Quel délice ! Se plonger dans le NYC des années 1960/1970 à travers la vie de deux vrais artistes que sont Patti Smith et Robert Mapplethorpe, c’est tout bonnement exceptionnel. Patti Smith nous raconte alors, de son point de vue et au travers de ses nombreuses expériences, ce que c’est que l’Amour, tout simplement. C’est vrai que c’est une histoire tout à fait spéciale qui nous ait racontée mais c’est cela qui est absolument divin. Tout est assumé, droit, beau, sans aucune gêne (pourquoi il y en aurait-il me diriez-vous ? Ils ont choisi la stricte vie qu’ils souhaitaient et pour cela, quelle chance !).
Smith raconte donc les débuts de sa vie, dans une famille plutôt pauvre mais charmante mais qui ne lui offrait aucune possibilité de vie, tout simplement. Comment elle est partie, tout simplement seule, à NYC, dormant dehors et comment elle est tombée sur Mapplethorpe, complément par hasard mais ne s’étant jamais séparés. Ils vivent dans une pauvreté totale mais cela leur permet d’explorer l’Art, leur feu artistique avec une rage inarretable. Lui, sûr de lui, avance sans se poser de questions. Elle, peut-être plus délicate à leurs débuts, tâtonne mais produit quand même. Sauf que ce sont des artistes et qu’ils n’ont que cela à dire. Ils vont tous le deux aller vers leur art de prédilection (respectivement photographie et chanson) que très tard et presque par hasard. C’est exactement ce que j’ai toujours pensé : un moyen de communication artistique ou un autre, c’est à peu près la même chose. Ils se protègeront toujours l’un l’autre, étant les muses premières de l’un et de l’autre. Malgré le revirement homosexuel de Robert, leur relation ne changera que très peu : ils accepteront plus ou moins les compagnons de l’autre mais s’accepteront toujours avec beaucoup de bienveillance.
Marie Pelissier m’a recommandé ce livre en le caractérisant de la manière suivante : pas très bien écrit et surtout une historie d’amour totalement inégalitaire où elle regardait cet homme avec émerveillement et travaillait à sa place.
Je ne pourrais être moins d’accord. Le livre est franchement bien écrit pour une autobiographie : on ne parle bien évidement pas du plan beau roman français du 19eme siècle mais c’est tout à fait correct. De plus, l’histoire retranscrite est tout sauf humaine ; elle ne peut donc pas être jugée par ces derniers. Ils ont trouvé un équilibre qui leur était propre et qu’ils ne commencent qu’un peu à partager dans ce roman. La beauté, c’est qu’ils se sont toujours épaulés, avec leur faiblesse et leur qualité. Et c’est tout. Robert était beaucoup plus fragile, on le sent, mais cela n’en faisait pas une ordure. Elle était bien évidemment magnifique mais n’était pas non plus sa sauveuse. Un équilibre qu’eux seuls pouvaient créer et surtout comprendre.
Une ode à l’Amour sous toutes ses formes !