire « passer » le deuil. J’ai toujours beaucoup de mal avec le fantastique parce que je considère que le scénario n’arrive pas être assez solide pour se baser dessus et donc on l’utilise comme un canne, un pansement. Et, dans ce film, ma théorie est un peu confortée. C’est-à-dire qu’en plus, je ne trouve pas que cela apporte quelque chose ! Mais sinon, vraiment très très bon film