Comédie Musicale • de Diastème • 2024 • 1h56 • avec Clara Luciani, William Lebghil, José Garcia, Laura Felpin.
La Saint-Sylvestre, à Paris, dans les années 1970. Paul, écrivain en manque d'inspiration, rencontre Léonore, une jeune actrice montante. Ils passent la nuit ensemble mais Léonore le quitte le lendemain. Ils se recroiseront un peu plus tard à Rome, dans les studios de Cinecittà, où Léonore tourne un film. Leur chemin vers l'amour sera semé d'embuches, de quiproquos et rebondissements...
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Des petites lanternes clignotent au mur du studio d’un écrivain (William Lebghil) qui chante, amer, qu’il est « Nul ! nul ! ». Dehors, tombe une neige aussi joliment artificielle que dans les vieilles comédies romantiques. Le romancier déprimé ouvre la fenêtre et se jette dans le vide, mais il habite au… rez-de-chaussée. En cette soirée du Nouvel An, il va pourtant rencontrer la femme de sa vie : une star montante du cinéma (), aux airs de . Mais la vie ressemble, souvent, à un film d’amours compliquées : la jeune actrice est avec un producteur habillé comme dans Starsky et Hutch et fou d’elle (José Garcia). Et l’écrivain ignore à quel point il est aimé par sa femme de ménage (Laura Felpin), comme Belmondo dans de Philippe de Broca…
De plateaux de cinéma en chambres en ville, tout ce joli petit monde va se mentir, se quitter, se retrouver, sans cesser de chanter… Le réalisateur Diastème passe à la comédie musicale grâce à dix-huit chansons inédites et sublimes − drôles, tristes, les deux en même temps − d’Alex Beaupain et en projetant une surprenante troupe d’acteurs dans, entre autres, le Cinecittà romain des années 1970, délicieusement contrefait en studio. Ce pimpant exercice de style penche plus du côté d’Alain Resnais que de Jacques Demy avec ses saynètes dignes d’une opérette et son univers visuel si vintage que l’on se croirait dans une bande dessinée. Ses seventies servent aussi d’écrin malin pour un regard rétrospectif sur l’homosexualité et le statut des femmes à cette époque soi-disant libérées − Grégoire Ludig et Vincent Dedienne, réalisateur et acteur en couple craignent le coming out. Un petit théâtre emballant, tout de mélancolie pop, sur l’inconstance des sentiments (et du succès) où brille, particulièrement, , version chantante de Giulietta Masina. — G.O.
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Il y a dix-sept ans, Alex Beaupain avait, déjà, écrit et composé les superbes chansons d’une comédie musicale pour le cinéma. C’était Les chansons d’amours (2007), de Christophe Honoré, un film de plain-pied avec son époque, d’une fantaisie et d’une vitalité ébouriffantes. La comparaison est inévitable et, hélas, cruelle, pour Joli joli, un spectacle triste et vieillot (pourquoi cette reconstitution aussi fantasmée que maladroite des années 1970 ?), sans rythme ni grâce malgré la bonne volonté du casting, Laura Felpin en tête. Les chorégraphies sont molles du genou et certaines séquences, à l’instar du très cliché ballet des infirmières sexy au chevet d’un José Garcia vraiment pas à son avantage, sont franchement embarrassantes. Joli joli ? Bof bof. — S. D.
TÉLÉRAMA • Publié le 24 décembre 2024.