Malheureusement, Saw V marque pour moi un vrai coup de mou dans la saga. Après l’intensité et la profondeur morale des précédents volets, cet épisode semble manquer d’âme et de direction. Le film tente de poursuivre l’héritage de Jigsaw, mais sans réussir à retrouver la tension, le mystère ou la logique psychologique qui faisaient la force des premiers.
Les pièges sont toujours là, mais ils paraissent plus mécaniques, moins porteurs de sens. On a l’impression que la violence prend le dessus sur le message, et que la réflexion disparaît au profit d’un enchaînement de scènes prévisibles. Même la rivalité entre les nouveaux personnages perd en intérêt, car elle repose davantage sur la répétition que sur la construction.
Là où Saw III ou Saw IV invitaient à réfléchir sur la vengeance, le temps, ou la rédemption, Saw V se contente de cocher les cases du genre. Le suspense s’essouffle, les émotions s’éteignent, et on ressort avec l’impression d’avoir vu une copie sans l’esprit du maître.
En bref, Saw V n’est pas un mauvais film d’horreur en soi, mais c’est un Saw sans cœur, sans vrai enjeu, et sans cette étincelle de réflexion qui faisait toute la différence.