J'ai été content de le lire pour l'objectif et la première partie: l'Autrice decide d'écrire sur sa grand mère qui a toujours été une invisible : une femme discrète au service des autres et toujours occupée par des tâches ménagères, qui ne se livrait pas et ne se confiait pas.
Le début m'a plus: c'est la réflexion en tant qu'adulte sur qui était sa grand mère en essayant de se rappeler. Ca me parle personnellement.
l'Autrice va ensuite mener un genre d'enquête sur l'enfance d'Odette.
C'est là que ça a commencé à le perdre parce-que l'autrice part à fond sur un seul élément de la vie d'Odette et cherche un peu de manière artificielle à relier la vie de sa grand mère à la grande Histoire. Alors qu'il y a des drames familiaux et conflits qui ne sont pas expliquer ou exploiter. Et puis au final le personnage d'Odette me soule.
La fin est une partie fictive, inventée sur l'enfance d'Odette et je trouve que c'est un peu simple/faible l'angle qu'elle prend.
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L'avis du club:
Bonsoir à tous, voici le compte rendu du club du jeudi 11/9.
Olivier nous reçoit avec
un dahl succulent et le plaisir de se revoir après l’été, dans une atmosphère suave propre aux joies discrètes d Odette Froyard.
Maria nous présente Odette, qu Anne avait également proposé jadis.
Isabelle Monnin entreprend de redonner vie à sa grand-mère, à partir de rares archives, de souvenirs d’enfance et de fictions assumées, et interroge mémoire familiale, zones d’ombre de la transmission et valeur d’une vie apparemment ordinaire. Le récit oscille entre éclats de poésie et frustrations liées au silence irréductible d’Odette.
I. Hommage est-il rendu à Odette?
Isabelle Monnin choisit d’éclairer une existence restée en retrait, marquée par la fidélité au village et le refus de se raconter.
La structure en trois temps illustre à la fois l’ambition et les limites de l’entreprise : Odette reste insaisissable, malgré l’effort d’écriture.
Les avis sont tranchés sur l’effet produit pour saluer Odette: certains y voient une magnifique évacuation en ellipse d une femme discrète, quand d autres sont déçus que le récit ne se concentre pas davantage sur le quotidien d Odette en son village, et doive aller chercher un destin contrarié et imaginé pour en faire une véritable héroïne.
II. La force de l’écriture et ses ambiguïtés
L’écriture impressionne par son intensité évocatrice, notamment dans les cent premières pages où chaque détail – comme « la petite robe en nylon » – fait surgir une époque entière.
Certains passages se détachent par leur puissance symbolique : le « lac des oubliés », ou la quête obstinée de traces dans les archives.
Mais cette méthode soulève question : jusqu’où l’imaginaire peut-il suppléer les silences ? L’invention d’une histoire d’amour contrariée, par exemple, brouille la frontière entre enquête et fiction et peut laisser un sentiment d’artifice.
III. Mémoire, silence et identité : les enjeux du récit
Le livre interroge ce qu’est une vie « réussie » : celle d’Odette, humble et effacée, contraste avec une société contemporaine obsédée par l’exposition de soi et la performance. Le livre touché par son évocation de cette génération de grand mères - nous sommes plusieurs à y avoir reconnu nos propres aïeules.
Le silence d’Odette, loin d’être vide, traduit une résilience propre à sa génération ; il devient à la fois source de frustration pour les descendants et matière à réflexion pour le lecteur.
Le livre évoque la puissance et l’inattendu de la mémoire: c’est au moment où l’autrice est en quête d’identité, après la perte d’un enfant notamment, qu’elle se remémore Odette, morte depuis des années, et que le travail literature et affectif s’enclenche.
En définitive, l’ouvrage rappelle l’importance de dire et transmettre tant qu’il est encore temps, tout en acceptant qu’il subsistera toujours une part d’inconnaissable chez ceux que l’on croit proches.