Comédie Satirique • de Giulio Callegari • 2025 • 1h18 • Blanche Gardin, Lucie Guien, Edouard Sulpice, Georgia Scalliet.
Dans un futur proche, une ancienne professeure qui vivote grâce à de petites combines voit un de ses plans un peu trop audacieux se retourner contre elle.
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À la manière d’une Laure Calamy, quoique dans un registre très différent, Blanche Gardin est en train de créer un genre cinématographique à elle toute seule : les-films-avec-Blanche-Gardin. Des comédies plus ou moins sociales, mais toujours porteuses d’un humour caustique, dans lesquelles l’actrice incarne des personnages taillés sur mesure de femmes asociales sinon rebelles, dont la tendance à la dépression se double d’un sens de la repartie politiquement incorrecte — du genre, dans Un monde merveilleux, à répondre à la policière qui lui demande « Vous savez pourquoi je suis ici ? » après l’avoir arrêtée pour vol : « Parce que vous n’avez pas bien travaillé à l’école ? »
Blanche Gardin est, une fois de plus, irrésistible en mère indigne mais pas trop, dans ce premier long métrage dystopique très plaisant. Dans un futur « trop proche », les robots ont remplacé la plupart des aides-soignants, des enseignants, et même des forces de l’ordre. Max, une ancienne prof de français qui vivote de petits trafics avec sa fille, va devoir cohabiter avec un de ces androïdes qui lui veut du bien mais qu’elle exècre…
Si le scénario flirte avec les bons sentiments dans la dernière demi-heure, le réalisateur tire le meilleur parti burlesque du décalage entre Max, la gauchiste cynique, et T-O, le robot trop serviable programmé pour parler au premier degré. À travers ses gags, verbaux ou purement visuels, Giulio Gallegari glisse, mine de rien, des réflexions bien senties sur la déshumanisation de notre société ou notre soumission à l’obsolescence programmée — plus personne ne veut du pauvre T-O (interprété avec une gaucherie très convaincante par Angélique Flaugère), qui bugge sans cesse, faute de mises à jour. Avec des moyens visiblement réduits, le film réussit à apporter un peu de poésie dans ce monde de demain si peu engageant.
TÉLÉRAMA • Par Samuel Douhaire • Publié le 06 mai 2025.