Commentaires Alain.
Ma note est 7,5/10. Le livre est en version papier et c’est Sylviane la propriétaire.
C’est l’histoire d’oreilles et de doigts, oui vous n’en croyez pas vos oreilles.
J’adore la littérature japonaise et avec ce livre je suis gâté.
Tout en nuances, ce roman nous emmène en dehors de notre monde trépidant pour nous faire apprécier la neige, les vieux hôtels chargés d’histoire, les petits musées privés pleins de charme, et les amours en marge.
Commentaires de Nounours36 (Babélio)
La narratrice, une jeune femme de 24 ans mariée est hospitalisée dans un service O.R.L. à la clinique F. pour des problèmes d’audition "mes bourdonnements, provenaient d’un abîme" . (Peut-être ce même bourdonnement que l’on retrouve dans la nouvelle "Les abeilles" ) Puis invitée lors d’une table ronde, chaque participant nous conte ses problèmes d’oreille ainsi que la relation qui pourrait exister avec des évènements de leur vie : une rupture, un décès. Lors de cette conférence elle croise le regard de Y, mais plus que le regard elle est attirée, subjuguée par les doigts de Y. qui sténographient tous les échanges de cette table ronde.
Puis l’histoire se porte sur cette fascination que porte cette jeune femme pour les dix doigts de Y.. Puis cet attrait pour ces doigts longs, soignés, graciles et magiques va peu à peu se transformer en amour, un amour chaste. Y. se plie aux demandes de la jeune femme de ‘rencontrer’, ‘prendre en main’ ses doigts, de le voir sténographier des moments de sa vie. Y. reste toujours en retrait de ses doigts. "Il savait très bien que ce n’était pas à lui que je m’adressais. Je parlais pour ses doigts"
Cette relation amoureuse complexe est indicible, car elle met en scène des doigts de Y et non l’individu en lui-même. Il(s) se plient à cet amour. Les dix doigts vont retranscrire la mémoire et les souvenirs de la jeune femme. Mais ces retranscriptions sténographiées de souvenirs seront emportées à chaque fois par Y. et conservées et classées précieusement, elle ne pourra pas en garder trace.
Je reste face à des questions : Quelle est la part du réel de la réalité, à part Hiro personne n’est nommé. Quelle réalité auront ses transcriptions de souvenirs ?. Y. existe-t-il ou est-il un rêve, un souvenir ?, Y a -t-il un rapport entre le marquis et Y. Quel est cet étrange tâche sur la main de Y ?
J’ai ressenti énormément de sensibilité, cela m’a même ému à certains moments. La poésie est omniprésente, la délicatesse extrême : "Au moment où, ayant bien erré sur la mer du sommeil, poussé par un lent courant j’abordais le rivage de l’éveil". Tout est écrit en douceur tel le bruit délicat d’un flocon de neige qui se laisse tomber.
Le roman peut paraitre parfois lent,mais il captive, envoute. il se mue doucement en conte fantastique.
Je poursuis ma découverte de Ogawa …