
Ainsi l'Animal et nous
De Kaoutar Harchi
2024
Résumé
Les animaux sont tout. Ils sont eux-mêmes, certes, mais surtout ce que nous faisons d’eux. Nous, les humains. Car chaque fois que nous parlons des animaux, nous ne parlons en vérité que de leur animalité : l’état animal que nous décrétons inférieur. Ainsi nous animalisons les animaux, nous les rendons tuables et sans peine nous les tuons. Cet état animal, affirment des humains, n’est pas le propre des animaux, il est également celui de certains humains. Ces autres : les femmes, les prolétaires, les minorités raciales qui, ni homme, ni bourgeois, ni blanc, ont été exclus de la communauté morale par le viol, par l’usine, par le fouet, par l’en fu mage des grottes, par la persécution et par l’enfermement. Car animalisés. Livre tout autant théorique qu’auto-bio graphique, Ainsi l’animal et nous appelle à reconnaître la totalité de la question animale, en laquelle toutes les questions de notre monde se rejoignent. Il devient dès lors possible de tenir ensemble tout ce qui va ensemble, de défaire tout ce qui a été fait. Puis de tout refaire.
Avis et Commentaires
2 avisPage 286: il y a l’homme qui s’en prend à la femme, le bourgeois qui vole la force de travail du prolétaire, il y a le colon qui chasse le colonisé de sa maison…. Pourtant, si nous avons appris à arracher les dominations du genre, de race et de classe à la fange du naturel et du biologique, dévoilant toute leur articulation sociale et promouvant leur totale désarticulation, il nous faut encore apprendre à déceler la domination d’espèce, connu sous le nom de propre de l’homme et qui postule la supériorité de l’espèce humaine sur l’ensemble des espèces non humaines. Frantz Fanin nous avertis, écrivant que le langage du colon, quand il parle du colonisé, est toujours un langage zoologique. « on fait allusion, dit il, aux mouvements de reptation. Du jaune, aux émanations de la ville indigènes, aux hordes, à la puanteur, aux pullulement, au grouillement, aux gesticulations. »




