
2025
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Drama
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1h45
Summary
1983. The biggest architectural competition in history, both anonymous and open, is launched under the impetus of a new socialist president, François Mitterrand. Coveted by all the biggest international architectural firms, the competition is surprisingly won by an unknown: Johan Otto von Spreckelsen, an architecture teacher from Copenhagen. Until then, the fifty-year-old Danish had only built 4 buildings: his home and three small chapels.
Stéphane Demoustier • 2025 • 1h46 • avec Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Xavier Dolan, Swann Arlaud, Michel Fau, Micha Lescot, Viilbjørk Malling Agger. 1983, le président François Mitterrand décide de lancer un concours d'architecture international pour le projet phare de ce septennat, une Grande Arche à la Défense, dans l'axe du Louvre et de l'Arc de Triomphe. C'est l'architecte danois Otto von Spreckelsen, inconnu en France, qui remporte le concours. Propulsé à la tête de ce chantier pharaonique, il se heurte tout à la fois aux aléas de la politique et aux complexités techniques... ▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️ Qu’est-il donc arrivé à l’inventeur d’un édifice emblématique du paysage français, pour qu’il soit finalement qualifié d’« inconnu » ? C’est un troublant processus d’effacement, de dépossession que raconte le réalisateur Stéphane Demoustier, en romançant des faits historiques. D’abord, un homme nu, accompagné de son épouse, semble vivre en harmonie avec un environnement naturel paisible, dans son Danemark natal. Adam arraché à ce paradis, il va devoir vite prendre l’avion pour Paris, en tant que lauréat surprise d’un concours architectural. Le voilà choisi, avec son ambitieux projet de « cube », par François Mitterrand, pour la construction de l’immense bâtiment du quartier de la Défense situé dans l’axe du Louvre et de l’Arc de Triomphe. Nous sommes en 1982. À la fois classique et excentrique, géant et discret, l’homme de 53 ans (Claes Bang, beaucoup plus humain que dans The Square, de Ruben Östlund) ne semble pas taillé pour les mondanités sous les lambris, obsédé par son travail, en constant aparté à ce sujet avec sa femme (Sidse Babett Knudsen), toujours présente à ses côtés. Pour installer le récit, l’auteur de (2023) fait preuve, lui aussi, de modestie bien dosée. Nostalgie paradoxale Sans rebondissement majeur en vue, la première moitié du film est empreinte d’une certaine bonhomie. Malgré son profil atypique, Johan Otto von Spreckelsen (c’est son nom) parvient à nouer des alliances avec les meilleurs professionnels, à garder peu ou prou son cap au fil des arbitrages techniques et économiques. On pourrait croire à un éloge de l’originalité qui s’impose par la persuasion, de la ténacité en toute civilité. Ce calme narratif est toutefois pimenté par les grains de folie sans ostentation du casting : Michel Fau, inattendu et délectable en François Mitterrand, Xavier Dolan nerveux à souhait, comme tout courtisan, en conseiller spécial du président, ou Micha Lescot en machiavélique entremetteur des chantiers de prestige. Le tournant politique (les élections législatives perdues par Mitterrand, en 1986, au profit de la droite) apporte une tension dramatique et un changement complet de perspective. L’architecte, qui se battait jusqu’alors pour des surfaces vitrées uniformément lisses, pour une qualité supérieure de marbre, voire pour cette dénomination de « cube », peu à peu abandonnée, de fait, se retrouve soudain livré aux lois du marché. La manne étatique partiellement tarie par l’impératif de « rigueur » et le monarque protecteur aux abonnés absents, le Scandinave en sandales est soumis à des idées mercantiles destinées à rentabiliser son projet, mais le