
Bones and All
De Luca Guadagnino
2022
Horreur / Romance
2h11
Bones and All
De Luca Guadagnino
2022
Horreur / Romance
2h11
7,7/10
3,2/5
Presse3,3/5
Spect.Synopsis
Maren, une jeune femme apprenant à survivre en marge de la société, découvre l'amour avec Lee, un intense et marginal vagabond. Ensemble, ils s'embarquent dans une odyssée de mille kilomètres qui les amène à traverser les routes délaissées de l'Amérique profonde de Ronald Reagan. En dépit de leurs efforts pour échapper à leurs passés terrifiants, tout les ramène à leurs démons.
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Avis de la communauté
Les spectateurs sont captivés par 'Bones and All', louant son mélange audacieux de romance et d'horreur cannibale. La réalisation de Guadagnino, les performances envoûtantes de Chalamet et Russell, ainsi que la beauté visuelle et la musique, sont hautement appréciées. Toutefois, le film divise avec son sujet dérangeant et ses scènes graphiques, qui, bien que poétiques, ne conviennent pas à tous les goûts.
👍 Alchimie et performances des acteurs.
👎 Thème du cannibalisme perturbant.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
143 avisCOUP DE COEUR Avec Bones and All, Luca Guadagnino confirme une fois de plus pourquoi je ne peux jamais être déçue par ses films. Son cinéma me touche profondément, et ici encore, il m’a totalement emportée. La cinématographie est sublime : les couleurs sont magnifiques, les plans d’une grande beauté, presque picturaux, et la bande-son, parfaitement choisie, accompagne le récit avec une justesse émotionnelle remarquable. Guadagnino a ce don rare de faire ressentir les émotions autant par l’image que par le son. Les acteurs sont incroyables. Taylor Russell, notamment, est absolument bouleversante. Son jeu est d’une grande finesse, à la fois fragile, intense et profondément humain. Timothée Chalamet lui donne une réplique tout aussi juste, et ensemble, ils forment un duo d’une grande sincérité. Leur alchimie rend l’histoire encore plus poignante. Ce que j’ai trouvé particulièrement beau dans Bones and All, c’est la manière dont le cannibalisme est utilisé comme une métaphore puissante de l’amour. Ce désir de posséder l’autre, de ne faire qu’un avec la personne qu’on aime, jusqu’à la dévoration symbolique — et littérale — est traité avec une poésie troublante. Le film parle avant tout de quête d’identité, de questionnement de soi, d’acceptation de ce que l’on est, mais aussi de l’acceptation de l’autre malgré la différence. C’est un film profondément empathique, qui ne juge jamais ses personnages. La fin est bouleversante, presque dévastatrice. Elle rappelle que, malgré l’amour, malgré l’intensité des sentiments, le temps reste compté et que certaines choses échappent à notre contrôle. La dernière scène, dans ce qu’elle représente comme acte d’amour ultime, est d’une beauté tragique saisissante. Elle m’a profondément retournée. Ce film m’a bouleversée. Et si certains pensent que Bones and All n’est qu’un film sur le cannibalisme, alors, à mes yeux, ils sont passés complètement à côté de tout ce qui fait l’essence et la puissance de cette œuvre.
INCROYABLE 🤓
Mon film préfère 🥹🥹🥹🥹
Pitié le livre il était mieux la avec les images c’est pas fou fou
Mais WTF. Je pensais lancer une petite romance avec des marginaux, ambiance road-trip mélancolique. Et très vite j’ai compris que je m’étais complètement trompée. Au début j’ai trouvé ça très louche. Puis j’ai commencé à kiffer. Puis c’était r très louche. Et en même temps ça me touchait (j’ai pleuré et c’est OK). Déjà, le titre « Bones and All » Comment j’ai pu ne pas me poser la question plus tôt ? / il est parfait. Ce que j’ai trouvé hyper intéressant, c’est que le cannibalisme n’est jamais juste là pour choquer. Puis enft c’est pas littéralement le truc le plus importunant du film. Pour moi, cela représente trois interprétations (cumulables). D’abord, le désir et la fusion. À la fin, quand Lee demande à Maren de le manger “bones and all”, ce n’est plus une question de faim. C’est un choix. Il ne veut pas juste mourir, il veut être absorbé par elle. Et là j’ai réalisé que le film rend littéral un fantasme amoureux qu’on utilise tout le temps sans y penser : “je te dévore”, “je veux te garder pour toujours”, “je veux qu’on ne fasse plus qu’un”. Sauf qu’ici, la fusion est réelle. Aimer ne veut plus dire accepter la distance entre deux êtres, mais abolir complètement cette distance. Et c’est beau autant que c’est terrifiant, parce que dans cette fusion totale, l’autre cesse d’exister comme individu. Le film pose une question hyper dérangeante : est-ce que l’amour absolu est forcément une forme de violence ? Est-ce