Je viens tout juste de le finir et je me force à écrire ces quelques lignes parce que j’ai beaucoup à en dire. Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le voyage d’Auren pour guérir, s’endurcir et maîtriser ses pouvoirs. Je regrette néanmoins que certains aspects de l’histoire, que j’aimais particulièrement et que je souhaitais voir plus développés, soient passer un peu à la trappe. Je pense notamment au Courroux et au rôle qu’ils jouent, non seulement leur loyauté et leur amitié, les uns envers les autres, mais aussi leur rôle dans l’intrigue et l’action. Tout ça s’est trouvé éclipsé par la relation de Slade et Auren, et si je les adorais et que j’étais heureuse de les voir s’aimer éperdument sans oublier le reste du monde, j’ai vu vers la fin de ce bouquin que ce n’était plus tellement vrai. Je refuse de voir des innocents sacrifiés pour l’amour et le bonheur d’une seule personne. Je tempère tout de même mon propos. Slade avait raison, le Conflux était une mascarade et les choses auraient été pires s’il avait accepté. Il ne l’a pas fait et nous avons pourtant vu les dégâts causés. Et il est vrai qu’il a gardé, malgré tout, l’intérêt de son peuple et des siens à l’esprit. Mais il l’a dit lui-même, ses priorités ont changé et j’aurais aimé qu’il fasse les deux. En réalité, j’écris ceci mais je chipote clairement. Il s’est plutôt bien débrouillé mais je ne peux m’empêcher, pour le moment, d’être un peu déçue. Autre grosse déception : la discussion sur leur couple et les envies et désirs d’Auren. Non. Je n’aime pas ça et je ne l’ai jamais apprécié dans un bouquin. C’est juste une vision de l’amour que j’exècre, que je ne souhaite pas comprendre. Concernant l’intrigue, c’était intéressant et j’ai vraiment envie de découvrir la suite. Mais il problème de taille : le livre était trop long pour rien. Je veux dire, on aurait pu le raccourcir de 100 pages, voire plus. J’aime bien prendre le temps et j’adore les gros livres, mais je trouve que celui ci ne nécessitait pas autant de pages. Je salue tout de même les différents points de vue de personnages que l’autrice nous livre. J’aime cet aspect, j’aime les voir évoluer. Et une mention spéciale à Osrik et Rissa, le couple que je ne pensais pas vouloir shipper. J’apprécie aussi, étrange de le formuler ainsi, mais la violence de l’histoire, une violence qui ne mâche pas ses gestes et que l’on voit éclater avec beaucoup de fracas. C’est une chose qui manque parfois et j’aime la lire ici. Enfin, deux derniers points : je ne suis pas sûre d’apprécier la critique de la religion qui est faite à la fin avec le Deuxième royaume. Un paysage désert et des femmes qui se couvrent, j’espère que ce n’est pas l’Islam quelle visé. Surtout que leurs pratiques rappellent plutôt des moments sombres du christianisme donc on lui laissera le bon soupçon. Pour le moment. Quant à toute ce narratif sur Auren et Slade - méchants. Il est vrai que dans certaines histoires, nous compatissons et nous aimons les méchants. Mais la différence c’est qu’eux partent méchants et nous découvrons au fur et à mesure des facettes de leur personnalité plus sensibles, plus humains. Ici, c’est l’inverse et c’est donc un peu plus dur à accepter. D’accord, tue les monarques mais pourquoi faire souffrir leurs émissaires qui, pour certains, n’ont pas d’autres choix que d’obéir. Pourquoi tuer le peuple qui se voit manipuler par les puissants et à qui on ne donne pas les moyens pour vérifier la véracité des récits, des accusations. Je ne peux pas m’y faire et Slade est décevant sur ce point. Il a beaucoup baissé dans mon estime. J’espère que la suite rattrapera la fin de ce bouquin. Plus que deux !
PS : je sais qu’une fois finie, je regarderai cette saga avec beaucoup de nostalgie et d’affection. Comme d’hab. Mais jamais rien n’égalera Harry Potter.