Voici un résumé du roman Un simple dîner de Cécile Tlili :
Cadre et personnages
L’histoire se déroule un soir d’août à Paris, pendant une canicule.
Deux couples sont réunis pour un dîner :
Claudia et Étienne ;
Johar et Rémi.
Claudia est kinésithérapeute, très timide, dans l’ombre de son compagnon Étienne. Étienne est avocat d’affaires, sûr de lui, en quête de reconnaissance.
Johar est une femme brillante, ingénieure ou cadre supérieur en devenir, et Rémi son mari, moins affirmé, éprouve un malaise vis-à-vis de sa propre réussite ou de celle de sa femme.
Intrigue
Étienne organise ce dîner chez lui, invitant Johar et Rémi. Claudia, très anxieuse, s’active en cuisine pour que tout soit parfait, espérant compenser sa maladresse sociale.
Dès le début, sous la surface « conviviale », flottent des tensions : d’un côté des ambitions professionnelles, de l’autre des rapports de domination, des non-dits personnels et des frustrations.
Le décor est un huis-clos familial / bourgeois. La chaleur accablante, l’odeur du curry préparé, et les gestes apparemment anodins (une veste qui glisse, un mot malencontreux) font monter l’atmosphère.
Au fil du dîner, chacun se retrouve face à ses propres contradictions : Claudia regarde sa vie et ses désirs, Johar réfléchit à ce qu’elle a sacrifié pour sa carrière, Étienne mesure ses attentes, et Rémi se débat avec son sentiment d’être spectateur.
L’événement « simple dîner » devient un déclencheur : ce qui devait être une soirée anecdotique se transforme en moment de crise, de remise en question, où les rôles s’inversent ou se dévoilent.
Thèmes
Le roman interroge la place des femmes dans la société, l’affirmation ou la suppression de soi, l’émancipation face aux relations de pouvoir (professionnel, conjugal).
Il montre le décalage entre l’apparence et l’intériorité : ce que les personnages montrent, et ce qu’ils ressentent réellement. Cf interview de l’auteure : « le théâtre des conventions et le bouillonnement de l’intériorité. »
Le dîner devient un micro-monde révélateur de dynamiques sociales, de frustrations, d’envies inassouvies, d’ambitions.
Le thème de l’émancipation, surtout féminine, est au cœur : ce « simple dîner » est en fait une occasion de rupture, de révélation.
Style & effet
Le roman se présente comme un huis-clos très concentré, limité dans le temps et l’espace, ce qui crée une tension subtile mais constante.
L’écriture est décrite comme « retenue, sans esbroufe », mais efficace pour laisser percer l’essentiel.
Malgré son titre modeste, l’intrigue se révèle complexe et riche en sous-texte. Certains critiques parlent d’un « dîner qui n’a rien de simple ».