Quel drôle de livre ! Je pensais que lire un livre après Emmanuel Carrère ne pouvait que être plat mais alors, je pense qu’on a touché encore plus fort la folie. On est concrètement dans la tête d’un fou, pendant 200 pages, nous faisant vraiment tourner en rond (cela peut être agaçant à certains moments) mais en même temps, avec une lucidité assez surprenante. Je ne peux pas utiliser d’autres termes que surprenant pour décrire ce roman alors que je considère avoir quand même lu pas mal de romans français.
C’est donc l’histoire d’un sociopathe (selon les analyses sur internet et j’avoue qu’il faut vraiment prendre ce terme au premier sens mais cela est vrai), c’est-à-dire quelqu’un qui est incapable de vivre en société. Mais on ne l’étudie pas d’aussi loin que le ferait Houellebecq par exemple : on rentre dans l’entre du personnage sans vraiment tout comprendre à ce qu’il pense, à déceler le vrai du faux. Il est obsédé par Melville sur lequel il a fait un scénario énorme qu’il veut présenter au grand réalisateur Cimino pour en faire un film. Il va se retrouver à Nyc pendant 1 jour pour le rencontrer encore avec une histoire assez folle et puis au-fur-et-à-mesure va se retrouver le jour de son anniversaire avec un éditeur qui va lui faire rencontrer une femme dont il tombera amoureux et avec qui il voudra finir sa vie. Ce qui est vraiment très intriguant est le fait que ce personnage est indéniablement fou, avec une définition assez générale, c’est-à-dire incapable de vivre en société mais surtout incapable d’avoir la vie comme la majorité des gens l’entendent. Et pourtant, on a presque envie de croire qu’il pourrait avoir raison à certains moments. Que peut-être que ses obsessions sont la vérité et que nous nous trompons en ne pensant qu’à des choses de manière trop superflue, c’est-à-dire sans la même intensité. Le résumé est assez rapide mais à l’intérieur, il faut y mettre tous les reculs et avancées en historiques que le narrateur adore mais aussi les reculs et avancées psychologiques pourrait-on dire.