dénaturant à ses yeux. Le film conjugue finement les réflexions, sur l’intégrité qui fragilise, sur les risques de l’identification passionnée à un travail, a fortiori monumental, sur la marche de l’Histoire et la raison d’État, indifférentes aux tragédies individuelles. Une nostalgie paradoxale infuse aussi la reconstitution. En ce temps-là, l’informatique n’était qu’une hypothèse de futur, qu’on pouvait encore balayer ou refuser, à l’instar de Johan Otto von Spreckelsen dans sa pratique d’architecte. Et la folie des grandeurs mitterrandienne se confondait avec l’utopie partagée, le progrès universel. Stéphane Demoustier ressuscite une époque qui semble presque douce, a posteriori, alors qu’elle est déjà trop dure pour son héros, délicatement hors du temps. TÉLÉRAMA • Par Louis GUICHARD • Publié le 05 novembre 2025. ▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️⚫️⚫️⚫️⚫️▪️ Après , bien sûr, c’est sans doute le plus pharaonique des grands travaux mitterrandiens. Celui dont l’histoire est à la fois la plus rocambolesque et la plus oubliée. La plus cinématographique, aussi. Cinquième long métrage de Stéphane Demoustier après (2020) et (2024), L’Inconnu de la Grande Arche revient sur le destin tragique de l’architecte danois Johann Otto von Spreckelsen (1929-1987), lauréat surprise du concours (anonyme !) lancé par François Mitterrand. « “Spreck”, s’est retrouvé parachuté à la tête d’un gigantesque chantier, explique Stéphane Demoustier, alors qu’il n’avait construit que sa maison et quatre chapelles à Copenhague. Le film raconte aussi cette période passionnante des grands travaux du monarque bâtisseur qui se heurte de plein fouet à la première cohabitation (mars 1986-mai 1988). La droite arrive au pouvoir, c’est la fin d’un idéal politique et la mise en place d’un ordre libéral implacable. » Ce basculement politique et idéologique affectera la santé mentale de l’architecte poète qui démissionnera au cours du chantier et mourra d’un cancer fulgurant avant l’inauguration. Champ de patates En partie inspiré du livre de Laurence Cossé, La Grande Arche, paru en 2016 chez Gallimard, mais concentré sur une période plus courte (1982-1987), le film de Stéphane Demoustier est aussi une réflexion sur la création et ses aléas : l’architecte, comme le cinéaste, « confronte son idéal au réel ». Avec un budget modeste de 6,5 millions d’euros (loin des 2,7 milliards de francs de celui de la Grande Arche de la Défense) pour trente-deux jours de tournage, le réalisateur a dû surmonter, lui aussi, de multiples défis techniques et artistiques. Le chantier de la Grande Arche a été créé ex nihilo dans un champ de patates, du côté de Coulommiers. « On a choisi de reconstituer les images d’archives existantes en reprenant les mêmes cadres, les mêmes axes, les mêmes valeurs de plan et de placer les acteurs à l’intérieur. » Charge aux effets spéciaux de faire apparaître dans le fond la tour Fiat (aujourd’hui tour Areva) ou le Cnit. « C’était plus simple d’ajouter le décor plutôt que de tourner sur site à La Défense et de retirer tout ce qui n’existait pas dans les années 1980. Cette rigidité demande de rester créatif pour ne pas subir », reconnaît Stéphane Demoustier, adepte, en ex-tennisman semi-professionnel, de cette gymnastique « usante mais exaltante ». On a eu la chance de pouvoir bloquer les Champs-Élysées un dimanche matin afin de filmer la perspective de l’axe royal, avec des voitures d’époque. Se sont ajoutées des scènes en décors réels, au palais de l’Élysée, au Louvre (où se trouvait alors le ministère du Budget avant l’érection de Bercy, autre projet mitterrandien), au Danemark et dans les mines de marbre de Carrare… « On a aussi eu la chance de pouvoir bloquer les Champs-Élysées pendant trois heures, un dimanche matin, afin de filmer la perspective de l’axe royal, avec des voitures