
Le Sacrifice
De Andreï Tarkovski
1986
Drame
2h29
Synopsis
Sur une île suédoise, Alexander, lettré à la retraite, vit retiré avec son épouse anglaise et un enfant que tous appellent Petit Garçon. A l’occasion de son anniversaire, sa fille, un ami de la famille et Otto, le facteur de l’île les retrouvent dans la spacieuse demeure du couple. Ce jour-là, une guerre mondiale éclate, plongeant ce petit groupe dans la panique. Alexander apprend d’Otto, un ancien instituteur qui ne livre désormais le courrier que pour financer ses recherches sur le paranormal, qu’il y a sur l’île une sorcière, à même de réaliser les désirs purs de chacun. Si Alexander, au fond de lui, vraiment, veut la paix, il l’obtiendra pour le monde entier. Cette sorcière n’est autre que Maria, la bonne de cette famille bourgeoise.
Bande d'annonce
Avis et Commentaires
2 avisUn film pour lequel j’avais beaucoup d’attentes, tant son statut de chef d’œuvre est martelé. Et pourtant, l’expérience m’a peu convaincu et je me suis globalement ennuyé. La mise en scène est d’une rigueur absolue, les plans sont millimétrés, les paysages et les décors superbes, et le travail sur la colorimétrie, jusqu’au basculement progressif de la couleur vers des teintes presque noir et blanc est impressionnant. Le fond est lui aussi très intéressant et tend à pousser à la réflexion : une vision d’un monde en fin de course, d’une société qui a échoué, et l’idée du sacrifice radical d’un seul, presque mystique, comme ultime tentative de purification et de renaissance. Intellectuellement, le film est riche et très bien écrit. Mais concrètement ça ne fonctionne pas sur moi. Le problème n’est pas ce que le film raconte, mais la manière dont il le raconte. Le rythme est plombant, les plans très étirés, les dialogues frôlent parfois l’abstraction, et les comportements étranges des personnages finissent par m’exclure du récit plutôt que de m’y plonger. Peu de séquences m’ont réellement marqué, peu d’émotions ont réussi à m’embarquer. Je reste globalement hermétique à ce que l’œuvre cherche à provoquer. J’ai par contre adoré le plan d’ouverture. Ce long plan-séquence de plus de dix minutes est superbe : paysage magnifique, couleurs intenses, caméra qui débute à distance avant de se rapprocher lentement des personnages. On y sent aussi un clin d’œil assez savoureux à Jacques Tati et à Jour de fête : le facteur à vélo, légèrement décalé, la petite farce de l’enfant, et même cette réplique « c’est jour de fête aujourd’hui », qui semble trop limpide pour être un hasard. Cette séquence m’a donnée de vrais espoirs pour l’ensemble. Mais la suite retombe très vite dans une austérité qui m’a laissé complètement à distance.
Plans interieur qui ressemble aux toiles de Hammershoi.







