
La chair est triste hélas
De Ovidie
2023
Résumé
" J'ai repensé à ces innombrables rapports auxquels je m'étais forcée par politesse, pour ne pas froisser les ego fragiles. À toutes les fois où mon plaisir était optionnel, où je n'avais pas joui. À tous ces coïts où j'avais eu mal avant, pendant, après. Aux préparatifs douloureux à coups d'épilateur, aux pénétrations à rallonge, aux positions inconfortables, aux cystites du lendemain. À tous ces sacrifices pour rester cotée à l'argus sur le grand marché de la baisabilité. À toute cette mascarade destinée à attirer le chaland ou à maintenir le désir après des années de vie commune. Cette servitude volontaire à laquelle se soumettent les femmes hétérosexuelles, pour si peu de plaisir en retour, sans doute par peur d'être abandonnées, une fois fripées comme ces vieilles filles qu'on regarde avec pitié. Un jour, j'ai arrêté le sexe avec les hommes. " Autrice et documentariste spécialiste de l'intime et du rapport au corps, Ovidie retrace ici la trajectoire qui l'a conduite à quatre années de grève du sexe. Dirigée par Vanessa Springora, la collection " Fauteuse de trouble " articule intimité et émancipation, érotisme et féminisme, corps et révolte, sexuel et textuel.
Avis de la communauté
Les lecteurs trouvent 'La chair est triste hélas' à la fois provocateur et éclairant, marquant une réflexion profonde sur les dynamiques de genre et le sexe. Ovidie, avec son style direct et sans concession, aborde des thèmes de soumission et d'émancipation féminine qui résonnent avec beaucoup, même si certains trouvent le ton un peu radical. Le livre est perçu comme un exutoire nécessaire et une invitation à repenser les relations hétérosexuelles.
👍 Réflexion provocatrice sur le sexe et le genre.
👎 Peut sembler trop radical pour certains.
Avis et Commentaires
43 avisNécessaire ++++ Essai féministe sur la grève du sexe. Facile à lire, militant, intéressant ++
Un livre drôle et très émouvant à la fois. La réflexion est radicale au début et adoucie à la fin, le livre jouant le rôle d'une thérapie. Le propos est percutant. On peut ne pas être d'accord avec tout mais elle pose de bonnes questions et ses réponses sont intéressantes. Le tout est dit avec simplicité et limpidité.
À se demander si je ne devrais pas abandonner les hommes.
Ovidie est une féministe assumée et elle explique avec rage et pédagogie, ce qui fait qu'un jour elle décide de ne plus avoir de rapports sexuels avec des hommes. Je met au défi toute femme de ma génération de lire ce texte et de ne pas s'y reconnaître.
Livre assez trash mais intéressant d’avoir le point de vu d’une femme arrêtant toute relation sexuelle avec les hommes.
Résumé: « J'ai repensé à ces innombrables rapports auxquels je m'étais forcée par politesse, pour ne pas froisser les ego fragiles. A toutes les fois où mon plaisir était optionnel, où je n'avais pas joui. À tous ces coits où j'avais eu mal avant, pendant, après. Aux préparatifs douloureux à coups d'épilateur, aux pénétrations à rallonge, aux positions inconfortables, aux cystites du lendemain. A tous ces sacrifices pour rester cotée à l'argus sur le grand marché de la baisabilité. À toute cette mascarade destinée à attirer le chaland ou à maintenir le désir après des années de vie commune. Cette servitude volontaire a laquelle se soumettent les femmes hétérosexuelles, pour si peu de plaisir en retour, sans doute par peur d'être abandonnées, une fois fripées comme ces vieilles filles qu'on regarde avec pitié. Un jour, j'ai arrêté le sexe avec les hommes. » Autrice et documentariste spécialiste de l'intime et du rapport au corps, Ovidie retrace ici la trajectoire qui l'a conduite à quatre années de grève du sexe. Dirigée par Vanessa Springora, la collection « Fauteuse de trouble » articule intimité et émancipation, érotisme et féminisme, corps et révolte, sexuel et textuel. » Citations : « […] on éduque les femmes à se contempler morceau par morceau, entre le nez à refaire, les fesses à remuscler, les lèvres à repulper, les bras à raffermir, le sexe à épiler, nous ne nous envisageons jamais dans notre entièreté. Nous sommes morcelées, telles des poupées démembrées. » « Je ne vis pas déconnectée de mon discours, et mon discours n’est pas déconnecté de la vie. Les deux s’entre-nourrissent. Ce que j’écris ici est intime. Pourtant mon écriture ne suscite pas en vous de sensation physique. Mon phrasé oblitère plus la chair qu’il ne la dévoile, il lui fait écran, je le sais. »
Coup de poing