d’époque. » Au casting, on retrouve Michel Fau dans le rôle de Mitterrand, Xavier Dolan dans celui d’un haut fonctionnaire exalté. Swann Arlaud incarne l’architecte Paul Andreu, qui finira le projet. « Spreck » est interprété par l’acteur danois Claes Bang, le héros de , de Ruben Östlund. Quant à la femme de l’architecte, Karen Gerda Gustavsen, « qui joua un rôle crucial, dans l’ombre de son mari, comme le voulait l’époque », regrette Stéphane Demoustier, c’est la Première ministre de Borgen, , qui lui redonne vie. TÉLÉRAMA • Par Jérémie COUSTON •Publié le 18 janvier 2025. ⚫️▪️▪️▪️▪️▪️▪️⚫️⚫️⚫️⚫️▪️▪️▪️⚫️🔴🔴 Quels sont les points communs entre Xavier Dolan et Otto von Spreckelsen ? En 1982, cet architecte danois remporte à la surprise générale le concours général de la Grande Arche de la Défense, voulu par François Mitterrand, pour la construction de l’immense bâtiment de ce quartier à l’ouest de Paris. Rapidement, l’architecte se heurte aux lourdeurs de l’administration française, se cogne aux difficultés de financement puis aux changements de majorité politique. Jusqu’à abandonner son projet. En 2024, Xavier Dolan annonçait à Cannes qu’il renonçait au cinéma et à la création, regrettant une « incompatibilité entre son désir de cinéma et le cadre proposé aujourd’hui par l’industrie ». « Pour qui que ce soit qui a eu un rêve ou un projet et qui se soit heurté comme ça à la réalité, on peut trouver dans un parallèle émouvant avec soi et avec sa vie », reconnaît Xavier Dolan. Pourtant, dans le film de Stéphane Demoustier, il est Jean-Louis Subilon, un urbaniste ambitieux, rompu aux arcanes du pouvoir mitterrandien, chargé d’accompagner le travail d’Otto von Spreckelsen. « J’aimais beaucoup le personnage de Subilon, souligne-t-il. C’est quelqu’un qui essaie de ménager la chèvre et le chou, qui essaie de donner au créateur ce qu’il veut et en même temps de livrer un bâtiment monumental dont l’ambition est irréconciliable avec la réalité. […] Et en plus, on lui donne moins d’argent et moins de temps que prévu. Il faut donc faire rentrer le rêve dans tout ça. C’est comme faire entrer un carré dans un triangle ! C’est l’occasion de me plonger à la place de l’autre. » Cet autre donc qui compose avec la réalité. « Je le fais en tant qu’acteur parce que je ne le fais pas en tant qu’humain. Je ne m’accommode pas de la réalité. Parfois on abandonne momentanément mais on revient. » On l’espère. TÉLÉRAMA • Par Marine LE GOHEBEL • Publié le 05 novembre 2025.
Une histoire singulière que ce projet de la construction de l'arche de la Défense qui nous intéresse. Des longueurs au tiers du film, une fin pas très bien traitée nous laissent un peu sur notre faim. Par contre, de belles prouesses d'acteurs et notamment le personnage principal.
Il s’agit de l’histoire de la Grande Arche de La Défense, c’était très intéressant!
L'Inconnu de la Grande Arche Fiche technique Aussi connu sous le nom de : The Great Arch Genres : Comédie dramatique, Historique Groupe : L'Inconnu de la Grande Arche Année : 2025 Pays d'origine : France, Danemark Durée : 1 h 46 min Date de sortie (France, Danemark) : 5 novembre 2025 Date de sortie (France) : 5 novembre 2025 Réalisateur : Stéphane Demoustier Scénariste : Stéphane Demoustier Producteurs : Muriel Meynard, Marie Gade Denessen Distributeur : Le Pacte Synopsis : 1982. François Mitterrand lance un concours d'architecture anonyme sans précédent pour la construction d'un édifice emblématique dans l'axe du Louvre et de l'Arc de Triomphe. A la surprise générale, c'est un architecte danois de 53 ans, inconnu en France, qui l'emporte. Du jour au lendemain, Johan Otto von Spreckelsen est propulsé à la tête du plus grand chantier de l'époque. Et s’il entend bâtir sa Grande Arche telle qu’il l’a imaginée, ses idées vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas de la politique...
