
Le joueur d'échecs
De Stefan Zweig
2013
Résumé
Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer. Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons.
Avis et Commentaires
27 avis« Le Joueur d’échecs » de Stefan Zweig est un petit chef-d’œuvre psychologique qui donne autant envie de s’asseoir devant un échiquier que de plonger dans les méandres de l’esprit humain… ou presque de devenir psychologue ! Le récit démarre lentement, avec l’enfance du champion du monde Mirko Czentovic, passage assez peu captivant qui retarde un peu l’entrée dans le vif du sujet. Mais une fois sur le paquebot transatlantique, le livre s’envole. Le cœur de l’histoire réside dans le témoignage bouleversant de Monsieur B., cet inconnu qui raconte sa longue captivité sous la Gestapo. Le récit de son isolement forcé et de sa découverte obsessionnelle d’un manuel d’échecs est répétitif, mais cette répétition est indispensable : elle fait ressentir avec une intensité rare le calvaire, la détresse émotionnelle et la lente plongée dans la folie d’un esprit brillant privé de tout contact humain. Zweig excelle à montrer comment un jeu devient à la fois salut et poison mortel. La fin est particulièrement réussie : tendue, vicieuse, avec ce champion arrogant qui pousse Monsieur B. dans ses derniers retranchements, au risque d’une rechute dramatique. L’intervention du narrateur apporte une touche d’humanité bienvenue. L’ensemble est d’une finesse psychologique remarquable, passionné et passionnant, servi par une prose fluide et précise. Malgré un démarrage un peu laborieux, la suite compense largement. Une nouvelle courte mais intense qui illustre magistralement les limites de l’esprit humain face à l’obsession et à la barbarie. Une lecture vivement recommandée, surtout pour ceux qui apprécient les récits introspectifs et les duels mentaux.
J’ai adoré le livre avec sont combats psychologiques entre le génie donc celui qui ne prend aucun plaisir mais qui le fait pour l’argent et le passionné qui en devient malade fin je spoil pas mais il est vraiment incroyable
Lu en 2015
Le chef d’œuvre de S. Zweig
Noté 8/10 par Chloé Cohen
Noté 7/10 par Clara Gayou