que vouloir l’autre en soi, pour toujours, ce n’est pas déjà une manière de le détruire ? Et le fait que ce soit montré comme un moment sacré m’a encore plus retournée. Ensuite, la transmission du trauma. J’ai trouvé ça hyper fort parce que le film distingue clairement deux formes de blessure : • Chez Maren, la faim est héréditaire : elle vient de sa mère, elle existait avant elle, elle s’impose à elle sans qu’elle l’ait choisie. Ce n’est pas juste une pulsion, c’est une honte transmise, presque une malédiction familiale. Elle porte quelque chose qui la dépasse, comme ces traumas qu’on hérite sans les comprendre, ces schémas qu’on reproduit alors qu’on voudrait y échapper. Elle ne lutte pas seulement contre le fait de manger des gens, elle lutte contre l’idée qu’elle serait “faite comme ça”, condamnée par son sang. Et c’est pour cette héritage donné malgré eux que sa grand mère s’excuse. • Lee n’a pas cette origine biologique : sa violence vient de son histoire, de ce qu’il a vécu, de ce qu’il a fait, de la rage qu’il traîne. Son trauma n’est pas inscrit dans son ADN, il est inscrit dans sa mémoire. Du coup il est plus fataliste, presque résigné, comme s’il s’était déjà défini par ses actes. Et c’est ça qui rend leur relation bouleversante : ils ne viennent pas du même type de blessure — l’une hérite, l’autre accumule — mais ils se reconnaissent dans la même solitude et dans la même peur d’être irrécupérables. Le film pose alors une vraie question : est-ce qu’on est responsable de ce qu’on porte quand ça nous précède ? Et est-ce qu’on peut choisir autre chose quand notre passé, qu’il soit familial ou personnel, semble nous avoir déjà écrit ? Enfin, le film pose la question du libre arbitre. Est-ce qu’ils sont condamnés à être ce qu’ils sont ? Est-ce qu’une pulsion définit toute une identité ? Maren cherche encore une morale. Lee est fataliste. Et Sully représente peut-être ce qu’on devient quand on abandonne toute lutte et qu’on se laisse entièrement définir par sa faim et sa solitude. Bon, peut-être que devenir cannibale et partir baiser avec un cannibale sexy dans le Midwest n’est pas une option socialement acceptable. Mais le film rend cette fuite presque tentante, parce qu’au fond, ce qu’on cherche tous, c’est quelqu’un qui nous comprenne dans nos parts les plus sombres.
mais qu’est-ce que je viens pas de voir là ! « Bones and all » c’était fantastique, subjuguant. il est clairement difficile de trouver les mots adaptés pour décrire à quel point ce film était exceptionnel. nous suivons l’horreur vécue par Maren et Lee qui peignent une performance horrifique et sanglante à l’écran présentant une thématique peu revisitée dans la cadre de la romance : le cannibalisme. Le film se cadre sur la limite fine entre le plaisir et la souffrance, entre le pouvoir et la soumission. La romance du film démarre comme la souffrance le fait, elle s’installe progressivement et devient le centre du reste. L’amour qui naît entre les deux personnages détient quelque chose à propos du chaos intérieur et de la manière dont il est difficile de trouver quelqu’un avec qui se sentir profondément vulnérable et parfaitement soi-même, avec toute la fragilité que cela contient. L’un et l’autre ne choisissent pas les mêmes façons de combattre les envies glaçantes qui les encombrent, et les chemins se trouvent puis se séparent de la même façon qu’une personne peut être à la fois la solution et le problème. Ensemble ils se confrontent au travers d’un road-trip américain pour retracer les éléments douloureux de leur passé permettant d’expliquer comment ils en sont arrivés là, au travers d’une intimité naissante. L’alchimie des personnages fonctionne parce qu’elle détient de la puissance et du désordre. Le film ne cherche pas à s’excuser d’exister, il est contenant, percutant et brutal. note ++ sur le regard de Chalamet, qui est implacable. Il a réellement su utiliser la façon dont son physique peut le représenter, frêle, sur la corde raide, maigre et fragile, pour créer quelque chose de réaliste à souhait au sujet de son personnage et de sa vulnérabilité. la colorimétrie du film était parfaitement juste et adaptée, elle apportait une ambiance à la fois étrange et attirante aux images (notamment l’utilisation des couleurs bleues et rouges, qui étaient particulièrement attractives). la justesse et la précision des musiques ou des plans filmés, enfin vraiment l’ensemble finalement, c’était un travail excellent ! De l’art pur sous toutes ces formes, comme on transforme toutes les puissances du monde en quelque chose de vraiment merveilleux : un chef d’œuvre, 10/10.
plus qu’une histoire d’amour et de cannibales