Film historique original sur un sujet atypique. Stéphane Demoustier évite pas mal d’écueil et ne tombe pas dans l’excès ni trop dans la caricature. Swann Arland est très bon, Xavier Dolan aussi. Plutôt réussi !
Beau film sur une variation d'Antigone dans le monde impitoyable de l'architecture en tant que lieu privilégié de confrontation entre l'idée et la réalité. Le personnage de Sprekelsen, ceux d'Andreu et de Mitterand sont traités avec finesse et subtilité. A la fin de cet episode de création et de vanité gagne " L'oubli que nous serons ", celui d'un épisode peu connu de la fin du dernier siècle qui traite aussi du choc culturel scandinavo- latin et permet de mieux comprendre l'histoire de cette silhouette désormais un peu effacée du ciel parisien. A voir en complément le documentaire " La malédiction de la Grande Arche".
J’ai pas aimé tous les choix de réalisations. Par exemple je trouve qu’on est trop pris par la main ce qui nie la place de l’imagination dans le cinéma. Pour un film qui met en valeur un architecte avec autant d’imagination je trouve ça dommage. Dès le début, le contexte est posé de manière un peu brutale et même les relations paraissent un peu artificielles parfois à cause de cette nécessité de prendre le spectateur par la main. Sinon j’ai beaucoup aimé l’histoire derrière le film et la volonté de le replacer dans le contexte politique. Les images de construction sont impressionnantes et même de manière générale la photographie est très belle (exemple les carrières en Italie). L’orgue qui revient plusieurs fois dans le film c’est sympa mais la bo est pas marquante. L’acteur principal et l’acteur de Paul Andreux sont très bons le reste j’ai moins accroché.
<p>Image extraite du film « L’Inconnu de la Grande Arche », de Stéphane Demoustier. <credit>LE PACTE</credit></p> Image extraite du film « L’Inconnu de la Grande Arche », de Stéphane Demoustier. LE PACTE La comédie du prince et de son architecte Stéphane Demoustier filme à merveille l’histoire de la construction de la Grande Arche de la Défense Jacques Mandelbaum L’INCONNU DE LA GRANDE ARCHE Dans la famille Demoustier – auréolée du talent d’actrice d’Anaïs – Stéphane, le frère, à l’œuvre cinématographique dès 2008, poursuit son petit bonhomme de chemin depuis son premier long métrage, Terre battue, en 2014. L’Inconnu de la Grande Arche, son cinquième, se trouve le plus accompli de tous. Le film évoque l’histoire à peine croyable de l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, lauréat inattendu du concours destiné à l’aménagement de la « tête de la Défense » en 1983, plus connu ensuite sous le nom de la Grande Arche. Un projet gigantesque qui tournera doucement à la comédie, avant de sombrer dans la tragédie. Sous les oripeaux de la chronique politico-architecturale, Stéphane Demoustier assure plus essentiellement une savoureuse comédie de caractères et une fable sur les relations orageuses de l’artiste et de la commande. Le film s’appuie pour ce faire sur un ouvrage passionnant de Laurence Cossé (La Grande Arche, 2016, Gallimard), relatant par le menu l’épopée de cette titanesque construction qui scelle la rencontre fatale entre un ombrageux démiurge scandinave et les mœurs florentines de la cour mitterrandienne. Tout commence sur une sorte de malentendu. Johan Otto von Spreckelsen n’a pas seulement l’heur de porter un nom qui sonne aux oreilles latines comme une déclaration de guerre, mais, avec quatre églises danoises à son actif, il est un parfait inconnu sur le plan international. Son projet, somptueuse épure nommée « hypercube », a néanmoins conquis tout le monde, le président François Mitterrand en tête. Soutenu par ce dernier, qui entend déposer son empreinte personnelle sur « l’axe historique » parisien, l’architecte va conséquemment penser que rien ne saurait s’opposer à la réalisation de ce qu’il considérait comme l’œuvre de sa vie. Il se trompe lourdement, pour plusieurs raisons qui, conjuguées, auront raison de lui. La première est sa difficulté à envisager les contraintes techniques, administratives