Les séquelles de la grande guerre
L’Italie, pourtant dans le camp des vainqueurs, qui se sent négligée
Instabilité politique -
Montée des socialistes, qui inquiète bourgeois, industriels et grands propriétaires
Nombreux déclassés, anciens combattants qui se sentent rejetés
Particulièrement les Arditi, soldats d’élite qui franchissaient les lignes ennemis, et vont former les noyaux du fascisme naissant.
Mussolini, étoiles montante du socialiste, qui finit par pencher pour l’entrée en guerre - considéré par les siens comme un traitre
Il était le rédacteur en chef de l’Avanti!, le quotidien socialiste
Il fonde les Faisceaux et le journal du peuple
Il a le pressentiment que les socialistes, s’ils parlent sans cesse de révolution, n’auront ni le courage, ni la force, ni la volonté de la faire. Ils la repoussent sans cesse, ne savent pas saisir le moment. Aucun d’eux n’est un ancien combattant. Ils n’ont pas le goût de la violence, contrairement à M et ses troupes.
Les socialistes sont en position de force, nombreux, remportent une victoire écrasante aux élections. Imposent certaines règles qui paniquent les propriétaires et les industriels.
En face, les fascistes revendiquent la violence, mènent des actions de plus en plus violentes, qui leur attire des sympathies, des membres, des financements. Meurtres, expéditions punitives, enlèvements, passages à tabac … leur violence est incontrôlable - mais le gouvernement, la police, finalement plus inquiets de la menace socialiste, ferment plus ou moins les yeux, ne sévissent pas, relativisent.
Et la gauche se divise, entre modérés, révolutionnaires, réformistes, socialistes, communistes.
Les fascistes sont toujours à la limite de se transformer en une milice des possédants.
Ils brulent, dissolvent, brutalisent les chambres de travails, syndicats, conseils municipaux ruraux aux mains des socialistes.
Petit à petit, l’équilibre bascule - les masses rejoignent le fascisme.
Ils montent en intensité dans les coups de force, marchent sur des villes de province, imposent leur force et leurs décisions.
Mussolini, politique virtuose, qui joue sur tous les tableaux, évite les pièges, se relève quand il chute. Maître du double jeu et du volte-face.
Gère, maintient tant bien que mal sous contrôle les squadristes, les escadrons de chemises noires, « nymphomanes de la violence, ivres de leurs instincts », qui refusent toutes concessions, et ne vivent que pour le combat, tandis que lui manœuvre pour la conquête du pouvoir, entrer au parlement puis au gouvernement - tout en jouant sur la terreur que les squadristes inspirent.
État affaibli, pris entre les grèves générales à répétition et la violence exponentielle des fascistes.
Les marches fascistes se succèdent, Bologne, Milan … à chaque fois, les socialistes sont écrasés et le gouvernement ne réagit pas.
La marche sur Rome se prépare, à l’issu d’interminables tractations, combines …
Le gouvernement est au courant, l’état de siège doit être déclaré, l’armée se met en place, et les fascistes seraient inexorablement écrasés.
Mais le roi ne signe finalement pas le décret.
C’est une sorte de révolution qui a lieu.
Mussolini devient président du conseil, obtient les pleins pouvoirs du parlement, qui n’a plus ni la force, ni la volonté de résister.
Sa seule épine dans le pied maintenant, ce sont les squadristes radicaux, et leurs chefs de province. Comme dans toutes révolution, la menace des plus radicaux.
Mais Mussolini veut le pouvoir, pas le chaos.
Dès le début, absence de programme clair des fascistes - ça leur paraît presque superflu. Les fascistes sont jeunesse, mouvement, vitesse, violence. Ça suffira bien.
« Les fascistes n’ont qu’une seule chose à faire, « marcher et agir » » p664
« La masse devenu actrice de l’Histoire »
L’hallucinante épopée de Gabrielle d’Annunzio a Fiume, et sa république décadente et bordélique
Très beau chapitre d’intro - Mussolini dans une obscure réunion clairsemée des fascistes - mais 4 millions de morts les accompagnent