Lu sur mon IPad. Du très bon Simenon quoique un peu fastidieux à la fin …
Publié en 1948, *La neige était sale* est un roman sombre de Georges Simenon qui explore les thèmes de la criminalité, de la culpabilité et de la quête d'identité dans une société marquée par la guerre et la déchéance morale.
L'histoire se déroule dans une ville occupée par une force militaire étrangère non précisée, ce qui pourrait évoquer l'Europe sous l'occupation nazie. Le protagoniste, Frank Friedmaier, est un jeune homme de 19 ans, issu d’un milieu trouble. Il vit avec sa mère, qui tient un bordel, et fréquente des personnages douteux. Dès le début du roman, Frank s’engage dans une série de crimes et de méfaits, poussant toujours plus loin sa quête de sensations fortes et son mépris pour les conventions sociales.
Ce qui est frappant chez Frank, c'est son absence de scrupules et son rejet de la morale. Il tue un officier militaire presque par curiosité et continue à mener une vie marquée par la violence et l'absence de remords. Frank est à la recherche d'une sorte de liberté ultime, mais cette quête l’entraîne progressivement vers l’isolement et la déchéance.
L’un des thèmes centraux du roman est la saleté – physique, morale et symbolique. La neige sale qui donne son titre au roman devient une métaphore de la souillure intérieure et extérieure de Frank, de la ville, et de la société. Frank est un personnage prisonnier de son propre nihilisme, incapable de ressentir une réelle humanité ou de trouver un sens à sa vie.
Au fur et à mesure que l’histoire avance, Frank finit par être arrêté. Cependant, même face à la mort imminente, il reste ambigu dans ses sentiments, oscillant entre une sorte de compréhension de sa situation et un sentiment de vide absolu. Il meurt exécuté, sans jamais vraiment s’être racheté, mais avec un vague sentiment de révolte.
**Analyse :**
Simenon dresse ici un portrait glaçant d'un jeune homme en rupture totale avec la société. *La neige était sale* est une réflexion sur la perte de repères moraux en temps de guerre, mais aussi sur la nature humaine face à la violence et à l’absurdité de la vie. Le personnage de Frank incarne cette plongée dans le mal et la quête désespérée de quelque chose qui le dépasse.