À la base je partais pour voir Bugonia mais c’était complet, j’ai donc rassemblé mes forces pour aller voir La voix d’Hind Rajab que j’avais entendu être très éprouvant.
Difficile de trouver les mots justes : le film suit une équipe de bénévoles du Croissant Rouge palestinien, début janvier 2024, qui reçoit l’appel d’une petite fille de 6 ans bloquée à Gaza dans une voiture attaquée par l’armée israélienne, coincée sous les corps des 6 membres de sa famille morts dans l’attaque. En huis clos, on suit les efforts désespérés des bénévoles pour sécuriser un cordon humanitaire qui permettrait d’envoyer une ambulance pour sauver la petite fille.
Cette petite fille palestinienne, c’est Hind Rajab, elle a vraiment existé, et le format du film en docu/fiction est fait pour nous le rappeler : si les bénévoles sont interprétés par des acteurs, tous les échanges téléphoniques sont eux les véritables enregistrements audios des appels de Hind aux bénévoles qui se sont étalés sur plusieurs heures.
Si l’intention et le message du film sont pour moi indiscutables (si tant est qu’il y ait encore besoin de rappeler / montrer à l’écran ce qu’est le génocide israélien à Gaza), j’ai été plus gênée par le format qui ne m’a pas semblé sonner toujours très juste (alors que ça fonctionnait par exemple très bien dans Les filles d’Olfa de la même réalisatrice) et qui m’a mise à plusieurs reprises à distance de l’émotion tant celles qui étaient jouées à l’écran par les acteurs étaient démonstratives. Je crois que, sur ce sujet, j’aurais presque préféré un documentaire et ce sont d’ailleurs les dernières images (réelles) du film qui m’ont le plus marquée.
Bref pas trop de sens de noter un tel film finalement et ça m’a aussi pas mal interrogée sur la posture du spectateur confortablement assis au cinoche pour regarder un film sur l’horreur du génocide, et sur l’intérêt (ou nn) de mettre en place un dispositif intégrant de la fiction pour le raconter alors qu’on a des centaines de milliers d’images / vidéos / enregistrements de ce qui se passe à Gaza.