Comédie • (1h26) • 2021 • France • Réalisé par Antonin Peretjatko • avec Josiane Balasko, Anaïs Demoustier, Philippe Katerine, Philippe Duquesne.
Avec son allure de dandy, Paul Château-Têtard n'a jamais su réellement séduire les femmes. Un jour, désorienté lors de sa toute première sortie dans le métro parisien, il demande de l'aide à une guichetière, Ava, dont il tombe immédiatement amoureux. Inquiète pour la descendance de la lignée, sa mère Adélaïde, qui règne en maître sur l'imposante demeure familiale, accepte d'abord cette union qu'elle juge malgré tout opportune à la jeune femme. Mais très vite, les premiers soupçons apparaissent, et elle ne tarde pas à se convaincre que sa future belle-fille a un amant. Elle se met alors alors à épier ses moindres faits et gestes...
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Fils surnaturel d’un improbable « trouple » absurdo-burlesque composé de Max Pécas, Blake Edwards et Alfred Jarry, qui aurait fricoté avec le Godard potache des sixties, Antonin Peretjatko occupe une place à part, totalement à l’ouest, dans l’univers souvent étriqué de la comédie hexagonale. Moins exubérante que La Fille du 14 Juillet et La Loi de la jungle, cette fantaisie boulevardière s’inspire de deux nouvelles méconnues, l’une sentimentale et française des années 1980, l’autre signée Anton Tchekhov où il est question de baignade, de nudité et d’un étui de contrebasse. On y ajouterait volontiers des emprunts involontaires à un film oublié d’Yves Robert : Courage, fuyons (1979).
Tous ces éléments hétéroclites donnent un récit un peu décousu, avec une Anaïs Demoustier plus solaire et ingénue que jamais dans le rôle d’une guichetière du métropolitain qui s’incruste dans l’hôtel particulier des Château-Tétard, grands bourgeois du 16e arrondissement à la fortune mal acquise. Après avoir conquis le cœur du fiston à mèche (Philippe Katerine), la jeune et jolie roturière peine à séduire son horrible belle-mère en chaise roulante (Josiane Balasko, onctueusement perfide) qui voit d’un très mauvais œil l’arrivée de la « petite pute » dans sa famille. Quiproquos et amants dans le placard (ou la Rolls) alimentent une badinerie un peu désuète qui tient la (courte) distance grâce à son humour pataphysique et au talent de ses acteurs.
TÉLÉRAMA • Critique par Jérémie Couston • Publié le 19/09/2022.