Roman très touchant à valeur documentaire plutôt que littéraire mais l'écriture simple est fluide. L'auteur nous fait découvrir l'histoire de ses ancêtres innus en donnant la parole à son arrière-grand-mère Almanda Simeon, blanche qui avait épousé par amour à 15 ans Thomas Siméon, un innu, comme son nom ne l'indique pas, les blancs les baptisant de force. Elle nous raconte donc son entrée dans la communauté d'une des premières nations, son apprentissage de la chasse, de la vie nomade de la tribu, de son rapport étroit et respectueux avec la forêt et les lacs. Puis arrivent dans les années 30 les coupes dans la forêt qui devient propriété privée d'exploitants qui empêchent désormais aux Innus de circuler. Voici le temps de la réclusion dans les réserves, des enfants envoyés de force dans les pensionnats où ils seront abusés et maltraités parfois jusqu'à la mort, des adultes désœuvrés qui se mettent à boire. Le jour où plusieurs enfants innus se font tuer par des chauffards, Almanda monte à Québec pour rencontrer Duplessis le 1er ministre ! Elle finit par le voir et par obtenir des trottoirs pour mettre en sécurité les piétons. On sent la fierté de l'auteur pour son ancêtre, la volonté de faire connaître l'histoire d'un génocide et de nous toucher au cœur. Pari réussi !