Le café sans nom - Cover

Le café sans nom

De Robert Seethaler

2023

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8,0/10

Résumé

Chaque matin, en allant au marché des Carmélites où il travaille comme journalier, dans un faubourg populaire de Vienne, Robert Simon scrute l'intérieur du café poussiéreux dont il rêve de reprendre la gérance. Encouragé par l'effervescence qui s'est emparée de la ville, en pleine reconstruction vingt ans après la chute du nazisme, il décide, la trentaine venue, de se lancer dans une nouvelle vie. Comme le lui dit sa logeuse, une veuve de guerre : « il faut toujours que l'espoir l'emporte un peu sur le souci. Le contraire serait vraiment idiot, non ? ». En cette fin d'été 1966, c'est avec un sentiment d'exaltation qu'il remet à neuf le lieu qui va devenir le sien. Homme modeste, de peu de mots, il trouverait prétentieux de lui donner son propre patronyme : ce sera donc le « Café sans nom », où va bientôt se retrouver un petit monde d'habitués. Le succès est tel que Robert ne tarde pas à proposer à Mila, une jeune couturière juste licenciée par son usine, de venir le seconder. En quelques traits, en quelques images saisissantes, l'écrivain rend terriblement attachantes les figures du quotidien qui viennent, le temps d'un café, d'une bière ou d'un punch, partager leurs espoirs ou leurs vieilles blessures. Et si, au fil des saisons et des années, des histoires d'amour se nouent, bagarres et drames ne sont jamais loin, battant le pouls de la ville. Robert Seethaler puise en effet l'inspiration de son nouveau et magnifique roman dans l'endroit qui l'a vu naître : ses descriptions de Vienne émergeant des décombres, à l'ombre tutélaire de la Grande Roue du Prater, confèrent aux personnages du « Café sans nom », et notamment à celui qui en est l'âme, une tendresse et une saveur bien particulières.

Avis et Commentaires

1 avis
Marine Divine Caquot
Marinea noté ★ 8/10
8 janvier 2024

À Vienne dans les années 60, des personnages ordinaires se croisent dans un modeste bistrot. Le récit sensible d’une époque et de l’évolution d’une ville. Une douce nostalgie, comme les « si jolis reflets au soleil » dans un ballon de rouge. Une prose limpide et imprégnée de tendresse. Un café sans nom pour des destins anonymes. Il n’y a pas d’intrigue, mais plutôt des fils ténus. Le premier retrace l’histoire du troquet qui se repeuple et prospère (de toutes parts, les clients affluent pour prendre un bock, un petit noir ou un schnaps accompagné de tartines de saindoux au paprika et aux cornichons). Le deuxième fil narratif suit les évolutions de Vienne sortant enfin des décombres 20 ans après la fin de la 2eme guerre mondiale, pour entrer dans la modernité (« Le ­métro va être construit, la cathédrale Saint-Etienne va devenir un ter­minus (…). On dit même que le tramway va bientôt circuler sans ­contrôleur », s’effraie un habitant. Enfin, sur un troisième fil, Seethaler accroche des portraits en gros plan de tous les clients du café.

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