
Le Petit Soldat
De Jean-Luc Godard
1963
Drame / Romance
1h28
Synopsis
En 1958 pendant la Guerre d'Algérie, Bruno Forestier, jeune homme appartenant à un groupuscule d'extrême droite luttant contre la résistance algérienne, arrive de France à Genève. En guise de couverture pour avoir déserté l'armée française, il a un emploi de photographe. Le chef du groupuscule, un député poujadiste, le charge de tuer un journaliste de radio suisse, Palivoda, partisan de la cause algérienne. Un ami présente à Bruno une jeune fille qui « a le même genre de bouche que Leslie Caron » et qui veut devenir mannequin et lui parie 50 dollars qu'il tombera amoureux d'elle ; peu après l'avoir présenté à Véronica, une aspirante actrice, il tient son pari. Le Petit Soldat est le deuxième long métrage de Jean-Luc Godard après À Bout De Souffle, c'est le premier film de Godard avec Anna Karina. Tourné en 1960, il ne sortira que le 25 janvier 1963 en raison d'une interdiction par la censure.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
6 avisJe reviens jvais me tirer une deuxième balle
Drame • 1h25 • de Jean-Luc GODARD • avec Michel Subor , Anna Karina, Henri-Jacques Huet, Beauvais Paul. 1958. La France est en pleine guerre d'Algérie. Bruno Forestier a déserté et travaille à Genève pour le compte d'un parti de droite qui combat le FLN. Lorsqu'il rencontre Véronica Dreyer, il s'en éprend immédiatement. Ses amis le soupçonnent de pratiquer un double jeu et décident de le mettre à l'épreuve... ▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️▪️ Ce deuxième long métrage de Jean-Luc Godard fut tourné à Genève, en décors réels, du 4 avril au 8 mai 1960. Le cinéaste le considérait comme un film suisse. La censure française l'interdit jusqu'en 1963, parce qu'il parlait sans ambages de la guerre d'Algérie (on y voit même le livre d'Henri Alleg, La Question). Sorti, donc, après Vivre sa vie, Le Petit Soldat déplut à gauche comme à droite. Les admirateurs de Godard l'expédièrent plus ou moins : la politique, ici, gênait. Or, c'est un film carrefour, où Raoul Coutard maîtrise sa technique de caméra à l'épaule, où le travail du noir et blanc est superbe, où Genève, de jour et de nuit, devient une ville mythique et où Anna Karina, aussi délicieusement étrangère que Jean Seberg, entre dans l'univers et dans la vie privée du metteur en scène. Sous le nom de Veronica Dreyer (en hommage au grand cinéaste danois), elle est la victime d'une lutte idéologique confuse. Aventurier, comme Belmondo dans A bout de souffle, Michel Subor, plus sombre et plus désenchanté, est une sorte de réplique intellectuelle de Michel Poiccard. Lorsqu'il porte des lunettes noires, il ressemble à Godard, qui trouve d'ailleurs moyen de se glisser auprès de lui dans un plan. En s'exprimant politiquement pour la première fois, le cinéaste substitue la réflexion à l'action et dénude toutes les contradictions des engagements de l'époque. La séquence - admirable - où Bruno, rescapé de la torture, parle de lui, de la vie, du monde, du nationalisme, de la littérature et de la culture est un monologue de Godard. Ou de Pierrot le Fou, ce qui revient au même. TÉLÉRAMA • Publié le 14 juin 2003.







