- Tout commence comme dans un film d’horreur d’Hideo Nakata (Ring, Dark Water…) : un plan d’une petite fille aux longs cheveux, de dos, jouant de l’harmonium. Mais ici, dès ce plan annonciateur passé, il n’en est rien. En apparence en tout cas.
- un homme qui se tient droit comme un i, sans veste, sa chemise blanche boutonnée jusqu'en haut. Un fantôme ?
- 8 ans +tard, la famille vit au même endroit, le joueur d'harmonium n'est plus là, la fille est handicapée, la mère est devenue une obsessionnelle compulsive. Mais à y regarder de plus près, le père, lui, semble plus loquace, plus vivant !
- son double positif (son fils) apparaît dans l’univers de la petite famille. C’est lui va faire tomber les non-dits qui règnent entre les 2 membres du couple et les rongent.
- Espèce d’araignée typiquement japonaise où la mère se laisse tuer par ses enfants. Akié affirme que la mère va au paradis. Hotaru, en tout logique, dit que non. Car la mère elle aussi a tué sa mère.
Il n’y a que l’enfer pour les araignées, il n’y aura que l’enfer pour Akié, dévorée par l’amour de sa fille handicapée qui monopolise toute sa vie. Les hommes, ces criminels en puissance, ne pourront rien empêcher, ils sont maudits. Une vision radicale et désespérée du monde que Fukada assume sans hésitation jusqu’à la fin de son récit, avec une cohérence qui glace les sangs.
➨la maîtrise de sa mise en scène ; son art des rimes intérieures (la récurrence de la couleur rouge à des moments fatidiques), la beauté tranquille de son image, de ses plans fixes qui contrastent avec le tableau terrible que dresse Fukada de l’humanité. ; Quelques ruptures de ton frôlant le passage en force...
➨ L’imprévisible caractérise notre quotidien – je peux très bien mourir demain dans un accident de voiture ! J’ai envie que mes films correspondent à ce vécu-là.
L’ étrange naît du quotidien le plus banal. Le réalisme flirte avec le fantastique, à la manière des films de K.Kurosawa. Au bord du fantastique : les rares fois où l'on sort dehors, il n'y a personne dans les rues.
➨ Au Japon, la famille, comme la religion, n’a plus la même force qu'autrefois. La perte d'influence de ces institutions dans nos sociétés contemporaines amène chacun à se confronter à sa propre solitude. A se remettre davantage en question. La vision qu'il offre de la famille est cinglante à souhait. Mais non dénuée d'empathie pour les solitudes qui la constituent.
L'homme naît avec une solitude originelle qu'il essaie de combattre grâce à un certain nombre d'institutions comme la famille. L’idéal serait de pouvoir traverser la vie et de la finir sans réaliser qu’on est seul. Appartenir à une famille permet momentanément de se sentir soutenu, voire de survivre.
➨ l'assujettissement à l'autre, l'autopunition
➨ fustige la culture du non-dit, du refoulement, la fermentation de secrets enfouis.
➨ Derrière la retenue et la politesse, il y a l’hypocrisie, l’impossibilité évidente d’une société à refouler indéfiniment les pulsions de mort qui habitent les êtres, les forces destructrices qui les dépassent et les ramènent toujours à la barbarie. violence sourde
KF: “Pour moi, lafamille est une absurdité. L’être humain qui est une entité individuelle, fait une rencotnre, se met en couple, devient parent, a des enfants et engage comme si de rienn’était une vie en commun. Mais à bien y réfléchir c’est étarnge. Pk vivre ac d’autres ? L’homme vit en société en faisant cohabiter des gens qui ne se comprennent pas, avec comme entité représentative laplus petite, la famille. Les humains sont par nature des etres vivants portant tous en eux une solitude cotre laquelle ils ne peuevtn pas lutter. Ce que je voulais décrire c’est uen famille ds laquelle chacun prend conscience de cet étét ms est obligé de vivre malgré tout avec les autres. Je tiens à décrire une famille déjà effondrée car considérer l’effondrent d’une famille comme une tragédie c’est idéaliser ce qu’elleaurait pu être. Harmonium pose la quetsion du systeme familial, il ébranle, montre la solitude originelle et fait apparaitre le lien qui perdure magré tout.