Je découvre Clara dans ce premier roman et la conscience de sa profondeur et de sa justesse d’esprit de m’a pas quitté au fil des pages.
Sa plume est à la fois fluide et profonde, le mot le plus juste qui me vient est « consciente »: elle a réussi à peindre un tableau d’émotions parfois floues, parfois moches, et pourtant toujours juste. Parce que c’est justement ce dont il s’agit: un noeud d’émogions vécues par des personnages simples qui doivent démeler le fil de la complexité qui les habite.
Léna et Phoebe étaient à mes yeux le Ying et le Yang, le masculin et le féminin: contraires et complémentaires. La sensibilité de Phoebe était un endroit où j’ai aimé me balader, malgré les ombres et son manque de communication. L’esprit de Léna quant à lui était noyé dans une colère inconfortable dont on veut se débarrasser par réflexe.
J’ai beaucoup aimé les personnages d’Isaac et d’Ina, merci à eux de faire preuve d’une maturité certaine et d’apaiser les feux quand même les figures parentales n’y parviennent pas.
Voilà mon regret: un manque de longueur et de profondeur à l’histoire - pas à la narration. Issac, Ina, la grand-mère et les parents, ces personnages secondaires méritaient à mon sens plus de place, plus d’échanges pour aller au-delà de leur influence sur les sœurs. Et puis la relation entre les parents des filles… Je regrette qu’elles n’aient pas pu accompagner leurs parents dans leur rétablissement.
Il s’agit d’un roman d’été, d’un roman de plage qui sent bon, qui fait du bien et qui remet certaines idées en perspective.