Léviathan
Helena Viana a noté 8/10
Mise en scène des comparutions immédiates pour dénoncer cette justice expéditive. Une mise en scène intéressante à plusieurs égards, déjà par les masques, ceux rigides et lisses des auxiliaires de justice pour montrer l’imperméabilité face aux émotions, à l’humanité qui devrait pourtant dicter une partie de leurs actions, aussi les collants qui recouvrent les visages des justiciables jugés comme pour flouter leur visage pour montrer leur inexistence, leur similitudes parce qu’on les prend comme une entité on ne regarde pas assez l’individu et se histoire. Il y a aussi le cheval sur la scène pendant une bonne trentaine de minutes, qui manifeste l’absurde de la situation tout le monde le voit et pourtant personne le dénonce, il s’intègre a la scène sans difficulté. Certaines poupées inertes sont présentes comme pour signifier les corps inertes qui sortent de la CI, à l’instar de ce sdf jugé qui sera emprisonné il emmène son corps « on m’a déplacé, on m’a jugé » puis il mourra et réintégrera son corps. La présidente joue un jeu exceptionnel, surtout lors de la 2eme CI où elle chante tous les deux mots puis elle s’accélère on perçoit vraiment que c’est un dialogue de sourd et qu’elle n’écoute pas, elle même bouge presque comme un robot enlevant une nouvelle fois à l’humanité de son personnage. Les 16mn24 de pause à la fin sont longues mais c’est intéressant « le temps ne se rattrape pas », d’un côté c’est très long mais pas tant que ça et surtout pas pour prendre 12 mois de prison.