Hyper intéressant car très loin de moi culturellement. J’ai beaucoup aimé, le narrateur a un esprit piquant et très plaisant à lire.
J’ai particulièrement aimé la première partie avec la meilleure amie/coloc qui finit par se caser et partir. Tout est dur.
La fin est dure et triste, je sais pas pourquoi j’avais projeté quelque chose de lumineux, sans doute à cause de la couverture. Ceci dit à la fin c’est enfin le narrateur qui se barre et c’est beau parce que les trois premières partie il se fait quitter et il en souffre. Et à la fin il part parce – je crois – il essaie de se respecter.
“Le silence s'était installé entre nous.
Soudain Gyuho s'était couché à même le sol.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Qu'est-ce que tu crois ? Suis crevé, je me repose.
— Non mais, je veux dire, pourquoi sur la route ?
— Je faisais souvent ça quand j'étais petit, quand nous vivions à Seogwipo.
— T'étendre de tout ton long sur la route ?
— Ouais, c'était mon truc, je pouvais rester une journée entière allongé sur la route, au bord de la plage.
— T'es cinglé. Encore une chance que tu ne sois pas mort. Pourquoi tu faisais ça, c'est dingue ?
— C'est juste que ça me plaisait. C'est frais, c'est confortable, et quand j'ouvre les yeux je vois le ciel qui prend toute la place, ça me donne l'impression d'avoir l'azur pour couverture.
— Tu écris un poème ou quoi ? Allez, lève-toi, et vite !
J'avais pris sa main mais il m'avait tiré vers lui.
J'avais perdu l'équilibre et m'étais retrouvé assis par terre.
— Allez, reste là.
Mais qu'est-ce qui lui prend, m'étais-je inquiété, mais en voyant son visage qui semblait le plus paisible du monde, mon cœur avait fondu. De toute façon, trempé pour trempé. Alors je m'étais étendu à ses côtés. La pluie ne cessait de frapper nos visages et je devais plisser les yeux pour regarder le ciel. Il avait une texture basanée, on aurait dit un papier à dessin sur lequel on aurait renversé de l'eau par mégarde.
J'avais l'impression d'être couché avec Gyuho sous une couverture pas tout à fait propre. Les yeux clos, il avait alors prononcé ces mots :
— Je suis si heureux, là, maintenant.
— Tu parles, t'es mouillé jusqu'au slip, qu'est-ce qui te rend si heureux ?
— D'être avec toi comme ça. J'aime ça.”