Étant plutôt sensible à la mythologie (sans être hyper maniaque à ce sujet) j’aime beaucoup les réécriture de mythe!
Je me suis donc lancée dans celui de Psyché et Éros, un mythe que je connais « de loin » (ou plutôt de ce que je me souviens de mes cours de français de 6eme autant dire pas grand chose) et donc je n’avais pas spécialement d’attente.
Le parti pris de l’autrice de modifier, mélanger let introduire d’autres mythes ne m’a donc pas dérangé et j’ai été ravie de rencontrer Psyché, princesse destinée à devenir une héroïne, entraînée comme un garçon, et bénéficiant d’un caractère à la hauteur (ce qui a l’époque était pas super bien vu) et Éros, un des premier dieu un peu blasé par sa vie d’immortel.
L’histoire c’est ça : Éros, par erreur, se pique le doigt avec une flèche maudite par Aphrodite, et tombe amoureux de Psyché, qu’il ne peut pas regarder (ni elle) sous peine d’être définitivement séparé d’elle.
Tout l’enjeu de l’histoire est de savoir comment on peut aimer et vivre avec une personne que l’on ne peut voir?
L’écriture est fluide, simple, et agréable, les pages du livres se tournent presque toutes seules, l’alternance des points de vues entre les deux héros nous permet de mieux comprendre le contexte et de les voir tous les deux évoluer. Psyché grandit et devient adulte et Éros comprend que l’amour peut encore le surprendre, tout cela en étant baladé entre les dieux et l’Histoire qui s’écrit sous nos yeux.
Ce que j’ai trouvé dommage, c’est que la relation entre les deux héros ne soit pas plus poussée. En effet, si l’on comprend que leurs sentiments évoluent, on n’a pas vraiment d’indication sur le pourquoi du comment: tout va très vite, Psyché accepte son sort alors qu’elle a un tempérament de guerrière qu’elle oublie presque immédiatement, et Éros, qui dit ne s’attacher à personne et tente de combattre la malédiction, s’en défait assez vite, mais sans qu’on sache ce qui le fait changer (Ce qui est dommage quand même puisqu’on parle du dieu du désir). Pour moi, cela a créé un peu de distance car au final, l’attachement que j’aurais pu éprouvé pour le couple a été un peu minimisé par le manque d’interaction entre eux.
Par contre, le récit est parsemé de touche de féminisme: les femmes de la mythologie ont bel et bien eu leur place dans l’Histoire, beaucoup d’entre elles sont les « victimes » des hommes, portés aux nues par leurs paires. Et il est agréable de suivre la prise de conscience de Psyché qui réalise qu’un héros ne le devient que parce que son histoire est raconté à sa façon, mais qu’elle recèle souvent plusieurs facettes…
La fin du récit est conforme à la fin du mythe mais la encore je l’ai trouvé un peu rapide, plusieurs fois, on se concentre sur des événements mineurs ( et cela crée un peu de longueur notamment dans le milieu du roman) alors que d’autres auraient pu être plus développés. Cependant, cela ne gâche pas le plaisir de la lecture!
Bref: une lecture agréable et distrayante d’un mythe revisité de façon moderne et féministe!