Yes Day est une comédie calibrée au maximum sur le curseur familial. Difficile de faire plus familial. Un film pour la famille donc... De ce fait, je conseille de le regarder en famille. (j'insiste trop sur la famille ?).
Yes Day à l’ambition folle de ne surtout jamais dépasser la case « soirée popcorn devant Netflix ». Bref, à regarder uniquement en famille, sous peine de s’endormir en solo.
Sorti sur Netflix pour Netflix, Yes Day n’a pas d’autre vocation que de nourrir l’algorithme et éviter que vous résiliez votre abonnement. Ne cherchez pas l’ombre d’un chef-d’œuvre, car vous ne le trouverez pas. Le cahier des charges est simple, ne froisser personne, ne surprendre personne, et livrer une comédie qui reste bien au chaud dans sa zone de confort. Mission accomplie - si on adhère à l’humour.
Le concept de départ, un « yes day » - journée où les parents disent oui à tout afin de permettre à leurs enfants de se sentir entendus, autonomes et valorisés, tout en offrant aux parents l'occasion de passer du temps de qualité avec eux et de renforcer leur relation — aurait pu être un vrai sujet, un terrain fertile pour parler d’éducation, d’autorité et d’autonomie. Mais plutôt que d’en tirer quelque chose d’intelligent, le film préfère le transformer en comédie 100% déjanté. Au programme : bataille d’eau, gavage de glaces, douche au car wash, explosion de mousse et visite de parc d’attractions. Bref, de l’énergie, oui, mais aucune audace.
Le film s’effondre d’ailleurs totalement à partir du parc d’attractions, avec l’inévitable scène où les parents finissent au poste de police — parce que, évidemment, toutes les comédies familiales doivent passer par cette case. La fin enfonce le clou du ridicule : Jennifer Garner qui chante sur scène et la popstar qui invite mère et fille à la rejoindre. Pendant ce temps, le père fait preuve d’autorité sur ses enfants pour la première fois. Tout est expédié à une vitesse absurde, et surtout sans jamais poser de vraie question sur ce fameux « yes day ». Moralité de la chose ? Aucune. Pas même un discret « parfois, les parents ont raison de dire non ».
Côté casting, Jennifer Garner fait correctement le job en mère hystérique et Edgar Ramírez a l’air content d’être payé pour sourire. Quant à Jenna Ortega, personne ne retiendra son passage dans ce film quand viendra l’heure du bilan de sa carrière. Mais bon, au moins, elle aura passée un bon moment.
Au final, Yes Day est moins une comédie qu’un alibi de programmation : une preuve que Netflix sait produire du « contenu »… même si personne ne s’en souviendra le lendemain.