et financières d’un chantier de cette ampleur. Elles sont pourtant nombreuses, depuis l’interdiction de pose du verre sur les façades jusqu’à l’objection qu’on lui fait de la porosité à moyen terme du marbre de Carrare en passant par les contradictions de la commande elle-même et la multiplicité des exécutants mis au défi de la raison entre le fait du prince et l’inflexibilité de l’artiste.La deuxième raison est la suspicion de principe qu’il éprouve pour ses interlocuteurs et qui frappe tout particulièrement l’architecte français Paul Andreu, chargé de la réalisation technique du monument. Un fonctionnaire vibrionnant La troisième est purement politique : c’est la cohabitation qui se met en place le 20 mars 1986 avec Jacques Chirac comme premier ministre d’un gouvernement de droite. Il remet aussitôt en cause la structure publique du projet au profit de l’économie privée. Le projet est ainsi complètement dénaturé et Mitterrand, qui n’a plus la main, lâche von Spreckelsen. Ce dernier préfère alors démissionner et abandonner la paternité d’un monument qu’il ne reconnaît plus comme sien. Il rentre au Danemark et y meurt, d’amertume imagine-t-on, le 16 mars 1987. L’arche, terminée par Andreu, sera inaugurée en juillet 1989. Là-dessus, Stéphane Demoustier, prenant de la hauteur à propos, réinventant à l’occasion dans les trous du récit, nous propose une pièce fort plaisante, presque moliéresque, à mille lieues des grandes orgues du récent The Brutalist, autre film d’achitecte, de l’Américain Brady Corbet, sorti en France en février. Sans pour autant les réduire à des types, il brosse à merveille, et avec le concours d’acteurs d’une inventive justesse, une série de caractères dont les propriétés semblent idéalement s’agencer dans le dessein qui conduit à leur déconfiture. Von Spreckelsen (Claes Bang) : âme noble, artiste sans compromission, grand homme au propre et au figuré, mais dont l’exigence de pureté le rend inapte au commerce avec le monde. Mitterrand (Michel Fau) : le prince, son fait, sa grandeur, son ego. Andreu (Swann Arlaud) : admirateur pragmatique qui veut aider, mais se trouve pris entre l’enclume de l’Etat et le marteau de l’artiste. Xavier Dolan, très drôle, en haut fonctionnaire inquiet et vibrionnant et Sidse Babett Knudsen en épouse épuisée du grand homme, parfont ce tableau où chacun, peu ou prou, soliloque et entache l’œuvre commune. Situations drolatiques En dernier ressort, le film est une claire parabole du rapport entre l’artiste et la société des hommes. On serait tenté d’y voir une expression filmée de L’Albatros de Charles Baudelaire : « Le poète est semblable au prince des nuées/Qui hante la tempête et se rit de l’archer/Exilé sur le sol au milieu des huées/Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. » La vertu du film consiste toutefois dans son humour et son ambiguïté. Le film fourmille de situations drolatiques. La recherche dans le fin fond de la campagne danoise par les hauts fonctionnaires de l’Elysée du lauréat du concours, qui passe son temps à la pêche après n’avoir laissé qu’une adresse postale sur son dossier. Ou bien encore la simulation du monument exigée par le président, Mitterrand et von Spreckelsen se retrouvant à l’aube au milieu de l’avenue des Champs-Elysées avec des jumelles, le premier – « comptable de la perspective devant la nation » – demandant au second à ce que le reflet du bâtiment soit rose plutôt que bleu, quitte à recommencer l’onéreux essai le soir même. Par ailleurs, on a du mal à se départager sur le cas von Spreckelsen. S’agit-il d’un saint en costume sandales, perdu dans le monde des contingences terrestres, ou d’un psychorigide victime de son incommensurable orgueil ? Nous resterons sur la question, avec cette arche défigurée, cet artiste à jamais inconnu, et ce film qui est désormais comme leur tombeau philosophique. Film français de Stéphane Demoustier. Avec Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Xavier Dolan, Swann Arlaud (1 h 46).
Intéressant pour le contenu historique et le dilemme Art / compromis réalistes.