PASSEPORT
Avis et Commentaires
10 avisVu avec Violette en août 2024 Décor et mise en scène génial comme d’habitude avec Michalik Pièce pédagogique sur le sujet de l’immigration (ce qu’était la jungle de Calais, comment obtenir des papiers lorsqu’on arrive en France, quels sont les arguments pour défendre l’accueil des immigrés), ce côté pédagogique m’a peut être un peu dérangé car il était très marqué et pas enrobé du tout. Histoire en parallèle du gendarme Lucien Lefèvre et Issa Kidane très bien barrées. Petit bémol : pièce pas très subtile dans le message politique délivré. Certains scènes un peu faciles comme celle du dîner de famille chez Lucien Lefèvre où sa copine défie le père de Lucien sur le sujet de l’immigration. Je l’ai un peu ressenti comme si Michalik voulait faire de la propagande de ses arguments politiques. Mais après ce côté n’était pas plus mal car il remet les idées au clair sur ce sujet là.
Excellent, le rythme est parfait, les changements de scène super fluide « bref, du michalik » (le gars pompeux horrible à entendre) Thématique de la vie de migrant, le cauchemar du voyage, de tout quitter, de survivre grâce à l’espoir. Leur vie peut basculer dans la drogue, la violence, et puis sur un coup de pouce, de bons amis, de lecture, d’apprentissage, de bienveillance et de chance, pourquoi pas avoir sa place aussi, dans un pays qui s’est construit par l’immigration et grâce à elle. La thématique de la peur de l’autre, du racisme/fascisme est plutôt clair dans le portrait des parents (peut être les personnages les moins profonds au final). Est abordé aussi la thématique de la volonté de connaître ses origines, celle de la vision unique par l’éducation (qui sur une rencontre, peut comprendre que l’éducation seule ne suffit pas et ne peut pas suffire à la construction de soi). Un homme aura bien plus appris au contact d’inconnus eux mêmes sans éducation autochtone, qu’un père fasciste et raciste de bonne famille, pour qui la tradition est supérieure à tout. Entre la réalité de l’enfer administratif, les bonnes personnes (assistantes sociales, bibliothécaire) et les moins bonnes (père raciste, cliché du flic bourrin qui se moque des migrants) au milieu de deux timelines parfaitement maîtrisées, la pièce nous transporte et nous laisse entrevoir et imaginer par un trou de souris, l’enfer du voyage, la force de ces etres, la puissance de l’espoir. 2 vies, 2 visions, un être humain.